Choiseul Magazine n°5 sep à déc 2018
Choiseul Magazine n°5 sep à déc 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de sep à déc 2018

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Choiseul France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 10,3 Mo

  • Dans ce numéro : retour sur le Choiseul Africa Summit Abidjan...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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des stratégies de contournement et la constitution de nouvelles filières basées sur des technologies locales – on le voit par exemple avec la 4 ème ligne du projet Yamal - LNG – sont mises en œuvre. Les sanctions américaines du 6 avril dernier et les deux projets annoncés début août par le Congrès et le Département d’État marquent une véritable escalade, aux conséquences difficilement prévisibles. Les gouvernements européens se contentent de protester – mollement, comme dans le cas du Nord Stream 2 – alors que leurs intérêts sont là aussi menacés par l’extraterritorialité des lois américaines ; ils semblent résignés à voir leurs entreprises subir de nouvelles pertes. L’économie russe est sortie de la crise l’an passé avec une croissance de 1,5%. Les estimations pour 2018 et 2019 se situent entre 1,5% et 2%. « Le risque de la Russie aujourd'hui n'est pas l'effondrement de son économie mais plutôt une trajectoire durablement médiocre L’inflation est à des niveaux historiquement bas (environ 2,5%), le solde commercial est largement positif grâce à la bonne tenue des cours des hydrocarbures, le budget fédéral sera excédentaire et l’Etat n’est pratiquement pas endetté (moins de 20% du PIB). La Russie semble donc assez solide sur le plan macro-économique. Les défis sont ailleurs  : comment retrouver un rythme de croissance de l’ordre de 3% - 4% ? Comment réduire les inégalités sociales, particulièrement spectaculaires, et les disparités régionales, qui se sont accentuées ces dernières années ? Le risque pour la Russie aujourd’hui n’est pas l’effondrement de son économie mais plutôt une trajectoire durablement médiocre. Vladimir Poutine en est conscient. Son adresse annuelle au parlement du 1er mars, dans laquelle il pointait le décrochage économique et technologique comme les principales menaces pour la Russie, en témoigne. Reste que la croissance ne se décrète pas, et que les objectifs économiques du Kremlin ne pourront être atteints sans une remise en cause de certaines rentes et fonctionnements constitutifs du système tel qu’il s’est mis en place depuis une quinzaine d’années. Au risque, donc, de turbulences. Or, c’est ce que souhaite éviter par-dessus tout le Kremlin. P.L  : Pour conclure, quel est l'état des lieux actuel de la relation France - Russie et quelles sont, selon vous, les chances d'un vrai « reset » de notre relation bilatérale ? A.D  : L e s r el at ion s f r anc o -r u s s e s t r aver s ent depu i s 2013 - 2014 une période compliquée, en raison notamment de profonds différends sur la Syrie et de la crise u k r ai nien ne. L a « dé c en nie dor é e » - de l a c onver genc e 12 LE LIVRE DE... Chirac-Poutine sur l’Irak à la vente des Mistral décidée par Sarkozy – est bel et bien derrière nous. Pour autant, les relations bilatérales sont au dessus de la moyenne russo-européenne. La récente visite du président Macron au Forum économique de Saint-Pétersbourg, un an après celle de Vladimir Poutine à Versailles, s’est mieux passée que prévue. Les lignes ont bougé sur la Syrie, par exemple. Les liens économiques restent très dynamiques  : aucune entreprise française n’a quitté la Russie ces dernières années, signe d’une grande confiance dans les perspectives de ce marché. Les coopérations culturelles et scientifiques sont elles aussi solides et le Dialogue de Trianon contribuera sûrement à entretenir cette dynamique. L e s pr oblème s d a n s le s r el at ion s f r anc o -r u s s e s s ont cependant nombreux. Le principal est celui de la confiance au niveau politique. L’affaire Skripal et les récents développements en Centrafrique – aussi inattendus les uns que les autres – ne contribuent pas à la renforcer. Il est également à craindre que l’Ukraine consitue un obstacle durable à une normalisation de nos relations politiques. Le fait que la Russie soit devenue un sujet de politique intérieure française – voire un marqueur idéologique – est en outre très préjudiciable. Les récents emballements autour de l’affaire Benalla sont de ce point de vue riches d’enseignements. Il faut enfin mentionner le fond informationnel très négatif de part et d’autre et la puissance, au sein de la haute administration française, de réseaux néo-conservateurs puissants et idéologiquement très hostiles à toute coopération avec la Russie. Un reset n’est donc pas le scénario le plus probable à court terme, mais les bases d’un rapprochement sont toujours là  : nos peuples éprouvent toujours une forte appétence mutuelle, et nos pays gagneraient sûrement à se retrouver. Propos recueillis par Pascal Lorot.
TRIBUNES 14 14 16 Gianmarco Monsellato L'industrie 4.0 face à l'écueil de la fiscalité 18 Mathias Vicherat La SNCF, acteur de la renaissance de la marque patrimoniale Orient-Express 13 Sophie Breuil 16 18 La banque, un secteur en pleine mutation humaine



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