Chroniques n°42 jan/fév 2008
Chroniques n°42 jan/fév 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°42 de jan/fév 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Expositions Carl De Keyzer, Richard Davies

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Dossier > Étienne Delessert, Comment la souris reçoit une pierre sur la tête et découvre le monde. Paris, l’École des loisirs, 1971. BnF/Dép. Littérature et art. La Joie par les livres Trop souvent considéré comme un genre mineur tenant de l’éphémère par son passage entre les petites mains d’apprentis lecteurs, le livre pour enfants n’a que tardivement éveillé l’intérêt des collectionneurs et des historiens du livre. La vente de la bibliothèque Paul Gavault en 1913, puis le catalogue de la librairie Gumuchian consacré en 1930 aux Livres de l’enfance du XV e au XIX e siècle, préfacé par le même Paul Gavault, constituent deux premiers signes forts vers une reconnaissance de cette composante essentielle de notre patrimoine imprimé. Jusqu’à il y a peu demeuré hors champ de la recherche universitaire française, le livre pour enfants est, depuis une quarantaine d’années, reconnu comme objet d’étude, adoubé notamment par les travaux de Marc Soriano. Significative est la création en 1998 au sein de la BnF d’une section livre pour enfants relevant du Service de documentation sur le livre et la lecture (département Littérature et art), offrant au lecteur un nombre important d’ouvrages de référence en libre accès (sallesT, Bibliothèque de recherche/Rezde-jardin et E, Bibliothèque d’étude/Haut-de-jardin). Collectionné par des particuliers - parfois frénétiquement -, le livre pour enfants est aujourd’hui conservé exhaustivement ou de façon partagée par les bibliothèques publiques et fêté doublement en 2006 à l’occasion des cent cinquante ans de la Bibliothèque rose et des soixante-quinze La Joie par les livres, rattachée à la BnF en janvier 2008, est née en 1963 sous d’heureux auspices : créée à l’initiative et grâce au mécénat d’Anne Gruner-Schlumberger, elle reprend alors le flambeau allumé par l’Heure joyeuse, première bibliothèque pour enfants en France, qui avait vu le jour dans l’entre-deux-guerres. Le contexte est favorable : dès les années soixante, le développement de la scolarisation en maternelle suscite un nouveau marché pour l’album d’images, que de nouveaux éditeurs influencés par l’air du temps vont investir. Un regard neuf est porté sur l’enfance, entre esprit de mai et nouveaux psychanalystes. L’allongement de la scolarité obligatoire impose la figure de 6 - Chroniques de la BnF - n°42 l’adolescent. Le retour à l’oralité se dessine : le conte intéresse les psychanalystes, les ethnologues, les travailleurs sociaux. Les années soixante-dix puis quatre-vingt voient fleurir les bibliothèques publiques et au sein de celles-ci les services destinés aux enfants et aux adolescents. La Joie par les livres saura s’insérer dans l’époque avec un grand pragmatisme, un souci constant de l’innovation et une attention précoce à l’importance du travail en réseau. Autour du noyau que constitue alors la bibliothèque de Clamart, elle va organiser une panoplie d’activités et de services, à son propre usage et pour des partenaires. Elle se tourne vers tous les interlocuteurs : les bibliothécaires pour enfants, bien sûr, mais aussi les écrivains, les artistes, printemps de Babar. La BnF participe à cette redécouverte par des expositions telles que Maîtres de la bande dessinée européenne (2000), Contes de fées (2001), Nos Livres d’enfance (prévue en octobre 2008), ainsi que par l’organisation d’Ateliers du livre consacrés à la littérature pour la jeunesse et à la bande dessinée, et de colloques, en partenariat avec la Joie par les livres. Des collections imprimées dispersées Si la naissance du livre pour enfants demeure difficile à dater (est-ce l’Orbis sensualium pictus de Comenius en 1658, les Contes de Perrault en 1697 ou Télémaque de Fénelon en 1699 ?) , l’émergence d’une édition pour la jeunesse est plus aisément cernable dans les prémices de la seconde moitié du XVIII e siècle avant son plein épanouissement au siècle suivant. Le dépôt légal institué par l’ordonnance du 28 décembre 1537 a permis au fil des ans à la Bibliothèque nationale de constituer une collection de livres pour enfants qui, sans atteindre l’exhaustivité, offre un large éventail documentaire sur plusieurs siècles et sur des supports variés. Ces collections n’ayant jamais été identifiées de manière spécifique par le passé sont réparties dans l’ensemble des fonds de la BnF sur les sites François-Mitterrand et Richelieu, principalement dans les départements suivants : Littérature
et art, Philosophie, histoire sciences de l’homme, Droit, économie, politique, Réserve des Livres rares, Estampes et photographie, Audiovisuel. Cet éclatement physique des collections est en grande les éditeurs, les enseignants (très mal vus dans les bibliothèques à l’époque), les travailleurs sociaux, les parents… La Joie par les livres est ambitieuse : elle s’intéresse à tous les publics du livre pour enfants, des bébés aux universitaires, elle défend l’exigence artistique pour tous, elle veut couvrir tous les champs temporels, et tous les champs spatiaux. Au fil des années, La Joie par les livres va développer une compétence approfondie sur le livre et les médias destinés à la jeunesse, au-delà de la littérature enfantine traditionnelle : partie pallié par le catalogue informatisé BN-Opale Plus, accessible via internet sur le site de la BnF : http:Ilwww.bnf.fr Complétées en salles de lecture par des ouvrages de référence en libre accès et l’image, l’oralité, la presse, le livre documentaire, les différents genres de la fiction, l’histoire du livre, le multimédia sont tour à tour explorés. Cette compétence est fondée sur une pratique intensive de lecture et d’échanges autour des lectures. Aujourd’hui, elle regroupe un ensemble de documents, de services et de compétences qui s’enrichissent mutuellement. LE CENTRE DE RESSOURCES À l’origine, il s’agissait de constituer un fonds spécifique pour alimenter le travail du comité de lecture et André Devambez, Auguste a mauvais caractère. Paris, Devambez, 1913. BnF/Dép. Estampes et photographie. servir de support aux actions de formation. La publication des comptes rendus de lecture a incité les éditeurs à l’alimenter en services de presse. Des dons importants, tel celui de la critique Nata Caputo, contribuent à donner une profondeur rétrospective aux collections. Aux livres pour enfants s’ajoutent un fonds d’ouvrages de référence, d’abord support de travail des formateurs et bibliothécaires, puis développé pour un public de médiateurs, et un fonds unique de recueils de contes. À partir du début des années quatre-vingt, des ressources électroniques variées, ces collections offrent aux chercheurs, professionnels ou amateurs, la plus large couverture en ce domaine. les exemplaires de livres pour enfants en provenance du dépôt légal, achèvent de donner à la collection un nouveau profil : à la collection d’opportunité succède une collection à vocation exhaustive, qui permet des comparaisons entre les différents segments de l’édition. Le centre assure ainsi la conservation et donc la mise à disposition d’un patrimoine qui disparaît progressivement de la plupart des lieux de lecture publique, qu’il soit passé de mode ou qu’il ait succombé à une utilisation trop intensive. C’est dans ce souci que la Joie par les livres a soutenu Chroniques de la BnF - n°42 - 7



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