Choiseul Magazine n°5 sep à déc 2018
Choiseul Magazine n°5 sep à déc 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de sep à déc 2018

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Choiseul France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 10,3 Mo

  • Dans ce numéro : retour sur le Choiseul Africa Summit Abidjan...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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L’ENTRETIEN De la scène aux coulisses de l'olympisme Triple champion olympique de canoë slalom, porte-drapeau de la délégation française aux Jeux olympiques de Pékin en 2008, Tony Estanguet est une véritable figure du sport français. Athlète engagé et impliqué, il milite pour l'obtention des Jeux olympiques de Paris dès février 2015 avec la remise d'une étude d'opportunité pour une candidature parisienne. En avril de cette même année, il prend la co-présidence du comité de candidature. Suite au vote favorable du CIO à Lima le 13 septembre 2017, il est nommé Président du comité d'organisation des Jeux Olympiques de Paris 2024. Tony Estanguet est également titulaire d'un mastère de l'ESSEC. Il est lauréat du Choiseul 100. Gérard Bonos  : Nous sommes à six ans maintenant des Jeux de Paris. Où en est-on ? Tony Estanguet  : Paris 2024 avance sur de bons rails ! Après la victoire à Lima le 13 septembre 2017, nous nous étions fixés plusieurs chantiers prioritaires pour 2018 pour que nous puissions avancer après sur des fondations solides  : la constitution de l’équipe de direction, la finalisation du choix des sites de compétition, la mise en place de notre programme de partenariat, notre stratégie héritage, c’est-à-dire l’impact que pourront durablement laisser les Jeux de Paris 2024. Un an après, j’ai le sentiment qu’on a élevé l'ambition. La revue complète du projet nous a permis de neutraliser les risques budgétaires qui avaient été identifiés, tout en renforçant l’héritage que laisseront les Jeux en termes d’infrastructures. Le chantier est immense. Les Jeux de Paris 2024 seront le plus grand événement jamais organisé par notre pays. Nous devons être à la hauteur de la formidable opportunité que représente ce projet pour notre pays. G.B  : Est-ce que les pouvoirs publics sont toujours aussi investis, comme au moment de la candidature, selon vous ? T.E  : Depuis le lancement de la candidature, l’unité des acteurs publics a été une des clés de la réussite de Paris 2024, après de multiples tentatives et 100 ans d’attente. Et c’est grâce à cette unité que nous pourrons organiser des Jeux d’exception. Notre ambition dépasse le seul cadre de l’événement. Nous voulons aussi organiser des Jeux durables, responsables, qui auront un impact sur la place du sport dans notre société et qui mobiliseront tous les Français. Les Jeux c’est le projet de tout un pays. Sans l’investissement total de l’Etat, de la Ville de Paris, de la Région Île de France et de l’ensemble des collectivités, notre ambition ne pourrait pas se concrétiser. G.B  : Il y a plusieurs débats concernant les priorités en termes d'infrastructures à réaliser. Êtesvous inquiet ? T.E  : La force de Paris 2024 est de s’appuyer sur 95% 6 d’équipements déjà existants ou temporaires. Quand les Jeux d’Athènes, Londres ou Rio avaient en moyenne une dizaine d’équipements de compétition à construire, Paris n’en aura qu’un  : le Centre aquatique olympique qui sera bâti en Seine-Saint-Denis, là où il y a un besoin réel d’infrastructure (un enfant sur deux entrant en 6e ne sait pas nager dans le département). Au final, les Jeux permettront de léguer à ce territoire une dizaine de nouveaux bassins qui bénéficieront à toute la population. Les Jeux permettront également de créer plus de 4 000 logements avec le village olympique et le village des médias, qui seront ensuite destinés à la population en Seine- Saint-Denis, où, là encore, la demande n’est pas satisfaite. G.B  : La récente victoire de l'équipe de France de footballau mondial peut-elle vous aider pour continuer à mobiliser les responsables politiques comme le grand public autour des Jeux de Paris 2024 ? T.E  : Les acteurs publics sont étroitement engagés à nos côtés depuis déjà plusieurs années. Tous mesurent pleinement l’opportunité extraordinaire que représentent les Jeux pour la France. La victoire de l’équipe de France de football en Coupe du monde est venue rappeler l’extraordinaire pouvoir du sport. Elle symbolise la France qui gagne et cela nous fait un bien fou ! C’est incroyable de voir à quel point le sport peut rendre les gens heureux. Il a ce pouvoir universel de rassembler autour de valeurs positives. Nous avons bien sûr l’ambition de recréer ces moments de liesse, de célébration, à l’occasion des Jeux de Paris 2024. Nous voulons partager des Jeux festifs, populaires avec les Français et les spectateurs du monde entier que nous accueillerons dans notre pays.
G.B  : Beaucoup de sites seront installés en Seine-Saint-Denis. Avez-vous le sentiment que les JO vont pouvoir changer positivement et en profondeur ce département aux multiples difficultés sociales comme économiques ? T.E  : C’est notre leitmotiv. Nous voulons des Jeux spectaculaires, mais également utiles pour ce territoire qui accueillera près de 80% des compétitions. Les Jeux doivent être un formidable accélérateur de changements pour ce territoire en plein développement. Au-delà des infrastructures nouvelles, comme le centre aquatique ou les logements des futurs villages olympiques et médias, qui seront implantées sur ce territoire, les Jeux vont permettre de créer de nouvelles opportunités en matière d’emploi, de former des populations aujourd’hui éloignées du marché du travail (NDLR  : une cartographie des emplois créés par les Jeux est actuellement en cours afin de faire coïncider l’offre et la demande), de désenclaver certains territoires grâce à de nouveaux aménagements urbains, de faciliter l’accès à la pratique sportive avec la mise à disposition de nombreux équipements de proximité, de réhabiliter des zones polluées en nouveaux espaces verts. On y travaille dès aujourd’hui, au quotidien. G.B  : Depuis Londres 2012, les Jeux Paralympiques mobilisent plus de public qu'auparavant mais les médias continuent de leur consacrer une bien plus faible part d'antenne et sur des chaînes secondaires. Paris 2024 peut-il avoir une quelconque influence pour améliorer les choses en ce domaine ? T.E  : La diffusion des Jeux Paralympiques à la télévision connaît depuis Londres 2012 une progression spectaculaire, en France comme à l’international. Mais au-delà de la diffusion de l’événement, les Jeux Paralympiques représentent une formidable opportunité de faire bouger les lignes dans notre société. Avec Paris 2024, nous travaillons autour de trois objectifs majeurs  : le développement de la pratique sportive pour tous sur l’ensemble du territoire ; le changement de regard sur les personnes en situation de handicap ; l’amélioration de l’accessibilité. Là encore, les défis sont immenses et la mobilisation de tous les acteurs sera déterminante pour améliorer durablement la prise en compte du handicap en France. G.B  : Avez-vous commencé votre « chasse aux sponsors » et êtes-vous confiant dans la capacité d'arriver au milliard d'euros que vous souhaitez ? T.E  : Nous avons annoncé notre premier partenaire, le Groupe BPCE, un an seulement après la victoire de Lima. Le Groupe BPCE et tous les autres partenaires économiques qui s’associeront à Paris 2024, sont des acteurs clés pour la concrétisation de nos ambitions. C’est notamment grâce à leur investissement que nous avons un modèle de financement à 97% privé. Mon ambition est de composer une « dream team » des entreprises françaises, de rassembler TONY ESTANGUET 7 L’ENTRETIEN Tony Estanguet présente les objectifs de Paris 2024, à l'occasion du dîner Choiseul 100 du 15 mars 2018 le meilleur de la France. Les Jeux sont une occasion historique de valoriser dans le monde entier les savoir-faire français et d’engager tout un pays autour d’un projet fédérateur. La preuve  : 92% des 15-25 ans soutiennent les Jeux. G.B  : On a le sentiment que « l'esprit olympique » est moins présent depuis les années 90 où la partie financière a pris le pouvoir. Même si c'est une réalité incontournable, espérez-vous que Paris 2024 puisse redonner vigueur à ce souffle venu de l'Antiquité ? T.E  : Pour avoir participé à quatre Olympiades, puis vécu les Jeux de Rio 2016 en campagne, je n’ai pas le sentiment que l’esprit olympique soit moins présent qu’auparavant. Il suffit de voir l’envie des athlètes du monde entier de prendre part aux Jeux, ou de partager l’engouement de tout un pays pour ce projet, pour constater que l’Olympisme et ses valeurs n’ont pas d’équivalents. La magie opère toujours. Mais mon ambition est d’aller un cran plus loin, de faire rêver, de surprendre. Je veux que les milliards de personnes qui suivront les Jeux de Paris 2024 aient des étoiles dans les yeux. Nous allons faire sortir le sport des stades, organiser des compétitions en plein coeur de Paris, et vous réserver plein d’autres surprises ! G.B  : Que va-t-il rester de l'héritage de Paris 2024 selon vous ? T.E  : Dès l’origine du projet, notre ambition a été guidée par la volonté de proposer un événement inoubliable, et de laisser un héritage durable. Nous voulons qu’il y ait un avant et un après Paris 2024. Au-delà des infrastructures nouvelles, les six ans qui nous séparent des Jeux vont nous permettre, avec l’aide des acteurs publics, de développer la pratique sportive pour tous, de placer le sport au cœur de notre société dans des domaines comme la santé, l’éducation, l’excellence environnementale… Il faut que 10, 15 ans après Paris 2024, on puisse se retourner et se dire que nos Jeux auront été un accélérateur. Propos recueillis par Gérard Bonos.



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