Choiseul Magazine n°6 jan à avr 2019
Choiseul Magazine n°6 jan à avr 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de jan à avr 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Choiseul France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 21 Mo

  • Dans ce numéro : la ville de demain...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ASSISES EUROPÉENNES DU VACCIN Vytenis Andriukaitis Commissaire européen à la santé et la sécurité alimentaire 26 Suite aux deux premières éditions en 2013 et 2015, les troisièmes Assises du Vaccin - organisées le 20 novembre 2018 par l’Institut Choiseul à l’Institut Pasteur - ont pris une dimension européenne. Plateforme d’échanges sur les enjeux stratégiques du vaccin, l’événement a accueilli l’ensemble des parties prenantes de ce secteur d’activité. Retour sur les grands enjeux du vaccin avec le Commissaire européen Vytenis Andriukaitis, qui nous a fait l’honneur d’intervenir en ouverture.
Institut Choiseul  : Quel regard portez-vous sur l’état des lieux de la vaccination en Europe ? Vytenis Andriukaitis  : L’efficacité de la vaccination est bien documentée  : la vaccination sauve entre 1 et 3 millions de vies chaque année. Elle réduit le coût des traitements, contribue à la lutte contre la résistance aux antimicrobiens et empêche également le développement de cancers. Mais je ne suis pas présent à ces Assises du Vaccin pour faire l’éloge de nos succès. Je souhaite plutôt me concentrer sur ce qu’il nous reste à améliorer. Près de 14 000 cas de rougeole ont été recensés au sein de l’Union européenne entre les mois d’octobre 2017 et de septembre 2018, soit plus de trois fois le nombre signalé en 2016. Près de 60 décès dus à la rougeole ont été enregistrés depuis le début de l’épidémie en 2016. Chacun de ces décès pouvant être évité est inacceptable à mes yeux, et ces chiffres devraient tous nous alarmer. Le cas de la vaccination contre la grippe est un autre exemple inquiétant. La couverture vaccinale contre la grippe saisonnière est déjà basse dans de nombreux pays et continue de diminuer, malgré la mise en place de programmes de vaccination de grande envergure. IC  : Comment expliquez-vous l’hésitation vaccinale qui persiste dans nos sociétés et notamment en France ? VA  : Des idées fausses sur les vaccins ou sur la gravité de maladies comme la rougeole ou la grippe ont détourné l’attention du grand public des bénéfices individuels et collectifs que représente la vaccination. Je crains que beaucoup de personnes n’aient oublié les conséquences dramatiques que la rougeole peut avoir sur un enfant, ou encore les effets terribles d’autres maladies dont nous avons presque oublié l’existence grâce à la vaccination. Je pense à la diphtérie, à la rage, au tétanos ou encore à la polio, pour n’en citer que quelquesunes. Le récent rapport financé par la Commission européenne sur l’état de la confiance dans la vaccination au sein de l’UE montre que les citoyens français font part de doutes importants quant à l'inocuité, à l’efficacité et à l’importance des vaccins. Le grand public n’est pas le seul à s’inquiéter  : les professionnels de santé eux aussi semblent avoir des doutes sur les vaccins. Cela m’inquiète, car le rapport met en exergue une corrélation entre la confiance du médecin généraliste et la confiance au sein du grand public. Les professionnels de santé sont en première ligne lorsqu’il s’agit de vaccination, nous devons donc travailler en coopération étroite avec eux afin d’éliminer toute inquiétude. IC  : Quelles réponses apporter pour restaurer la confiance envers la vaccination ? VA  : En avril 2018, la Commission a proposé une recommandation du Conseil et une communication de la Commission visant à renforcer la coopération en matière de maladies à prévention vaccinale et améliorer la coordination au niveau européen. Cette initiative met en lumière l’importance des synergies entre la vaccination et d’autres domaines de politiques publiques, en particulier la e-santé et les « Tous ces efforts ne serviront à rien s’ils ne sont pas complétés par une réelle volonté politique » technologies numériques, en vue d’établir des carnets de vaccination électroniques. Avec le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et l’Agence européenne du Médicament (EMA), nous établirons un portail d’information sur la vaccination pour offrir des informations objectives, transparentes et actualisées sur les vaccins. Cela nous aidera à contrecarrer la diffusion de fausses informations, à mieux répondre aux réelles préoccupations des patients ou des parents, et à suivre la désinformation en ligne sur la vaccination. Enfin, nous prévoyons d’étudier la faisabilité d’une carte de vaccination commune pour les citoyens européens et qui pourrait être partagée de manière électronique. IC  : Les enjeux de disponibilité des vaccins seront à l’honneur lors de ces Assises européennes du Vaccin. Quel message souhaitez-vous faire passer à ce sujet aujourd’hui ? 27 ASSISES EUROPÉENNES DU VACCIN VA  : L’accès et l’approvisionnement en vaccin font eux aussi partie intégrante de la solution. Nous devons faire en sorte que les jeunes parents puissent faire vacciner leur enfant le plus facilement possible. Cela implique d’identifier les barrières dans l’accès aux vaccins et de soutenir les interventions à destination des populations défavorisées et socialement exclues. Nous devons veiller à ce que personne ne soit laissé sur le bord du chemin ! Nous sommes déterminés à renforcer l’approvisionnement en vaccin et à réduire les risques de pénuries en mettant au point un entrepôt virtuel de données européennes sur les stocks de vaccins et les besoins en la matière. Cela nous permettra de nous assurer que les bons vaccins soient rapidement disponibles en cas d’épidémies. IC  : In fine, la volonté politique n’est-elle pas un ingrédient clé de l’efficience des politiques de vaccination ? VA  : Tous ces efforts ne serviront à rien s’ils ne sont pas complétés par une réelle volonté politique et un sens de responsabilité partagée. J’ai donc de grands espoirs pour ce projet que nous co-finançons, la Joint Action on Vaccination, qui a démarré en septembre et qui dispose d’un budget de près de 6 millions d’euros. Ce projet sur 3 ans est coordonné par l’Insermavec le soutien du ministère français des Solidarités et de la Santé  : 20 pays, dont 17 membres de l’UE, y participent avec pour objectif de développer des systèmes de gestion de données interopérables, de plus grandes capacités de prévision de la demande de vaccins et de favoriser la R&D. Je tiens ainsi à remercier la France pour son rôle clé dans le renforcement de la coopération dans le domaine de la vaccination au niveau européen. C’est après tout ici que Louis Pasteur, Jacques Monod et bien d’autres ont mené des recherches novatrices sur les maladies infectieuses. Paris était aussi la ville d’Emile Zola, pour qui « l'avenir de l'humanité est dans le progrès de la raison par la science ». Appliquons donc la logique d’Emile Zola à la vaccination, et mettons un terme aux souffrances et aux décès dus à des maladies pouvant être évitées !



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