Chroniques n°44 été 2008
Chroniques n°44 été 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°44 de été 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 5,6 Mo

  • Dans ce numéro : L'estampe moderne et contemporaine

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Dossier > Les graphzines Il a la couleur du livre, il a l’odeur du livre, mais ce n’est pas un livre, c’est un graphzine ! Le graphzine est un livre graphique sans texte, réalisé le plus souvent en photocopie, en sérigraphie ou en offset. Il est façonné à la main, en atelier, dans le salon ou sur la table de la cuisine, ce qui explique souvent son faible tirage et son prix peu élevé. L’objet lui-même est atypique, et assez troublant pour un bibliothécaire habitué à traiter des livres aux abords traditionnels. En effet, ce magazine graphique n’est que très rarement paginé et régulièrement dépourvu d’auteur, de mention d’édition, sans parler de l’absence d’ISBN. Il surprend le lecteur qui le feuillette, le butine ou l’explore à l’endroit, à l’envers. Il découvre un livre au style brutal, un autre aux couleurs violentes, un troisième, exécuté plus sobrement, tel le carnet 10 - Chroniques de la BnF - n°44 au fond de la poche de l’artiste. Le nom du dessinateur n’apparaît pas ou alors masqué sous un pseudonyme en forme de private joke : Fredox, le Canadien Valium, Y5/P5, Maji Monoï, ou encore Dom Tom (1). Seul le style de l’image permet alors de reconnaître son créateur. Élaboré seul ou à plusieurs, l’ensemble devient un exutoire au trait spontané et rapide, parfois poétique car nourri de symboles et de personnages issus de l’enfance. La composition n’est pas narrative et ne se « lit » pas de façon linéaire : « Chaque dessin raconte une histoire en une image (2) ». Le but paraît être de rassembler des scènes sans paroles, pour un public universel. Bien sûr, il est aussi question de sexe, de violence, de monstres, de mort… de façon souvent Shîrîn Chavannes, Pacha Mama, 1999. Photocopie. BnF/Estampes et photographie. provocatrice. Les images sont déformées, découpées, maltraitées, pour choquer et interpeller sur des faits de société peu réjouissants. Le graphziniste s’épanche et bouscule ainsi les codes sociaux traditionnels du dessin. Échappant de par sa nature et son mode de production au dépôt légal, ce type d’ouvrage n’est que marginalement présent dans les collections patrimoniales. Ses auteurs sont peu attachés à la notion de pérennité. Pourtant, si ces publications ne sont pas recensées et conservées dans un lieu public, accessible à tous, elles risquent de tomber dans l’oubli. Ceci est d’autant plus vrai pour les livres à bas prix, fabriqués et diffusés de manière quasi clandestine. Le département des Estampes et de la photographie collecte les graphzines et rend compte de leur production dans la revue Les Nouvelles de l’estampe. Il en conserve aujourd’hui cinq cents, référencés dans le catalogue Bn-Opale plus. Le repérage est fait auprès des auteurs eux-mêmes et auprès des librairies spécialisées dans la petite édition, comme le Regard moderne et le Monte-en-l’air, à Paris. Enfin, leur visibilité s’est accrue ces dernières années grâce à leur présence et leur production en ligne (webzine). Lise Fauchereau (1) E. Pernoud, M. H. Gatto, Regard noir : gravures et graphzines. exposition, Paris, BnF, 16 juin au 30 août 1998. (2) F. Delastre, Les Graphzines : un aperçu des années 82-92, Paris, Sortie du zine, 1993.
PRIX DE GRAVURE LACOURIÈRE 2008 La BnF organise, sous l’égide de la Fondation de France, un prix biennal, d’un montant de 7 650 euros, destiné à récompenser un graveur en taille-douce. Ce prix a été créé en 1979 en hommage au graveur et maîtreimprimeur Roger Lacourière. Conditions de participation au prix : • Les estampes (entre 3 et 5) présentées doivent être imprimées en taille-douce.• Le candidat doit être vivant et avoir 45 ans au plus l’année de sa participation.• Ses gravures doivent être exécutées dans les cinq dernières années.• Le prix n’est pas anonyme (CV, liste des œuvres présentées…). Les œuvres non encadrées peuvent être déposées entre 9h30 et 12h30 ou envoyées (sous pli recommandé et affranchies pour le retour) au : Secrétariat Prix Lacourière- BnF-dép. Estampes et photo.- 58, rue de Richelieu- 75002 Paris à partir du 24 avril et jusqu’au 23 mai 2008. Le jury est composé de treize membres, conservateurs de musée et du département des Estampes et de la photographie de la BnF, de techniciens, de critiques et d’historiens de l’art. Il se réunit le 30 mai 2008. Dado, Le Manipulateur, 1973. Pointe sèche. BnF/Estampes et photographie. ADAGP 2008. collections. Elles permettent de faire état de ce qui nous est déposé ou donné. Les grandes expositions décennales consacrées aux enrichissements du département des Estampes (la dernière étant De Bonnard à Baselitz en 1992) ont laissé la place à des expositions plus modestes centrées sur une thématique ou une sélection de pièces représentatives de la production contemporaine (En Filigrane en 1996, Face à Face en 1999, L’original multiple en 2005). Nous organisons également, à côté des grandes rétrospectives, des expositions sur des artistes moins connus du grand public, mais dont l’œuvre gravé est remarquable (Robert Groborne, Richard Davies, etc.). La BnF est la seule institution, à l’échelle nationale, à collecter les œuvres de ces artistes et il est important que ses collections soient montrées au public. Dans le même esprit, nous prêtons volontiers des estampes aux institutions françaises et étrangères qui nous en font la demande. Une fois les estampes entrées dans les collections, que deviennent-elles ? CC. : Elles sont inventoriées dans notre catalogue, à présent entièrement informatisé et intégré à Bn-Opale Plus depuis le début de l’année 2007. Elles sont conservées dans des boîtes ou dans des reliures mobiles. Elles peuvent être communiquées au public qui en fait la demande, en salle de lecture. Enfin, elles peuvent être exposées à l’occasion des manifestations que nous organisons ou dans d’autres institutions qui nous les empruntent. Comment le public peut-il savoir ce qui est présent dans les collections ? CC. : Le catalogue informatisé leur apporte cette information. Les estampes y sont en effet inventoriées au fur et à mesure de leur entrée dans les collections. Les anciens fichiers et catalogues papier ont récemment fait l’objet d’une campagne d’informatisation. Les collections moder nes devraient donc prochainement être signalées dans le catalogue. Pour l’instant, les œuvres sont mentionnées dans des notices qui ne comportent pas d’image, pour une question de droits. Nous espérons cependant pouvoir bientôt voir nos notices illustrées de reproductions qui permettraient de donner une idée des estampes que nous conservons. Propos recueillis par Sylvie Lisiecki Chroniques de la BnF - n°44 - 11



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