Choiseul Magazine n°4 mai à aoû 2018
Choiseul Magazine n°4 mai à aoû 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de mai à aoû 2018

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Choiseul France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 3,3 Mo

  • Dans ce numéro : Choiseul et la santé...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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PORTRAIT CHOISEUL Elle regarde toujours son interlocuteur intensément. Comme si lui seul comptait le temps de la conversation ; son sourire plein de charme et ses grands yeux ne vous quittent jamais. Son extrême courtoisie se double d’une puissante capacité de concentration qui a dû lui être utile quand elle était jeune lycéenne, en rouge et blanc de la Our Ladies of Lourdes College, dans la banlieue de Bamenda, ville de l’Ouest du Cameroun située « Cette brillante carrière lui vaut de faire partie, à 42 ans, des vingt jeunes femmes les plus influentes d'Afrique selon Forbes. dans la partie anglophone. Une région qui désespère de se faire reconnaître par les 80% de la partie francophone, restée dans le déni de cette différence. C’est sans doute cette même puissante attention qu’elle avait quand, étudiante à l’université catholique de Louvain-la-Neuve, elle décroche son doctorat en économie mathématique du Centre de Recherche Opérationnelle et d’Économétrie. Ensuite, direction les États-Unis. Après un passage de trois ans à l’université du Michigan, elle part comme professeure invitée à l’université de Californie du Sud. Travaillant en parallèle à la Banque de la réserve fédérale de Minneapolis. Publiant également de nombreux articles L'Afrique au coeur ! Vera Songwe, Secrétaire générale-adjointe de l'ONU Vera Songwe nous a fait l'honneur d'animer un déjeuner du Club Choiseul Africa en mars dernier. Ici aux côtés de M. Sidos, PDG de Vicat. 8 Vera Songwe est alumni du classement Choiseul 100 Africa sur, entre autres, la gouvernance et la politique budgétaire. Puis c’est le début de sa carrière internationale quand, en 1998, elle entre à la Banque Mondiale comme jeune cadre pour la région « Asie de l’Est & Pacifique » en tant que coordinatrice sectorielle. En 2007, retour à Washington comme conseillère de la très respectée Ngozi Okonjo-Iweala, devenue Directrice générale de l’institution après avoir été plusieurs fois ministre de son pays, le Nigéria. Ce qui n’empêche pas la jeune Vera de continuer les missions sur le terrain comme aux Philippines, au Cambodge, en Mongolie ou encore au Maroc. En 2011, retour à plein temps vers l’opérationnel, comme patronne de la Banque mondiale pour le Sénégal, le Cap-Vert, la Gambie, la Guinée-Bissau et la Mauritanie. Une région où elle va étendre son périmètre de responsabilité quelque temps plus tard sur 23 pays, en 2016, prenant la direction du « Bureau Afrique de l’ouest et Afrique centrale » de la « Société financière internationale », filiale de la Banque mondiale en charge du privé.
Entre temps, en 2013, cette brillante carrière lui vaut de faire partie, à 42 ans, des vingt jeunes femmes les plus influentes d’Afrique selon le magazine Forbes. Dès lors, il n’y a rien d’étonnant qu’en avril 2017, devenue Secrétaire générale-adjointe de l’ONU, elle prenne en charge la CEA, Commission Économique pour l’Afrique, institution chargée d’alimenter les stratégies des gouvernements africains en matière de développement. Selon le journal Le Monde, se référant au blog que Vera Songwe tient sur le site de la Brooklyn Institution, ses actions vont sans doute se concentrer en grande partie sur  : « la fiscalité, les sources de financements innovants, l’agriculture, l’énergie et la gouvernance économique » (1). Autant de sujets qui, pour elle, tiennent compte de la spécificité d’une grande partie de l’Afrique, comme elle l’a souligné lors d’un colloque à Marrakech  : « 70% des actifs dépendent encore de l’agriculture. Ils travaillent trois mois par an et le reste du temps ils sont au chômage. Pour eux, qui continuent de vivre avec moins de 2 dollars par jour, notre débat sur la croissance est une illusion » (2), ramenant ainsi le débat sur des réalités concrètes, loin des théories fumeuses. 9 VERA SONGWE « La première priorité est de remplir les objectifs de développement durable dans les dix prochaines années Vera Songwe, ici avec Pascal Lorot, est également membre du Comité stratégique de l'Institut Choiseul LE PORTRAIT CHOISEUL Femme d’action autant que de réflexion, elle définit des priorités réalistes. Ainsi, comme elle le déclarait lors d’un déjeuner-débat organisé en mars 2018 par l’Institut Choiseul  : « La première priorité est de remplir les objectifs de développement durable dans les dix prochaines années en installant d’abord une véritable stabilité macroéconomique. Ensuite par une mobilisation des ressources internes et la construction d’un secteur privé solide et moderne afin de créer des emplois pérennes ; tout en se souciant des populations les plus vulnérables », la Secrétaire-générale de l’ONU est consciente, plus que quiconque, de la véritable épée de Damoclès que représente le défit climatique et ses conséquences tragiques sur une partie du continent. Avec, en point d’orgue, une stratégie volontariste sur l’Éducation – des femmes notamment –, comme elle le souligne au journal Financial Afrik  : « Dans un pays comme le Sénégal, ils sont 100 000 jeunes à se retrouver annuellement demandeurs d’emploi. Vous remarquez que tout est lié, c’est pourquoi il faut développer davantage l’éducation en Afrique et passer avec succès l’étape de la transformation structurelle des économies africaines » (3). Un secteur privé, partenaire essentiel, en fort développement grâce à la quatrième révolution industrielle, permettant à l’Afrique de faire un spectaculaire bond technologique. D’où émerge une nouvelle génération d’entrepreneurs, en profonde rupture avec les précédentes, tant sur la forme que sur le fond. De jeunes patrons qui ont permis l’émergence d’une classe moyenne ne cessant d’augmenter d’année en année. Un contexte d’autant plus encourageant que Vera Songwe veut également « jeter les bases institutionnelles nécessaires pour que se développe en priorité le commerce intra-africain ». Rappelant, lors de cette même rencontre, que le commerce entre pays africains est passé de 6 à 12% en quelques années seulement, elle espère arriver à 35% dans les quinze prochaines années. On le voit, les chantiers macroéconomiques sont nombreux et la tâche immense, mais la très volontaire Secrétaire générale-adjointe des Nations Unies se plaît à citer la phrase de Nelson Mandela qu’elle a faite sienne  : « It is impossible untill it is done », « C’est impossible jusqu’à ce que cela soit fait », exégèse de la formule de Churchill (4). A voir sa force de caractère, on se dit qu’avec elle, rien n’est impossible. Propos recueillis par Gérard Bonos. (1) - Article de Laurence Caramel dans le journal Le Monde du 18 avril 2017 (2) - Ibid (3) - Interview réalisée par Albert Savana pour Financial Afrik, en décembre 2017 à Niamey, à l’occasion de la réunion des ministres du Commerce africain. (4) - « Tout le monde disait que c’était impossible à faire. Puis un jour quelqu’un est arrivé qui ne le savait pas, et il l’a fait » (Winston Churchill)



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