Choiseul Magazine n°8 sep à déc 2019
Choiseul Magazine n°8 sep à déc 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de sep à déc 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Choiseul France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 32,9 Mo

  • Dans ce numéro : focus sur les nouveaux classements Choiseul.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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GÉOÉCONOMIE « GEOECONOMIE », VINGT ANS D’ANALYSE DE LA COMPLEXITE DU MONDE 36 Par Jean-François Daguzan Jean-François Daguzan était le directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique Jean-François Daguzan (FRS) où il fut maître de recherche de 1999 à 2012. Il exerça précédemment les mêmes fonctions au sein du Centre de recherches et d’études sur les stratégies et les technologies de l’école Polytechnique (CREST) ainsi qu’à la Fondation méditerranéenne d’études stratégiques (FMES). Chargé de mission puis consultant pour les questions industrielles et de R&D au sein du Secrétariat général de la défense national (Premier ministre) de 1988 à 1998, Jean François Daguzan est docteur d’État en sciences politiques, docteur en droit et Vice-président de l'Institut Choiseul.
Le modèle Choiseul, c’est, avant tout, ne pas faire les choses comme les autres. En 1997, Pascal Lorot, alors directeur des affaires économiques d’un grand groupe, nous lançait, moi-même et quelques amis dans la création un peu folle d’une revue unique en son genre  : « Géoéconomie ». Nous n’étions pas des éditeurs ; nous n’étions pas des intellectuels de profession ; nous n’étions liés à quelconque coterie. Nous avions en revanche de l’enthousiasme à revendre. C’est d’ailleurs après avoir fait la revue que nous créions pour accompagner le débat d’idées, l’Institut européen de géoéconomie (IEG), rapidement devenu Institut Choiseul. En général, c’est l’inverse qui se produit. On avait fait les choses à l’envers. L’idée de Pascal, qui a relevé à la fois d’une réflexion et d’une intuition, était qu’il fallait revoir les conditions d’analyse du Monde après l’effondrement du Mur de Berlin puis de l’Union Soviétique et qu’il fallait prendre très au sérieux les annonces américaines sur le fait que le théâtre stratégique s’était déplacé des armes aux affaires, de la guerre « physique » à la guerre économique. M. Clinton et son administration avaient été élu à ces fins et s’étaient mis au travail. Pour réfléchir à ces changements de fond un nouveau vecteur d’analyse en français était nécessaire. On sentait bien que les questions économiques n’intéressaient pas les stratégistes de la guerre froide – à quelques exceptions – et que les économistes classiques repoussaient « à la gaffe » toute approche qui s’éloignerait des modèles théoriques mathématiques et à bien des égards, l’initiative fut reçue par les esprits conservateurs avec condescendance voire avec suspicion. Cette approche se rapprochait trop de l’économie politique, qui sentait le souffre, et honnie par la toute puissante économétrie. Or, une démarche « politique » au sens noble du mot avait quelque utilité pour décoder les nouveaux enjeux. Les premiers linéaments d’une revue ad hoc dont Pascal dessinait les contours naquirent dans un bus par de fécondes discussions. Ce qui prouve que le modèle péripatéticien d’Aristote, la pensée en marche, fonctionne aussi en roulant… L’année 1996 fut occupée en dépit des occupations des uns et des autres à un grand travail de gamberge pour définir avec clarté ce que nous voulions. Il faut dire qu’un livre détonnant, Le rêve américain en danger, venait de paraître, qui formulait de façon explicite les nouvelles règles du jeu stratégique international. 37 Son auteur, Edward Luttwak, sorte de franc-tireur de la sécurité américaine fustigeait à travers ce livre le conservatisme des administrations américaines, alors même que le monde et ses pratiques avaient définitivement changés une fois l’Union soviétique disparue. Pour Luttwak, « les capitaux investis ou drainés par l’Etat sont l’équivalent de la puissance de feu ; les subventions au développement des produits correspondent aux progrès de l’armement ; la pénétration des marchés avec l’aide de l'État remplace les bases et les garnisons militaires déployées à l’étranger, ainsi que « l’influence diplomatique ». Ces diverses activités – investir, chercher, développer et trouver un marché – sont également le lot quotidien des entreprises privées qui les exercent pour des motifs purement commerciaux. Mais quand l’État intervient, lorsqu’il encourage, assiste ou dirige ces mêmes activités, ce n’est plus de l’économie « pur sucre », mais de la géoéconomie. » Même si les analogies guerrières de Luttwak étaient un peu tirées par les cheveux, le texte eût un retentissement considérable – d’autant qu’il s’accompagnait d’un discours paranoïaque en vogue à l’époque selon lequel les « alliés traitres » profitaient du parapluie



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