Chroniques n°42 jan/fév 2008
Chroniques n°42 jan/fév 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°42 de jan/fév 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Expositions Carl De Keyzer, Richard Davies

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 18 - 19  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
18 19
Conférences > Des chefsd’œuvre sous toutes les coutures La BnF et l’Institut national du patrimoine s’associent pour présenter un cycle de conférences original, autour de manuscrits exceptionnels sortis pour l’occasion des réserves de la Bibliothèque. Étudiants, amateurs et curieux pourront y bénéficier de la compétence de conservateurs, d’historiens de l’art, de spécialistes des textes et de restaurateurs, tous éminents dans leur domaine, qui leur feront découvrir sous différents aspects ces pièces spectaculaires. L’idée de ce cycle est née de la proximité géographique des deux institutions. Des habitudes de travail en commun ont engendré des rapprochements intellectuels, qui sont à l’origine de la mise en œuvre de cette opération originale de mise en valeur des collections et de renouvellement du discours tenu sur elles. Ce choix de présentation non conventionnelle, bien éloigné des cycles de conférences traditionnels, puisque les chefs-d’œuvre étudiés seront physiquement présents sur la scène de l’Auditorium Colbert, reflète fidèlement la volonté de la BnF de faire partager au plus 18 - Chroniques de la BnF - n°42 Ci-contre : Évangiles de la Sainte-Chapelle. Christ en majesté entouré des quatre évangélistes écrivant et de leurs symboles dans des médaillons. Ci-dessous : Reliure d’orfèvrerie des Évangiles de la Sainte-Chapelle. Paris, XIII e -XIV e siècles. BnF/Dép. Manuscrits grand nombre les « Joconde » du département des Manuscrits, trop rarement montrées au public dans une relation aussi directe, même si tous les documents présentés ont, d’une manière ou d’une autre, été exposés dans les dix dernières années. Le mode de présentation adopté est celui de la mise en scène des œuvres, au cœur desquelles des techniques audiovisuelles sophistiquées permettent de plonger en relayant l’exploration sur grand écran. Les conférenciers, toujours par deux ou trois, avec des spécificités complémentaires, dialogueront, tourneront les pages, aborderont des problématiques très diverses, historiques, artistiques, relatives à la conservation, confronteront leurs points de vue, faisant vivre et découvrir les documents à mesure du discours. Le cycle de huit conférences couvrira, chaque mois de janvier à juillet 2008, toutes les lignes de force des collections du département des Manuscrits de la BnF, de l’époque carolingienne à Victor Hugo. Les interventions des conférenciers se poursuivront avec des questions du public, fructueux moment d’échange. Un chef-d’œuvre du Maître du registrum Gregorii La soirée introductive, en janvier, sera consacrée aux Évangiles de la Sainte- Chapelle, chef-d’œuvre de l’enluminure othonienne. Elle fera l’objet d’une présentation croisée de Marie-Pierre Laffitte, responsable des manuscrits latins à la BnF, Charlotte Denoël, conservateur, et Gilles Munck, restaurateur à la BnF. Ce recueil d’évangiles a été réalisé à Trèves à la fin du X e siècle, par le Maître du registrum Gregorii, le plus grand artiste de son époque, qui tenta une synthèse entre la tradition carolingienne et les modèles byzantins. Entré très tôt dans le trésor de la Sainte-Chapelle de Paris, il y
TRÉSORS DU PATRIMOINE ÉCRIT Cycle sous la direction de Thierry Delcourt et Gennaro Toscano Site Richelieu - Auditorium Colbert - Entrée libre/18 heures. 22 janvier 2008 > Introduction du cycle, par Geneviève Gallot, directrice de l’Institut national du patrimoine, Bruno Racine, président de la BnF, Thierry Delcourt, directeur du département des Manuscrits et Gennaro Toscano, conseiller scientifique de l’INP. Les Évangiles de la Sainte-Chapelle, un chefd’œuvre de l’enluminure othonienne (ms. Latin 8851), par Marie-Pierre Laffitte, Charlotte Denoël et Gilles Munck (BnF). 12 février 2008 > Le Psautier de Paris, un trésor de l’enluminure byzantine à l’époque macédonienne (ms. Grec 139), par Christian Förstel (BnF) et Jannic Durand, département des Objets d’art (musée du Louvre). 18 mars 2008 > Splendeurs de l’enluminure gothique dans la Librairie du Louvre : les Grandes Chroniques de France de Charles V (ms. Français 2813), par Marie-Hélène Tesnière (BnF) et Bernard Guénée, membre de l’Institut. 15 avril 2008 > Un manuscrit franciscain d’origine toscane, la Vie du Christ (ms. Italien 115), par Marianne Besseyre (BnF), Jacques Dalarun, Institut de recherche et d’histoire des textes (CNRS) et Véronique Rouchon (CNRS). 20 mai 2008 > La Bible romane de Saint-Martial de Limoges (ms. Latin 5) par Marie-Thérèse Gousset (BnF), le Père Philippe Gruson, professeur à l’Institut catholique de Paris et Carlo Federici, ancien directeur de l’Institut central de pathologie du livre (Rome). 3 juin 2008 > D’Alexandre à Iskender, ou la fortune du Roman d’Alexandre en Orient (ms. Supplément Turc 635), par Annie Berthier (BnF) et Yuriko Yamanaka, musée national d’Ethnologie, Minkapu (Japon). 2 juillet 2008 > Les Travailleurs de la mer, de Victor Hugo (NAF 24745), par Marie-Laure Prévost et Dominique Saligny (BnF). est resté jusqu’en 1791, lorsque le roi Louis XVI le remit à la bibliothèque. Il est doté d’une reliure parmi les plus spectaculaires, composée de deux plaques d’or fixées sur des ais, qui ont été assemblées au XIV e siècle sur les évangiles, euxmêmes copiés vers 984 dans l’atelier du Maître. Le premier plat, qui représente une Crucifixion, date du XIII e siècle. Il est constitué d’une plaque d’or sur laquelle sont fixés un crucifix filigrané et trois statuettes en ronde-bosse, réalisées à l’aide de plusieurs feuilles d’or, sur lesquelles des saphirs, des émeraudes, des rubis, des spinelles et des perles ont été jetés pour rehausser l’ensemble. Le second plat est une plaque d’or gravée et ciselée du XIV e siècle au fond fleurdelisé. On y voit saint Jean l’évangéliste écrivant, entouré des symboles des quatre évangélistes. Au-dessus de sa tête, une inscription rappelle que le roi Charles V a offert cette reliure à La Sainte-Chapelle Ci-contre : une des quatorze peintures du Psautier de Paris. David et Goliath. David décapitant Goliath. BnF/Dép. Manuscrits en 1379. Ces reliures, plus faciles à montrer que les pages intérieures seront particulièrement étudiées au cours de cette soirée. Un des trésors du fonds grec La deuxième soirée, consacrée au Psautier de Paris, sera animée par Christian Förstel, responsable des manuscrits grecs à la BnF, et Jannic Durand du département des Objets d’art du musée du Louvre. Ce psautier est un manuscrit enluminé d’origine byzantine daté de la seconde moitié du X e siècle, un des trésors du fonds grec de la BnF. Réalisé à Constantinople pour la Bibliothèque impériale, il comporte quatorze peintures en pleine page de grand format insérées dans le texte des Psaumes. La plus fameuse dépeint le roi David, traditionnellement considéré comme l’auteur des Psaumes, jouant de la harpe aux côtés d’une allégorie de la mélodie. Cette illustration laisse deviner le contexte historique de sa réalisation : on décèle dans l’iconographie des allusions à l’empereur, auquel David, qui en porte les habits, est assimilé dans le monde byzantin. La propagande n’est pas directe, mais allusive. L’image du roi qui transparaît est celle d’un philosophe, qui se laisse guider par la sagesse – comme l’empereur Léon VI, justement surnommé « le Sage ». Cette interprétation sera analysée et comparée à d’autres représentations contemporaines comme celles de la basilique Sainte-Sophie d’Istanbul, par exemple. La projection de l’œuvre en direct permettra d’en saisir toutes les subtilités. Marie-Noële Darmois Chroniques de la BnF - n°42 - 19



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :