Chroniques n°42 jan/fév 2008
Chroniques n°42 jan/fév 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°42 de jan/fév 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Expositions Carl De Keyzer, Richard Davies

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Expositions > m’inspirant des contes, des légendes de l’antiquité gréco-romaine qui est une période que j’aime beaucoup », dit-il alors. En 1979, il enseigne la gravure au centre culturel de Levallois. À partir de 1980, il ne grave plus que sur cuivre. L’imprimeur en taille-douce, René Tazé, tirera désormais toutes ses estampes. Forgée par cet imprimeur et ami, la maîtrise hors pair des procédés de gravure en taille-douce, en noir et blanc, de Richard Davies, est mise au service d’une inspiration et d’un imaginaire extrêmement original. Alliant douceur et acidité, Richard Davies met en scène des personnages, « les petits destins qui courent les rues, des vies à la dérive parfois comme des barques perdues dans l’immensité de l’océan », dans des atmosphères en suspens. Il grave la vie ailleurs : « J’essaie, d’exprimer la solitude immense, terrible et merveilleuse, tragique et comique dans laquelle nous LES PRÊTS DE LA BNF : EXPOSITIONS HORS LES MURS Balzac-Daumier : comédies humaines À l’occasion du bicentenaire de la naissance d’Honoré Daumier (1808-1879), le musée Balzac, situé dans le château de Saché, près de Tours, réalise une exposition dans laquelle il relie l’œuvre gravé du fameux caricaturiste à l’œuvre littéraire d’Honoré de Balzac. Depuis leur expérience commune dans la presse parisienne des années 1830 jusqu’à leur collaboration dans le cadre de l’édition illustrée, cette exposition croise les regards de l’écrivain et de l’artiste sur la société de l’époque à travers des lithographies, des bois gravés, des sculptures et des éditions originales. La BnF 16 - Chroniques de la BnF - n°42 Le Soir les gens du quartier, 1981. Eau-forte et aquatinte. BnF/Dép. Estampes et photographie © ADAGP, 2008 vivons nos vies rêvées, nos rêves de la vie, ou la beauté de la réalité que nous percevons par moments. En somme, ce que nous possédons vraiment, ce qui nous appartient, ce sont ces moments vécus, ces visions des endroits, des gens, des moments de notre existence ». Paris, ses rues, ses bistrots, Paris, qu’il adore au quotidien, est sa première source d’inspiration, comme dans Le Petit Comptoir (1983) ou Le Boulevard en automne II (1985). Vient ensuite le Midi, Saint- Christol-de-Rodières, avec, par exemple, Le Soir les gens du quartier (1981), ou Avignon, avec La Gare dans le Sud (1982). Davies est également fasciné par le cirque. La Vaillante Petite Écuyère (1984), suspendue en l’air dans un décor de théâtre, est un témoignage emblématique de cette admiration, qui se tourne aussi vers le bal et le tango, ainsi dans Sugar Tango (1984). Une ambiance saisissante L’ambiance de l’œuvre de Davies est saisissante, baignée de silence, d’immobilité, d’attente. Le temps y semble figé, le geste arrêté, suspendu. Davies ne manque ni de lucidité ni de cynisme, il manie, tour à tour, le grotesque, l’humour ou l’ironie, mais la tendresse et la sensibilité demeurent. Ses personnages sont surpris en état de rêverie, le regard dans le vague. La cruauté feutrée de leur sourire aux dents trop étincelantes dans la pénombre fait frémir. Un sentiment de solitude transparaît : jamais les regards des personnages ne se rencontrent même lorsqu’ils sont en couple ou qu’ils dansent enlacés. Dans la rue, les piétons se croisent sans se voir. Une certaine théâtralité perce dans les scènes de face-àface que les ombres portées rendent tragiques, ainsi dans En plus je sais chanter la Marseillaise (1978). À l’instar d’Edward Hopper, il affectionne les clairs-obscurs, contribue à cette exposition par le prêt d’une trentaine de caricatures de Daumier conservées au département des Estampes et de la photographie. Du 26 février au 25 mai 2008 Musée Balzac - Saché Et aussi… à Paris : Alexandre Charpentier (1856-1909) : naturalisme et art nouveau Du 21 janvier au 13 avril 2008 - Musée d’Orsay - Paris Ivoires africains dans les anciennes collections françaises Du 18 février au 11 mai 2008 - Musée du Quai Branly – Paris manie les noirs et les blancs, l’ombre et la lumière, mêlant avec subtilité et virtuosité, la manière noire, l’eau-forte, l’aquatinte et la pointe sèche, grâce à son admirable maîtrise technique, qui rend l’atmosphère de ses estampes inoubliable. Frappé, en 1986, par les premières atteintes du virus HIV, Davies travaille plus intensément, des planches de plus en plus grandes. La dimension visionnaire, spirituelle, envahit ses ultimes gravures. « Avec Tobie et l’Ange (1989-1990), Davies atteint à la grandeur primitive telle qu’il l’admire chez Mantegna », écrit Marianne Grivel dans Les Nouvelles de l’estampe en juillet 1990. Les personnages, presque en pleine page, réduits à l’essentiel, deviennent des archétypes. Tobie et l’ange, Je te bercerai, Le Fleuve (1989), sont des visions presque bibliques. Jusqu’à sa dernière gravure de très grande taille, restée inachevée, Charon (1990-1991), il poursuit le thème du passage amorcé dans La Traversée (1983), inspirée d’un poème de Sylvia Plath, puis poursuivi dans La Maison et le Fleuve (1989). Après un dernier voyage à Venise, Richard Davies meurt, le 7 juillet 1991, à l’âge de quarante-six ans. Des œuvres diversement exposées Les œuvres de Richard Davies ont rencontré le public. D’abord présentées dans des expositions collectives, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris (les Partis pris de Marcelin Pleynet, 1979), au Salon du Trait (de 1980 à 1985), au Salon de Mai ou dans le cadre de la Jeune Gravure Contemporaine, elles font, ensuite, l’objet d’expositions personnelles, dont la première a lieu à Paris en 1982 à la galerie James Mayor. La galerie ABC à Bruxelles présente successivement deux expositions, en 1984 et en 1987. Une première exposition a lieu au Japon, en 1989, à la galerie Artgraph de En région : Grandes surfaces Du 15 janvier au 9 février 2008 École supérieure des beaux-arts – Le Mans À l’étranger : Ils ont cartographié l’Amérique Dans le cadre des accords de coopération entre la BnF et BAnQ (Bibliothèque et Archives nationales du Québec), la BnF participe à l’organisation d’une importante exposition sur l’évolution de la cartographie de l’Amérique du Nord, qui sera présentée à Montréal à l’occasion du
Nagoya, suivie d’autres en 2000, 2003, 2006. Une autre est prévue en 2008. En 1990, une grande rétrospective de dix ans de gravures, de monotypes et de dessins est organisée, à Paris, par Michèle Broutta dans sa galerie, dont il est un artiste permanent. L’année suivante, une autre grande exposition y présente pastels, dessins, monotypes et carnets 400 e anniversaire de la présence française en Amérique. Cette exposition mettra en valeur des documents de l’époque de la Nouvelle-France à nos jours et transportera le visiteur depuis l’époque des premiers contacts entre Européens et Amérindiens jusqu’aux premières grandes traversées du continent à l’aube du XIX e siècle. Elle comprendra environ 150 cartes anciennes, dont plusieurs cartes manuscrites issues du département des Cartes et plans de la BnF. Du 18 février au 14 juin 2008 Bibliothèque et archives nationales du Québec - Montréal de croquis. La première monographie consacrée au travail de Richard Davies est publiée à cette occasion. En 1993, le musée d’Art moderne de Troyes lui consacre à son tour une rétrospective. En 2000, le Musée de Gravelines expose l’œuvre gravé complet, avec publication du catalogue raisonné rédigé par Roland Plumart. La nuit espagnole : flamenco, avant-garde et culture populaire 1865-1939 Du 20 décembre 2007 au 24 mars 2008 Musée national Centre d’art Reina Sofia - Madrid Von Siebold and Hokusai and his tradition Du 9 février au 23 mars 2008 City Art Museum – Nagoya Rétrospective Courbet Du 25 février au 18 mai 2008 The Metropolitan Museum of Art – New York © ADAGP, 2008 Tobie et l’Ange, 1989-90. Eau-forte, aquatinte et pointe sèche. BnF/Dép. Estampes et photographie C’est aujourd’hui à la BnF de rendre hommage à l’artiste. Le département des Estampes et de la photographie, que celui-ci a fréquenté dès 1978 et où il a déposé régulièrement ses nouvelles gravures, conserve soixante-quinze de ses estampes, un monotype et quelque soixante-dix-sept épreuves d’état. En 2003, François Dupouy a fait, à la BnF, le don exceptionnel d’un fort précieux ensemble de planches d’état. Davies en gravait souvent jusqu’à douze avant de parvenir à l’état définitif. Leur succession permet de retracer concrètement la genèse de l’image, dans et par le travail de gravure, de voir l’œuvre en train de se faire. Plusieurs exemples en sont montrés dans l’exposition : Perséphone (cinq états à la manière noire, d’où la figure mélancolique de la déesse sort peu à peu mystérieusement de l’ombre), Le Belvédère (deux états sur douze, dont un est mis en couleurs au pastel), La Maison et le Fleuve (quatre états sur onze). Marie-Cécile Miessner Publications : Richard Davies.Texte de Jacques Meunier. O.G.C. Michèle Broutta éditeur, Paris, 1992. Richard Davies. Catalogue de l’œuvre gravé et lithographié, 1973-1991, rédigé par Roland Plumart. Textes de Dominique Tonneau-Ryckelynck, Jacques Meunier,Valère Bertrand. Coéd. Musée de Gravelines et Association Malbodium Museum (Maubeuge), 2000. RICHARD DAVIES, ESTAMPES 22 janvier-24 février 2008 Site Richelieu/Crypte Commissariat : Marie-Cécile Miessner, conservateur en chef au département des Estampes et de la photographie, BnF. Femmes impressionnistes : Berthe Morisot, Mary Cassatt, Eva Gonzalès, Marie Bracquemond Du 21 février au 1 er juin 2008 Schirn Kunsthalle – Francfort Chroniques de la BnF - n°41 -17



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