Choiseul Magazine n°9 jan à avr 2020
Choiseul Magazine n°9 jan à avr 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de jan à avr 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Choiseul France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 22,5 Mo

  • Dans ce numéro : dossier spécial, choiseul africa business forum.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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GÉOÉCONOMIE LE C919, UN A300 CHINOIS ? 40 Par Jean-François Daguzan Jean-Paul Maréchal est Maître de conférences en Jean-François science économique Daguzanà l'université Paris Saclay, chercheur à l'IDEST et chercheur associé à l'équipe Asies de l'INALCO (Institut national des langues et civilisations orientales). Son dernier ouvrage, Chine/ USA. Le climat en jeu, est publié en 2011. Il a assuré la direction de La Chine face au mur de l'environnement ? paru chez CNRS Édition en 2017.
Les déboires que rencontre Boeing avec son 737 Max ont renforcé l’idée chez certains observateurs que l’industrie aéronautique chinoise pourrait bien, à brève échéance, faire voler en éclats le duopole formé par Boeing et Airbus. L’objet de cet article est de mettre en évidence que si ce risque est très largement surestimé à court terme, il n’en demeure pas moins que Pékin mène, dans le domaine aéronautique, une politique industrielle qui, grâce à l’acquisition de technologies occidentales, pourrait en faire un redoutable concurrent lors de la mise en service des avions de la génération qui succédera aux B-737 Max et A-320 Neo. Dans les années qui suivirent la création de la République populaire de Chine en 1949, le secteur aéronautique se développa sous le contrôle des militaires. L’objectif principal était la production d’avions de combat soviétiques (Mig-15, 17, 19, 21…), le secteur civil passant au second plan. Il est vrai que le niveau de vie de la population ne justifiait alors nullement un développement à grande échelle du transport aérien. C’est au seuil des années 1970 que Pékin entreprit la construction d’un avion de ligne moderne : le Y-10. Cette copie du Boeing 707 effectua son premier vol en 1980 (le vol inaugural du 707 ayant eu lieu, quant à lui, en 1957) mais, après 130 vols d’essai, le programme fut finalement abandonné en 1985, la compagnie nationale chinoise (la CAAC) refusant d’en acheter ! Il est vrai qu’entre-temps, celleci avait acquis, dans la foulée du voyage du Président Nixon à Pékin en 1972, des B-707 et qu’elle ne voyait pas l’utilité d’acheter, au milieu des années 1980, la copie d’un appareil qui avait fait son premier vol presque trente ans auparavant. Toujours en 1985, un contrat fut signé entre d’une part McDonnell-Douglas et d’autre part Shanghai Aircraft Manufacturing Company et Chinese Aviation Supplies Company pour produire en Chine des dérivés du MD-80 (un avion de 170 places environ dont le premier vol remontait à 1963). Sur les 35 avions fabriqués 5 furent acquis par la TWA. Un autre projet consistant à construire des MD- 90 (une variante améliorée du MD-80) était sur les rails quand il fut stoppé net en 1996 lorsque Boeing racheta McDonnell-Douglas. C’est en fait au début des années 1990 que Pékin décida la mise en œuvre d’une politique industrielle véritablement ambitieuse en matière aéronautique. Ainsi, en 1993, 41 le Ministry of Aviation Industry devint AVIC (Aviation Industry Corporation of China), entité regroupant des firmes fabriquant des avions et des composants. Il s’agissait alors de créer un champion aéronautique national. C’est également dans cette perspective qu’est créée à Shanghai en 2008 une firme baptisée COMAC (Commercial Aircraft Company of China) dont l’objectif est de concurrencer, à terme, Airbus et Boeing. Si COMAC est officiellement une entreprise à responsabilité limitée ses deux principaux propriétaires sont SASAC (State-Owned Assets Supervision and Administration of the State Council) pour 31,6 % et Shanghai Guosheng Group, Co, Ltd pour 25 %. Puis viennent AVIC avec un peu moins de 25 % et Baosteel, Chinalco (Aluminium Corporation of China) et Sinochem, chacune avec 5 %. Il n’est pas inutile de rappeler que SASAC est contrôlé par le Conseil d’État et que AVIC, Baosteel, Chinalco et Sinochem sont des entreprises publiques 1 . Comme le souligne un rapport de la Rand Corporation, dans la mesure où « SASAC est contrôlé par le State Council et Guosheng Group par le gouvernement de la municipalité de Shanghai, COMAC est en réalité essentiellement une coentreprise entre le gouvernement central de



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