Choiseul Magazine n°6 jan à avr 2019
Choiseul Magazine n°6 jan à avr 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de jan à avr 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Choiseul France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 21 Mo

  • Dans ce numéro : la ville de demain...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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GÉOÉCONOMIE ÉCOMOBILITÉ GÉOPOLITIQUE  : FAUT-IL DE L'IA  : CROIRE À LA L'HYDROGÈ CONCURRENCE NE ? SINO-AMÉRICAINE ET AU-DELÀ 40 Par Florent Parmentier Florent Parmentier est responsable du Laboratoire d'innovations publiques de Sciences Po et chercheur-associé au Centre HEC Paris de géopolitique. Docteur en science politique, enseignant en prospective stratégique, il dirige le site eurasiaprospective.net. Il est l'auteur de l'ouvrage Les chemins de l'État de droit. La voie étroite des pays entre Europe et Russie (Presses de Sciences Po, 2014), et s'apprête à publier avec Josette Durrieu La Moldavie à la croisée des mondes (Non Lieu, 2019).
Lors d’une conférence de presse de septembre 2017, Vladimir Poutine déclarait au sujet de l’IA que « celui qui deviendra le leader en ce domaine sera le maître du monde ». Cette déclaration a pu surprendre dans la mesure où la Russie ne passe pas pour être un leader technologique en ce domaine, même si elle n’est pas indifférente aux applications militaires potentielles, s’étant donnée pour objectif de robotiser 30% de l’équipement militaire d’ici à 2025. Au-delà de cette approche sécuritaire, l’intelligence artificielle est vue par de nombreux acteurs comme une technologie-clé, aussi bien en matière de démocratie, d’éthique et de développements économiques sans que l’on sache toujours exactement à quoi elle réfère. L’engouement actuel semble souligner un fait  : l’IA provoque ou renforce un mouvement global de centralisation du pouvoir entre quelques mains, ce qui ne manquera pas d’avoir en retour des conséquences géopolitiques. C’est donc sans surprise que de nombreuses stratégies ont éclos ces derniers mois de la part des États, des cabinets de conseil, ou encore des grandes entreprises technologiques. Tout comme l'énergie a joué un rôle capital dans le développement des puissances depuis près de deux siècles, l’IA est appelée à jouer un rôle du même ordre au 21e siècle. Qu'est-ce que la géopolitique de l'intelligence artificielle ? 41 L'intelligence artificielle désigne depuis plus d’un demi-siècle un ensemble de technologies, de disciplines et de procédés tentant de recréer ou d’imiter certaines aptitudes de l’intelligence humaine, à l’exemple de la mémoire, la prise de décision, le raisonnement, la résolution de problèmes ou la perception. L’IA recouvre donc une variété de sous-domaines, donnant lieu à de nombreuses applications  : reconnaissance faciale, robotique intelligente, agents virtuels, apprentissage par machine, apprentissage profond… À ce titre, il serait plus exact aujourd’hui de parler des IA que de l’IA, puisque les technologies permettent de remplir une série de missions particulières. En d’autres termes, ce champ est actuellement couvert par une série d’IA faibles ; le logiciel Deep Blue qui a battu Gary Kasparov aux échecs en février 1996 ne peut pas interpréter une radiographie de votre main. De fait, le projet d’une « IA forte » disposant de qualité proprement humaine comme la créativité, l’anticipation, l’adaptation ou la conscience de soi, appartient encore pour le moment à la science-fiction. Le développement de l'intelligence artificielle, qui s’appuie plus largement sur celui du cyberespace, n’implique pas simplement des choix techniques et technologiques, il met en concurrence des préférences sociales. Derrière cette affirmation, il faut comprendre que la manière dont l’IA est programmée comporte des biais susceptibles d’influencer des décisions automatisées, cachant des préférences d’ordre culturel, politique ou éthique, et que des personnes malveillantes peuvent également la manipuler ; c’est ce qui est arrivé à l’agent conversationnel Tay de Microsoft, à destination des jeunes adultes de 18-24 ans, coupable de propos racistes et misogynes quelques heures après son lancement en mars 2016. De fait, il n’est pas exagéré de dire que l’IA devient un enjeu majeur de souveraineté dès lors que l’on considère les défis posés en matière d’enjeux économiques, démocratiques, éthiques ou encore militaires. Sur le plan économique, le risque d’une perte d’emplois massive inquiète des opinions publiques comme les gouvernants, tandis que l’IA est amenée à changer la nature de nombreux secteurs économiques, comme la santé, les transports ou la finance.



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