Choiseul Magazine n°9 jan à avr 2020
Choiseul Magazine n°9 jan à avr 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de jan à avr 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Choiseul France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 22,5 Mo

  • Dans ce numéro : dossier spécial, choiseul africa business forum.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Il a donc conservé son passeport palestinien. Malheureusement, celui-ci venait à expiration. Et c’est alors que des circonstances extraordinaires, que je raconte dans le livre, ont rendu mon grand-père titulaire d’un nouveau passeport britannique flambant neuf. Ses camarades, dans la même situation, ont été déportés en Allemagne et ne sont pas revenus. Ma grand-mère, sa femme, se cachait à Paris pour échapper aux rafles, tout en essayant de travailler pour gagner un peu d’argent. Les parents de ma grand-mère, qui vivaient à Alfortville, ont été arrêtés par la police française et déportés à Auschwitz, comme l’un des frères d’Assia. Sa fille, qui avait sept ans, a été recueillie par d’anciens ouvriers de la petite fabrique de bracelets-montres d’Assia. Ils se sont occupés d’elle sans rien demander, prenant ainsi un risque considérable. IC : Dans ce récit, la petite histoire rejoint la grande. On en apprend notamment beaucoup sur la Russie tsariste, la révolution bolchévique, ou encore les haloutsim, dont votre grand-père faisait partie (vague d’émigration de jeunes juifs vers Israël pendant l’entre-deux-guerres). Quels épisodes de l’Histoire avez-vous (re)découverts en écrivant ce livre ? MB : Ce récit est une traversée de l’Europe et du vingtième siècle, à hauteur d’homme. Né en 1903, Assia, qui était une force de la nature, a vécu près de 100 ans. Il est mort le jour de Noël 1999, un peu comme s’il avait décidé de s’arrêter là. Sa vie se confond avec ce siècle mouvementé. Un épisode qui a marqué l’enfance de mon grand-père et que j’ai découvert en écrivant le livre, est l’affaire Beilis, une sorte d’affaire Dreyfus russe. Elle se passe en 1911 à Kiev, à 300 kilomètres de la ville natale de mon grandpère. Le corps d’un enfant est découvert égorgé dans une grotte et la rumeur se répand d’un crime rituel, commis par les Juifs à l’approche de la Pâque car ils feraient couler du sang d’enfants chrétiens pour la fabrication des matsoth. On accuse un certain Beilis, le comptable d’une briqueterie. On se passionne pour ce crime, y compris au-delà des frontières russes. De grands intellectuels européens se mobilisent comme pour l’affaire Dreyfus en France, près de vingt ans plus tôt. On en parle tous les jours dans les rues de Rovno comme à l’école d’Assia. Une vaste campagne antijuive prospère, entretenue par le gouvernement de Nicolas II. Beilis sera finalement acquitté fin 1913 mais l’affaire laissera des traces, inspirant de nombreux pogroms. Je n’avais pas le souvenir de cet épisode, aujourd’hui méconnu, mais si important pour mon grand-père. C’est une histoire que l’on retrouve dans l’Homme de Kiev, ce roman fable publié en 1966 par Bernard Malamud. IC : Terminons par une anecdote pour le moins surprenante… Enfant, vous avez partagé la même chambre que la fille de Staline ! Pouvez-vous nous en dire davantage ? 12 LE LIVRE DE ... Marguerite Bérard, était l'invitée d'honneur d'un petit-déjeuner du Club Choiseul le 21 avril 2017. MB : Quand j’étais petite, j’ai laissé ma chambre à Svetlana Staline et il m’a fallu un certain temps ensuite pour m’habituer à l’idée que la fille d’un des pires dictateurs du XX ème siècle avait dormi dans mon lit. Le premier mari de Svetlana, Grigori Morozov, était un cousin très proche de ma grand-mère. Le moins que l’on puisse dire est que ce premier mari juif, épousé en 1944, plaisait peu à Staline qui refusait de le voir. Svetlana a d’ailleurs ensuite épousé Iouri Jdnavo, fils d’Andreï, un des hiérarques du régime soviétique, mieux adapté aux goûts paternels. Elle a plus tard fait défection aux États- Unis en 1967. Le chemin de Svetlana a de nouveau croisé celui de ma famille à la fin des années 1980, quand elle a quitté les États-Unis, après de nombreuses errances, pour essayer de vivre en France, et c’est là qu’elle a été hébergée chez nous.
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