Chroniques n°43 mar/avr 2008
Chroniques n°43 mar/avr 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°43 de mar/avr 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3,5 Mo

  • Dans ce numéro : L'accompagnement des jeunes vers les collections

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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© Kleinefenn@ifrance.com/ADAGP 2008 Expositions > Prenez soin de vous à la Biennale de Venise 2007 Sophie Calle à la BnF Sophie Calle par Jean-Baptiste Mondino 20 - Chroniques de la BnF - n°43 Sophie Calle, artiste plasticienne, photographe, écrivaine et réalisatrice française fait depuis plus de trente ans, de sa vie, notamment des moments les plus intimes, son œuvre, en utilisant tous les supports possibles: livres, photos, vidéos, films, performances…, inventant des procédés pour raconter sa vie, et finalement aussi celle des autres. Sophie Calle dévoile, entre performances et romans, une démarche narrative où se mêlent fétichisme, représentation et voyeurisme. Le Centre Pompidou lui rend hommage en lui consacrant une rétrospective en 2003. En 2007, elle publie Prenez soin de vous, un roman construit autour d’une lettre de rupture, dont elle est la destinataire. Sophie Calle a demandé à cent sept femmes d’interpréter ce court texte. « J’ai reçu un mail de rupture. Je n’ai pas su répondre. C’était comme s’il ne m’était pas destiné. Il se terminait par ces mots: Prenez soin de vous. J’ai pris cette recommandation au pied de la lettre. J’ai demandé à cent sept femmes – dont une à plumes et deux en bois -, choisies pour leur métier, leur talent, d’interpréter la lettre sous un angle professionnel. L’analyser, la commenter, la jouer, la danser, la chanter. La disséquer, l’épuiser. Comprendre pour moi. Parler à ma place. Une façon de prendre le temps de rompre. À mon rythme. Prendre soin de moi. » Présentée à la Biennale de Venise 2007, l’œuvre fait l’objet d’un bel ouvrage édité par Actes Sud dans lequel se succèdent photographies, textes, interventions ainsi que performances et clips dans les quatre DVD qui l’accompagnent. C’est la réédition de la manifestation de la Biennale de Venise qui sera proposée au public dans la prestigieuse Salle Labrouste, site Richelieu. PRENEZ SOIN DE VOUS 26 mars -15 juin 2008 Site Richelieu/Salle Labrouste Commissariat : Daniel Buren. Exposition réalisée pour la Biennale de Venise avec CulturesFrance et les soutiens de Chanel et de la Fondation Jean-Luc Lagardère. INHA - Louis Roederer Champagne
Conférences > L’Europe et la fabrique des idées En coproduction avec France Culture, une série de conférences intitulée « L’Europe des idées » se tiendra de février à juin 2008 à la Bibliothèque. Geneviève Fraisse, philosophe, historienne, députée au Parlement européen de 1999 à 2004, est l’initiatrice de ce cycle. Entretien. Chroniques : Comment est née l’idée de ces conférences ? Geneviève Fraisse : Elle est née du rapport que j’ai à l’Europe comme espace particulier de l’Histoire et de la politique en train de se faire, d’une part, et de l’après-coup d’une expérience de députée au Parlement européen, d’autre part. Face aux représentations idéalistes d’une Euro pe mythique et mythifiée qui serait l’émanation d’une identité européenne, voire d’une « âme européenne », il m’a paru important de partir plutôt de la matérialité des idées qui existent en Europe dans toute leur diversité et leurs contradictions. Celles-ci sont visibles lorsque des réalités s’entrecroisent et s’entrechoquent ; réalité historique, nationale, européenne. Un exemple: on peut voir le conflit actuel en Belgique entre Flamands et Wallons comme un avatar historique: mais on peut aussi y voir un effet de l’Europe, un produit de l’attention aux régions engendré par la Communauté européenne. En regard de la complexité des réalités politiques, économiques, culturelles, on peut tenter de faire avancer la réflexion en toute lucidité, sans a priori ni naïveté, en acceptant que l’histoire soit faite aussi de paradoxes et que ceux-ci soient porteurs d’une dynamique: ils suscitent la perplexité mais sont aussi moteurs de réflexion. Voyez les Pays-Bas, considérés dans les années 1970 comme un pays extraordinaire de tolérance et d’ouverture, notamment quant aux droits des femmes, puisque l’IVG y était légale. Trente-cinq ans plus tard, ce pays est celui d’Europe où le nombre d’avortements est le plus faible, parce qu’y a été développée la meilleure L’EUROPE DES IDÉES Cycle de conférences proposé par Geneviève Fraisse (de février à juin 2008) Site François Mitterrand/Grand auditorium/Hall Est - 18h30 Dates des conférences : voir cahier central. En coproduction avec France Culture. Diffusion été 2008 des conférences enregistrées en studio : Jacques Rancière, Françoise Collin, Vassilis Alexakis. éducation à la contraception. C’est un effet de l’Histoire. Mais ce pays est aussi aujourd’hui en butte à de multiples for mes d’intolérance: on se souvient de l’assassi - nat de Théo Van Gogh en 2004, des polémiques autour des prises de position antiislam de l’écrivaine somalienne Ayaan Hirsi Ali, de l’affaire des caricatures de Mahomet en 2006 au Danemark, pays voisin. L’Europe est selon vous un espace mental en mouvement, dont les avancées sont aussi parfois générées par la dimension européenne proprement dite… Oui. L’Europe en tant que telle fait bouger les représentations, mais aussi crée des réalités nouvelles. La parité française est un enfant de l’Europe ! Lorsque l’Espagne édicte une loi contre les violences conjugales, elle crée une dynamique. L’idée de ce cycle est de tisser une toile entre des points de vue, des réflexions venues d’horizons divers. La première de ces conférences était animée par Bronislaw Geremek, européen emblématique: historien, il a travaillé sur la pauvreté au Moyen Âge mais s’intéresse aussi à la pauvreté aujourd’hui. C’est un homme politique engagé lors de la fondation du syndicat libre Solidarnosc dans les années 1980, un candidat à la présidence du Parlement européen en 2004, un opposant à la loi de lustration… Ce qui fait l’intérêt de son regard, c’est ce mélange, entre l’intellectuel, l’opposant politique, l’ancien ministre… Le questionner, c’est créer les conditions pour que se créent des liens entre ces différents éléments… Il s’agit aussi de faire se rencontrer des singularités : avec Daniel Cohn-Bendit, européen par sa double nationalité, élu en France et en Allemagne et passionné depuis toujours par la politique étrangère de l’Union européenne, je parlerai de la Turquie. Avec Mireille Delmas-Marty, juriste internationale et professeur au Collège de France, nous évoquerons la réalité juridique européenne, entre le national et l’international. Comment « le monstre juridique européen », suivant son expression, en même temps qu’il fabrique de la jurisprudence, renouvelle l’imaginaire juridique, entraîne une dynamique historique. Avec Carmen Castillo, réalisatrice franco-chilienne, l’Europe forteresse et terre d’accueil… © AFP/Gérard Cerles Daniel Cohn-Brendit, européen par sa double nationalité, élu en France et en Allemagne et passionné depuis toujours par la politique de l’Union européenne, parlera de la Turquie le 11 juin. Quel est selon vous l’impact de l’Europe sur la production artistique et culturelle ? Jamais la circulation des produits culturels n’y a été aussi intense. Il y a très longtemps que la musique a franchi les frontières partout ; mais aujourd’hui, avec le développement des nouvelles technologies, c’est aussi le spectacle vivant qui se transmet d’un pays, d’une langue à l’autre. On peut, par exemple, voir une pièce de théâtre dans sa langue d’origine grâce au surtitrage. Bernard Faivre d’Arcier, notre invité le 26 mars, a beaucoup œuvré durant sa présidence du festival d’Avignon et audelà pour le développement des réseaux et des échanges européens en matière de spectacle vivant. De ce point de vue comme de bien d’autres, l’Europe est à l’image du reste du monde ; empêtrée dans les paradoxes d’un certain jésuitisme lorsqu’il s’agit de la circulation des personnes, affichant la plus grande ouverture démocratique quant à celle des biens culturels. Pour tant, lorsque la Commission européenne publie enfin un texte sur la culture, c’est aussi parce que celle-ci est devenue un enjeu très important pour les économies locales, grâce aussi au développement du numérique et des nouvelles technologies. Que l’Europe prenne en compte et réfléchisse à ces enjeux est une avancée en soi, et en même temps, il faut rester vigilant et ne pas prendre pour acquis qu’elle s’intéresse à la culture, à l’âme européenne, dans une vision purement idéaliste. Propos recueillis par Sylvie Lisiecki Chroniques de la BnF - n°43 - 21



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