Chroniques n°42 jan/fév 2008
Chroniques n°42 jan/fév 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°42 de jan/fév 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Bibliothèque nationale de France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Expositions Carl De Keyzer, Richard Davies

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Sommaire/Éditorial > 2 - Chroniques de la BnF - n°42 Événements P.03 Dossier P.05• Les collections pour la jeunesse à la BnF Expositions P.12• Trinity, photographies 1991-2007• Richard Davies, estampes Conférences P.18• Manuscrits de la BnF à la loupe• Des héros et des hommes Un livre BnF P.21 Collections P.22• Le fonds Tim• Les papiers de Jean-François Revel• Étrennes Coopération P.26• Le Collège des Irlandais Focus P.28• Jean-Claude Gautrand « Chroniques de la Bibliothèque nationale de France » est une publication trimestrielle. Président de la Bibliothèque nationale de France : Bruno Racine. Directrice générale : Jacqueline Sanson. Délégué à la communication : Marc Rassat. Responsable éditoriale : Marie-Noële Darmois (marie-noele.darmois@bnf.fr). Rédaction : Marie-Noële Darmois, Sylvie Lisiecki. Abonnement : sandrine.roiseux@bnf.fr. Comité éditorial : Viviane Cabannes, Marie-Claire Germanaud, Élizabeth Giuliani, Jean-Loup Graton, Hélène Richard, Anne-Hélène Rigogne, Romuald Ripon, Catherine Vassilieff. Ont collaboré à ce numéro : Anne Biroleau, Anne-Françoise Bonnardel, Jocelyn Bouraly, Colette Colin, Thierry Delcourt, Odile Faliu, Christian Förstel, Corinne Gibello, Élisabeth Giuliani, Marie-Pierre Laffitte, Nathalie Léman, Sylvie Lisiecki, Marie-Cécile Miessner, Scylla Morel, Clément Oury, Carine Picaud, Clément Pieyre, Marine Planche, Cécile Portier, Maxime Préaud, Anne Manouvrier, Caroline Rives, Xavier Sené, Catherine Vassilieff, Jacques Vidal-Naquet. Coordination graphique : Françoise Tannières. Iconographie : Sylvie Soulignac. Maquette et révision :. Impression : Stipa ISSN : 1283-8683 Retrouvez Chroniques sur chroniques.bnf.frn Édito COUVERTURE Richard Davies La Vaillante Petite Écuyère, 1984. BnF/Dép. Estampes et photographie © ADAGP 2008 Ce numéro de Chroniques paraît pendant la période des fêtes, pendant laquelle les enfants occupent une place privilégiée. Notre magazine ne déroge pas à la règle, puisqu’il consacre son dossier aux collections pour la jeunesse conservées à la BnF. Ce choix de circonstance, suscité par le rattachement à la Bibliothèque, annoncé pour janvier 2008, de La Joie par les livres, magnifique institution de promotion de la littérature enfantine, offre l’occasion de faire découvrir à nos lecteurs la richesse des fonds de la Bibliothèque dans ce domaine. Au fil de quelques siècles, le dépôt légal, complété par des dons parfois exceptionnels, a permis la constitution d’importantes collections sur des supports largement diversifiés. L’iconographie de ce dossier apporte une note de fraîcheur, qui permet une respiration avant des sujets plus graves : les expositions de photographies de CarlDe Keyzer dans la Galerie de photographie du site Richelieu et celle de l’œuvre gravé de Richard Davies dans sa Crypte. L’univers des photographies de CarlDe Keyzer, fruit de reportages réalisés pendant ces quinze dernières années sur des théâtres de conflits récents (Angola, Burundi, Côte-d’Ivoire…) ou dans les villes abritant les grands parlements, propose une réinterprétation de la peinture historique, en renouant avec un vocabulaire plastique délaissé pour en proposer une relecture éblouissante. L’ambiance saisissante de l’œuvre de Richard Davies, artiste trop tôt disparu en 1991, témoigne, quant à elle, d’un imaginaire très personnel, nourri d’une solide culture et d’une inspiration parfois très douloureuse. La BnF, dont l’artiste fréquentait le département des Estampes et de la photographie, où il a régulièrement déposé ses œuvres, conserve un fonds de soixante-quinze de ses estampes, qu’un don récent de François Dupouy a enrichi d’un précieux ensemble de planches d’états. Bruno Racine, président de la Bibliothèque nationale de France
BnF Événements > Les urnes de l’Opéra : le réveil de la Belle au bois dormant Il y a aujourd’hui cent ans que L’Illustration (28 décembre 1907) a révélé à ses lecteurs une opération très particulière destinée à avoir des retombées cent ans plus tard. Contrairement aux pronostics de ce journal aujourd’hui disparu, qui prévoyait de donner en primeur à ses lecteurs les résultats de cette curieuse initiative, ce sont d’autres lecteurs, qui en seront les premiers informés après l’ouverture des urnes en 2008. Scellement d’une urne (24 décembre 1907). BnF/Dép. Audiovisuel « Mercredi dernier, dans l’après-midi, une cérémonie singulière et tout à fait inédite rassemblait quelques invités dans les sous-sols de l’Opéra. Sous ces voûtes silencieuses, dans ces souterrains qui, pour la circonstance, avaient pris un aspect de crypte ou de catacombes, on procéda – si l’on peut dire – à la mise en cave des voix de nos plus illustres chanteurs contemporains. En présence de M. Malherbe, bibliothécaire de l’Opéra, du chimiste Bardy, de M. Clark, promoteur de l’idée, des représentants du ministre de l’Instruction publique et du sous-secrétaire d’État aux Beaux-Arts, des disques de gramophone enregistrés furent déposés de manière à ne pas se trouver en contact immédiat les uns avec les autres, et placés dans une double boîte où l’on fit le vide ; ce récipient soudé a pris place dans l’un des casiers métalliques aménagés dans un mur construit exprès pour recevoir les caisses de disques à mesure qu’elles parviendront. […] Les caisses de disques ne pourront être ouvertes que dans cent ans. » Et le journaliste de conclure : « Seuls, les abonnés de L’Illustration du siècle prochain connaîtront les résultats de la première exhumation. » Un rituel mi-funéraire, mi-œnologique Le 24 décembre 1907, dans les sous-sols du palais Garnier, a bien eu lieu un rituel, mi-funéraire, mi-œnologique, pour marquer le don par Alfred Clark, président de la compagnie française du Gramophone, de vingt-quatre disques présentés comme l’embryon d’un « musée de la parole ». Par acte écrit, le ministre de l’Instruction publique, Aristide Briand, enregistrait bien la volonté du donateur que ces boîtes ne fussent ouvertes que cent ans plus tard, « afin d’apprendre aux hommes de cette époque : « 1°quel était alors l’état des machines parlantes, encore aujourd’hui presque à leurs débuts, et quels progrès surtout auront amélioré cette précieuse invention au cours d’un siècle ; « 2°quelle était alors la voix des principaux chanteurs de notre temps et quelle interprétation ils donnaient à quelquesuns des morceaux les plus célèbres du répertoire lyrique et dramatique ». En juin 1912, un second don fut effectué par Alfred Clark, à nouveau de deux douzaines de disques. Un gramophone, placé dans une urne plus grande et accompagné d’un mode d’emploi, garantissait qu’il serait possible de relire les disques en dépit des changements technologiques qui n’auraient pas manqué de survenir entre-temps. Il y a bien sûr un objectif immédiatement publicitaire dans cette générosité de la Gramophone, alors championne du procédé de la gravure latérale et de la lecture par aiguille de disques plats. Les sons y sont gravés par la capture des vibrations produites dans l’air par les voix ou les instruments, sans aucune amplification, via un pavillon, un diaphragme et un burin inscrivant un sillon sur une surface meuble en mouvement rotatif régulier. La « précieuse invention » de la fixation des sons, conçue et brevetée par Edison en 1877, ouvre d’abord la voie à une gravure verticale et à la production de cylindre. En France où une branche de la compagnie Gramophone fondée par Emil Berliner (l’inventeur du disque plat) a établi une succursale en 1899, ont également pignon sur rue, les productions concurrentes de Pathé qui commercialise des « disques à saphir », variantes de la gravure verticale. La guerre des formats (et celle des produits d’une industrie phonographique naissante) bat déjà son plein. Mais cette curieuse cérémonie, tenue la veille de Noël 1907, dans les caves du prestigieux Palais Garnier, manifeste également, avec pompe, la foi de ce jeune vingtième siècle dans la valeur infinie du progrès des techniques. Toutefois, cet optimisme idéologique est empreint d’une lucidité scientifique qui fait très finement documenter (par des instructions écrites sur parchemin et également enfouies) et instrumenter (tous les éléments nécessaires à la lecture : l’appareil mais aussi le diaphragme et la pointe de lecture) cette véritable expérimentation. Mais, ce qui nous le rend à la fois plus étrange et plus attachant, ce pari sur la solidité technologique se combine encore à un imaginaire du funéraire et du secret : momification de voix vivantes, dans un décor de catacombes obscures qui est comme l’envers de la face Chroniques de la BnF - n°42 - 3



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