Chroniques n°43 mar/avr 2008
Chroniques n°43 mar/avr 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°43 de mar/avr 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3,5 Mo

  • Dans ce numéro : L'accompagnement des jeunes vers les collections

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Collections > Matias, décorateur de spectacles Au début de l’année 2007, le département des Arts du Spectacle s’est enrichi d’un ensemble de documents qui constitue un panorama quasi complet du travail de Matias, décorateur de spectacles récemment disparu. Il vient s’ajouter aux pièces déjà présentes dans le fonds Renaud-Barrault. Favorisé par Jean-Pierre Dauriac, ce don a été remis par Jacques Crozet, proche collaborateur de l’artiste, en accord avec la famille de Matias. Il comprend plus de neuf cents maquettes planes et onze maquettes en volume réalisées par le décorateur. Sont également entrées des archives, constituées d’ouvrages, de programmes, d’affiches et de coupures de presse en relation avec les spectacles scénographiés de Matias. Le peintre et décorateur Charles Henrioud dit « Matias », est né à Yverdon (Suisse) le 22 novembre 1926. Il s’est installé à Paris en 1950 et y a vécu jusqu’à sa mort le 10 août 2006. Il commence sa carrière comme illustrateur de livres pour enfants. À partir de 1960, grâce à son travail de décorateur de spectacles, il noue des amitiés et des collaborations artistiques avec des auteurs dramatiques (Robert Pinget et Samuel Beckett notamment), des metteurs en scène et des comédiens (Jean-Louis Barrault, Roger Blin, Jean-Marie-Serreau, Laurent Terzieff, etc.), dont il épouse les textes et les esthétiques. Jusqu’en 1986, il décore plus de soixante-dix spectacles : théâtre, cinéma, opéra, music-hall. Ses maquettes, dans lesquelles transparaît une sensibilité marquée par ses origines germaniques (plusieurs productions qu’il décore sont d’ailleurs destinées à la Suisse et à l’Allemagne), sont stylisées, élégantes, d’une précision rigoureuse, accompagnées d’annotations (pour les décors), d’études de matières et d’échantillons de tissus (pour les costumes), et révèlent une inspiration Maquette de costume sans cesse renouvelée. pour Grippeminaud En 1970, la galerie (Jacques Alaric) dans Rabelais. Proscenium, rue de Seine à Paris, consacre son exposition d’inauguration à Matias décorateur, présentant ses maquettes de décors et de costumes pour les pièces de Samuel Beckett et pour le Rabelais monté par Jean-Louis Barrault en 1968 à l’Élysée Montmartre. Parallèlement à son activité scénographique, Matias mène une carrière de peintre, à laquelle il se consacrera totalement, de 1986 à sa mort. 14 - Chroniques de la BnF - n°43 BnF/Arts du spectacle P Claire Sombert dans Antar, chorégraphie de Victor Gsovsky sur une musique de Rimsky-Korsakov, décors et costumes de Jacques Defradat, création au Casino d’Enghien, 2 juin 1955. BnF/Arts du spectacle Don de costumes de Claire Sombert La danseuse Claire Sombert et le producteur des ballets d’Enghien, Gérard Sayaret, viennent de faire don à la BnF d’un ensemble de costumes de scène. ortés par Claire Sombert, Nina Vyroubova, Jean Babilée et les interprètes des ballets d’Enghien, les costumes récemment entrés au département des Arts du spectacle, conçus, entre autres, par Georges Wakhévitch, Michel Drach, François Ganeau, Jean-Denis Malclès complètent la collection de costumes de ballet, enrichie auparavant par ceux de Nina Vyroubova. Claire Sombert a mené une carrière indépendante et internationale, aussi bien dans le domaine de la création contemporaine que dans le répertoire classique (Le Lac des cygnes, Giselle, Suite en blanc, Casse-Noisette). Formée par les maîtres Brieux et Gsovski, et mesdames Rousanne et Preobrajenskaya, elle fait ses débuts à Lausanne en 1950 puis entre dans la compagnie de Janine Charrat où elle danse Passage de l’étoile, sur un argument de Gilles, le parolier du duo Gilles et Julien. Elle danse dans les troupes du Marquis de Cuevas, Roland Petit (1953-1954), Milorad Miskovitch (1956) et Jean Babilée (1957-1959), travaille avec Michel Bruel en Russie (1968) et de 1972 à 1974, est étoile du Ballet du Rhin. Elle a dansé à Hollywood avec Gene Kelly (Invitation à la danse, 1956), et a fait de nombreuses créations contemporaines avec notamment Roland Petit (Le Loup, 1953), Maurice Béjart (Prométhée, 1956), Dirk Sanders (L’Emprise, 1957) et Serge Lifar (La Dame de Pique, 1960). Elle a été inspectrice de la Danse de la Ville de Paris entre 1980 et 1999. La collection de Claire Sombert, comprenant environ cent-cinquante pièces de costumes, offre une vision variée de son travail au travers de nombreuses productions. Sa collaboration avec Roland Petit est évoquée par des costumes de Christian Bérard pour Le Jeune Homme et la mort, sur un argument de Jean Cocteau. Claire Sombert reprend le rôle en 1955 auprès de Jean Babilée. Produit par le festival d’Enghien en 1957, Hamlet ou le noble fou chorégraphié par Serge Lifar présente les costumes de Georges Wakhévitch pour Nina Vyroubova (tenant le rôle d’Hamlet) et Claire Sombert (celui d’Ophélie). En complément de ce riche palmarès, l’activité de Claire Sombert comme inspectrice de la danse auprès de la Mairie de Paris est illustrée par des costumes pour ballets d’enfants dont certains conçus par François Ganeau. Noëlle Guibert © Serge Lido. BnF/Arts du spectacle
Expositions > Daumier, l’écriture du lithographe Le 26 février 1808, naissait Honoré Daumier. La BnF célèbre ce bicentenaire par une exposition consacrée à l’œuvre lithographié de l’artiste. Longtemps enfermé dans sa seule réputation de caricaturiste, qui ne lui valut pas moins d’être reconnu de son vivant comme le « Michel-Ange de la caricature », Daumier a bénéficié tardivement de la reconnaissance de l’ampleur de ses talents d’artiste. Lorsque la Bibliothèque nationale célébrait, en 1958, le 150 e anniversaire de sa naissance, par une exposition consacrée au « peintre-graveur », le propos de son principal organisateur, Jean Adhémar, était de présenter dans une même continuité chronologique tous les modes d’expression de l’artiste: peintures, dessins, sculptures, lithographies et gravures sur bois. L’importante rétrospective qui lui fut consacrée en 1999 et 2000 à Paris, Washington et Ottawa, reprenait cet ambitieux programme et contribuait à donner à Daumier une véritable stature d’artiste, assortie de la place qui lui revient dans l’histoire de l’art. Parmi les moyens d’expression qu’il explora, la lithographie l’emporte sur tous les autres tant par l’assiduité avec laquelle il s’y adonna pendant les quarante années que dura sa carrière de dessinateur pour la presse que par la manière dont il est parvenu à s’approprier la technique en l’enrichissant de ses recherches picturales et sculpturales. Inventée en 1898 et introduite en France à partir de 1815, la lithographie offrait la possibilité d’une diffusion plus large des images, à un moindre coût, mais surtout permettait aux artistes, grâce à la souplesse du procédé, de dessiner librement sur la pierre. Si l’on excepte les explorations audacieuses de peintres comme Géricault et Delacroix, séduits par ces possibilités nouvelles, l’usage du crayon lithographique restait, dans les premières décennies de sa diffusion dans les ateliers, plutôt académique. Daumier est le premier artiste à s’en emparer avec autant de conviction et à en dominer l’éven tail des possibilités techniques. Cette aptitude particulière en fait un véritable Honoré Daumier Quand il y a trente degrés de chaleur, 1847. BnF, Estampes et photographie coloriste en noir et blanc, paradoxe que Baudelaire relevait dès 1847: « Ses lithographies et ses dessins sur bois éveillent des idées de couleur. Son crayon contient autre chose que du noir bon à délimiter les contours. Il fait deviner la couleur comme la pensée ; or c’est le signe d’un art supérieur, et que tous les artistes intelligents ont clairement vu dans ses ouvrages (1). » Il a développé, au fil des années, une véritable écriture lithographique, tant son dessin semble naturel et spontané : « Il dessinait sans efforts, presque aussi rapidement et aussi délibérément qu’on écrit », notait Arsène Alexandre (2), en 1888. Intimement liées à l’art de la caricature, la concision et la rapidité d’exécution de ses lithographies ne sont pas les seuls caractères de la graphie de Daumier. L’efficacité de la composition, la vigueur du trait, l’expressivité de la ligne, l’instantanéité du rendu du mouvement, la puissance des contrastes d’ombre et de lumière et surtout la maîtrise des spécificités du dessin sur pierre y participent de manière tout aussi capitale. Au-delà du seul caricaturiste, ce sont ces qualités plastiques associées à des partis pris esthétiques originaux, d’une modernité souvent déroutante pour son époque, que l’exposition s’attache à mettre en valeur. Le fonds Daumier du département des Estampes et de la photographie, riche de la quasi-totalité des 4000 pièces qui composent l’œuvre, constitue, par sa qualité même, un hommage à la création du lithographe. Grâce à la loi sur le dépôt légal qui, dès 1817, s’applique au tout nouveau procédé d’impression qu’est la lithographie, le département conserve une double suite presque complète de la production du lithographe dans des épreuves sur blanc, qui, contrairement Chroniques de la BnF - n°43 - 15



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