Chroniques n°43 mar/avr 2008
Chroniques n°43 mar/avr 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°43 de mar/avr 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3,5 Mo

  • Dans ce numéro : L'accompagnement des jeunes vers les collections

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Conférences > Des femmes en littérature Dans le cadre des Lundis de l’Arsenal, Martine Reid, professeur de littérature à l’université de Lille III et directrice d’une collection consacrée aux femmes de lettres chez Gallimard (Folio), propose un cycle de conférences consacré à quelques figures féminines de la littérature française du Moyen Âge au XIX e siècle. Ces dernières ont laissé derrière elles des œuvres nombreuses, importantes et diversifiées que quelques universitaires français et étrangers se proposent de faire découvrir ou redécouvrir à un large public. La première soirée sera consacrée à Françoise de Graffigny, auteur du premier best-seller de la littérature du XVIII e siècle, Lettres d’une Péruvienne. 22 - Chroniques de la BnF - n°43 Madame de Graffigny par Louis Tocque Paris - Musée du Louvre LES LUNDIS DE L’ARSENAL 17 mars 2008 Françoise de Graffigny Par François Bessire, université de Rouen. Lecture par Simone Bergé de la Comédie-Française Bibliothèque de l’Arsenal-18h30. © Photo RMN/© René-Gabriel Ojeda « Depuis le XII e siècle, grâce à Marie de France, des femmes ont été présentes en littérature, et chaque siècle a compté, en nombre, des œuvres de celles appelées tour à tour femmes de lettres, femmes auteurs ou écrivaines. Cette production continue d’écrits de femmes constitue l’une des singularités de la littérature de langue française. Elle est sans équivalent dans les autres littératures européennes », explique Martine Reid. « Toutefois, ce fonds d’une richesse exceptionnelle a été sensiblement réduit par l’histoire littéraire telle qu’elle s’est construite à la fin du XIX e siècle. Celle-ci, entérinant un effacement progressif des femmes en littérature, a isolé quelques grandes figures et s’est généralement montrée peu soucieuse de faire sa place à un ensemble cohérent et varié d’œuvres diverses, ou de montrer les liens profonds, structurels et thématiques, unissant ces œuvres entre elles. Le versant féminin de la littérature a ainsi été réduit pour longtemps à quelques œuvres, à un petit nombre de noms. » Depuis une vingtaine d’années, de nombreuses recherches ont été menées en France et à l’étranger, tout particulièrement dans les universités anglaises et américaines. Des publications les ont souvent accompagnées, permettant la redécouverte de textes, manuscrits ou imprimés, dont un inventaire beaucoup plus rigoureux a pu être dressé. Ces recherches ont également permis de réévaluer les œuvres et de faire échapper à l’oubli certaines d’entre elles, que l’histoire littéraire avait occultées. « Malgré un évident disparate des postures, des ambitions, des histoires personnelles, des œuvres et des époques au cours desquelles elles furent produites, des convictions communes ont pu être entendues, qu’elles portent sur la condition des femmes, sur la nécessité de leur éducation ou sur les difficultés spécifiques rencontrées dans l’exercice de l’activité littéraire », explique encore Martine Reid. Mêlant des noms connus à d’autres qui le sont moins, le cycle de conférences des Lundis de l’Arsenal souhaite désenclaver les savoirs dans ce domaine. « S’il suppose de rendre aux voix familières leur diversité, un tel geste entend aussi rappeler l’inventivité de voix moins familières. Il espère ainsi susciter des curiosités durables, inviter à la lecture, à la réflexion, à la critique, façon de jeter quelques cailloux blancs sur le chemin d’une histoire de la littérature où les femmes ont pleinement leur place ». Chaque conférence sera l’objet d’une intervention à deux voix, celle du/de la conférencier(e) et celle d’une comédienne, qui fera entendre des citations ponctuant chaque portrait. Elle sera accompagnée d’une projection d’images. La première conférence du cycle sera consacrée au mois de mars à Françoise de Graffigny, née d’Issembourg du Buisson d’Happoncourt, en 1695. Son mari, chambellan du duc de Lorraine, épousé en 1712, se révèle violent. Ils sont juridiquement séparés au bout de quelques années. Madame de Graffigny vit d’abord à la cour de Lorraine, où elle fait ses premiers essais littéraires, puis séjourne un temps à Cirey chez madame Du Châtelet et Voltaire, dont elle décrit la vie intime dans la correspondance adressée à son ami François-Antoine Devaux, dit « Panpan ». Elle s’installe ensuite à Paris chez mademoiselle de Guise, devenue duchesse de Richelieu. Elle acquiert la célébrité avec ses Lettres d’une Péruvienne en 1747 et Cénie, drame sur la condition féminine en 1750. En butte à de constants soucis financiers, elle parvient toutefois, à partir de 1751, à tenir son propre salon dans son appartement du Luxembourg. Elle est l’auteur d’une importante correspondance, dans laquelle elle relate les événements de sa vie d’une manière vive et originale, soit 2500 lettres écrites sur une période de vingtcinq ans, qui permettent de reconstruire assez fidèlement le processus de venue à la culture, puis l’exercice d’une sorte de magister intellectuel de la part d’une femme du XVIII e siècle, qui doit travailler pour vivre. Trois autres conférences proposeront au printemps les portraits littéraires d’Isabelle de Charrière (Valérie Cossy), de Marie de France (Howard Bloch) et de Delphine de Girardin (Catherine Nesci). Le cycle se poursuivra à l’automne. Virginie Gallois
Collected works of A.M. Turing, Mathematical Logic - R.O. Gandy &C.E.M. Yates editors- 2001, Elsevier Un texte, un mathématicien Pour la quatrième année consécutive, la BnF et la Société mathématique de France proposent un cycle de conférences destiné à un très large public. Selon un principe maintenant bien établi, un conférencier présente un texte datant de quelques dizaines, voire de quelques centaines d’années qu’il replace dans son contexte historique, culturel et social en donnant quelques repères biographiques sur son auteur, pour retracer ensuite le cheminement des idées et des méthodes générées depuis la publication des textes jusqu’aux recherches les plus contemporaines. Point de vue de Martin Andler, professeur à l’université de Versailles- Saint-Quentin et coordinateur du cycle de conférences. Remplir le grand auditorium du site François-Mitterrand en proposant des conférences de mathématiques peut paraître une gageure. Pourtant, au cours des trois années passées, il a fallu plus d’une fois installer le public dans le foyer de l’auditorium devant des écrans relayant les interventions, tant le succès était au rendez-vous. À l’évidence, les mathématiques intéressent un vaste public pour peu qu’elles soient présentées de façon vivante. C’est le cas de ces conférences au cours desquelles d’excellents mathématiciens travaillant en France donnent toute la mesure de leur talent de chercheurs et de conférenciers. Ils savent faire comprendre que, derrière la froideur apparente des concepts et des équations, des hommes et des femmes se sont enthousiasmés, ont travaillé durement, ont éprouvé les joies fulgurantes de la découverte, et ont connu, pour certains d’entre eux, des destins tragiques. Car, que font les mathématiciens depuis la nuit des temps, si ce n’est d’écrire des articles ou des livres dont la durée de vie peut être étonnamment longue, tant les idées, les méthodes et les résultats perdurent. Les mathématiques avancent en apportant des réponses à des questions sur lesquelles les chercheurs se sont penchés d’une génération à une autre, d’un continent à un autre. Restituer les destins des acteurs et donner toute leur dimension aux questions posées et aux œuvres écrites est l’objectif de ces conférences. Les conférences sont destinées à tous les publics. Mais une attention particulière est apportée aux lycéens des classes de première et de terminale scientifique. Une collaboration exemplaire a été mise sur pied avec l’académie de Versailles, dont des classes viennent régulièrement assister aux conférences. C’est le cas éga- lement avec des classes de Créteil et de Paris. Préalablement aux conférences, des mathématiciens se rendent dans ces classes pour présenter les thèmes qui seront traités dans le cadre d’un programme intitulé « Promenades mathématiques » organisé par Animath et la SMF. De son côté, la BnF leur propose des visites des expositions de la Bibliothèque et des salles de lecture, faisant ainsi partager le rapport que les mathématiciens ont avec les bibliothèques, qui sont aujourd’hui encore nos ateliers de travail, même si les bibliothèques virtuelles comme Gallica ou Numdam, pour ne parler que de la France, et les bases de données de prépublications comme Arxiv ou HAL jouent un rôle de plus en plus important. Après celles de janvier et février, deux conférences sont prévues en mars et avril. Au cours de la première, Dominique Picard, professeure à l’université Denis Diderot présentera un texte récent (1964) du statisticien Lucien Le Cam, mathématicien américain d’origine française, qui, en utilisant des mathématiques très théoriques a profondément modifié la vision des statistiques, sujet combien important tant elles jouent un rôle fondamental dans notre vie quotidienne, mais sont un sujet d’incompréhension pour les non-spécialistes. En avril, Henri Berestycki, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales exposera la partie de l’œuvre d’Alan Turing consacrée à la morphogenèse – la théorie des formes. Ce grand mathématicien anglais est célèbre pour ses contributions à la logique mathématique – les machines de Turing – qui ont ouvert la voie à la conception des ordinateurs et aux progrès de l’informatique en général. Pendant la guerre de 1939-1945, Turing a participé aux travaux sur le décodage des messages de l’armée allemande. Dans les années précédant sa disparition tragique en 1954, il s’est intéressé à la compréhension mathématique de certains mécanismes fondamentaux en biologie. Martin Andler Site du cycle : smf.emath.fr/MathGrandPublic/BNF/2008 CYCLE « UN TEXTE, UN MATHÉMATICIEN » Site François Mitterrand – grand auditorium – 18h30. Alan Turing debout à droite devant la console de l’ordinateur Manchester Mark 1 en 1951. 19 mars 2008 > Lucien Le Cam : comprendre la géométrie d’une expérience statistique, par Dominique Picard. 9 avril 2008 > Alan Turing et la morphogenèse, par Henri Berestycki. En partenariat avec la Société mathématique de France, Tangente, Animath et France Culture (émission « Continent Sciences » de Stéphane Deligeorges). Chroniques de la BnF - n°43 - 23 Photo extraite du livre Mathematic Logic, Éd. Elsevier



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