Choiseul Magazine n°5 sep à déc 2018
Choiseul Magazine n°5 sep à déc 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de sep à déc 2018

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Choiseul France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 10,3 Mo

  • Dans ce numéro : retour sur le Choiseul Africa Summit Abidjan...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 16 - 17  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
16 17
La banque, un secteur en pleine mutation humaine Sophie Breuil est membre du Directoire et Directrice de la Clientèle de la Banque Neuflize OBC. Elle nous livre sa réflexion sur la nouvelle génération de professionnels qui travaillent dans le secteur bancaire. Une génération qui, selon elle, démontre une grande maturité dans ses ambitions. La tribune de Sophie Breuil 16 Il n'y a pas si longtemps, deux qualités étaient absolument indispensables pour accéder à un poste de direction générale au sein d'une banque  : être un homme d'un certain âge et idéale ment inscrit au Bottin Mondain. Heureusement, ce prérequis a perdu tout son sens aujourd'hui. Quel chemin parcouru depuis vingt ans ! En à peine une génération, le secteur financier a démenti sa réputation de représentation masculine et paternaliste. Les grands établissements ont compris les bouleversements sociaux en cours. Ils ont remis en cause leurs certitudes, se sont féminisés, rajeunis, et ont exploré de nouvelles façons d'interagir avec les clients. Les voilà prêts à relever les prochains défis économiques. Autant l'avouer, cette dynamique d'ouverture ne doit rien au romantisme ni aux bons sentiments. Dans notre métier, ce sont les faits qui priment. Or, un phénomène majeur est à l'œuvre  : l'accélération du « rythme biologique » de la vie économique. Désormais, sous l'impulsion notamment des fonds de capital-investissement, le capital des entreprises de taille intermédiaire et des grands groupes tourne plus rapidement, tous les 5 - 7 ans, permettant aux cadres et actionnaires dirigeants de bénéficier d'une rémunération de leur performance dès le cap du moyen terme. Dans le même temps, nombreux « Notre mission consiste aujourd'hui à traiter toutes les questions connexes auxquelles ils sont confrontés  : l'immobilier, la transmission, les fondations, l'assurance sont les créateurs de start-ups, hommes ou femmes, qui n'hésitent plus à vendre leur participation avant même d'avoir atteint la quarantaine, voire la trentaine, pour mieux se lancer dans une nouvelle aventure entrepreneuriale. Résultat, une pléiade de talents, plus jeunes et plus féminins, se retrouvent désormais à la tête de véritables fortunes professionnelles. Avec une attente claire quand ils vont voir leur banquier  : avoir affaire à des gens qui maîtrisent leurs codes. Réinventer notre métier Face à cette évolution, à laquelle s'ajoutent la complexification permanente des produits financiers, la mondialisation des marchés et l’omniprésence de la réglementation, une maison de « haute couture » comme Neuflize
OBC a dû se montrer proactive. Nous avons pour ainsi dire réinventé notre métier. Avant, nous gérions des portefeuilles. Maintenant, nous gérons des patrimoines. Pour laisser l'esprit tranquille à nos clients, déjà très investis dans leurs propres projets, notre mission consiste aujourd'hui à traiter toutes les questions connexes auxquelles ils sont confrontés  : l'immobilier, la transmission, les fondations, l'assurance… Le banquier est devenu un chef d'orchestre de la relation client, qui fait appel, selon les situations, à un fiscaliste, un expert en fusion-acquisition ou à un spécialiste du marché de l'art et du mécénat. Sur la forme aussi, nous avons été amenés à repenser nos process. Neuflize OBC intègre ainsi progressivement le canal digital, afin de proposer aux détenteurs de comptes une expérience plus autonome concernant les opérations courantes. Enfin et surtout, ces dernières années, pour relever les défis sociétaires, nous avons diversifié nos embauches, sexe et âge, et donné notamment la chance à de nombreux juniors. Parmi eux, des profils variés, davantage de jeunes femmes. Les fameux millennials, c'est-à-dire la génération devenue adulte après l'an 2000. Mes fonctions de Directrice de la Clientèle de la Banque m'amènent à côtoyer au quotidien cette nouvelle génération de collaborateurs. C'est peu dire qu'ils m'impressionnent par leur personnalité. Ils ne semblent pas chercher à se mettre en avant ni fonctionner au carriérisme. Au contraire, ils semblent considérer la quête de statut et l'obsession des signes extérieurs comme complètement ringardes. La règle est plutôt le sens qu'ils donnent à leur 17 métier. Une impression de bienveillance et de mobilité intellectuelle se dégage à leur contact. Le sang neuf et l'ADN LA TRIBUNE CHOISEUL Au risque de choquer, ces comportements plus « agiles » représentent selon moi le signe d'une mutation profonde dans la fonction management. Je fais partie de ceux qui croient à une différence entre les femmes et les hommes quand ils occupent des postes à responsabilité. Historiquement, les premières recherchent surtout dans le travail une forme d'autonomie (et sont souvent promptes à douter d'elles-mêmes), alors que les seconds raisonnent davantage comme des conquérants, en quête de pouvoir et de reconnaissance. Pourtant, il me semble que la barrière des sexes est de plus en plus poreuse dans ce domaine. J'observe en effet chez nos jeunes recrues féminines moins de scrupules à affirmer une aptitude à décider et à commander. Tandis que leurs pairs masculins paraissent s'interroger plus ouvertement sur la finalité du succès  : simple aspiration statutaire ou moyen de faire avancer ses projets ? En somme, voilà des jeunes femmes qui affichent au grand jour leurs prétentions professionnelles. « Ces comportements plus « agiles » représentent selon moi le signe d'une mutation profonde dans la fonction de management. Et des jeunes hommes qui formulent les leurs avec plus de nuances. Dans un cas comme dans l'autre, ils ne regardent plus l'ambition, cette notion clé, comme un totem ou un tabou. Nous voyons ce vivier de juniors « ambitieux » comme une formidable opportunité. Car nous nous définissons essentiellement comme un établissement à taille humaine, qui se refuse à envisager les sujets sous leur seul angle technique. Pour nous, être banquier comporte une forte dimension affective et psychologique. Les origines de notre établissement remontent à 350 ans, ce qui en fait la plus ancienne institution bancaire française. Je suis persuadée que cette longévité s'explique par une culture axée autour des clients, reposant sur une capacité à comprendre et même à anticiper leurs besoins. Au cours des siècles derniers, nous avons tour à tour accompagné les promoteurs du transport maritime, de la prospection pétrolière, plus récemment de la production cinématographique ou encore de l'industrie pharmaceutique. Maintenant, c'est à travers le digital, le recyclable, le bio ou les nanotechnologies que se joue l'avenir. La nouvelle génération de banquiers est là pour se tenir aux côtés des futurs champions de ces métiers. Ce sang neuf ne fait que renforcer notre ADN.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :