Choiseul Magazine n°4 mai à aoû 2018
Choiseul Magazine n°4 mai à aoû 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de mai à aoû 2018

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Choiseul France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 3,3 Mo

  • Dans ce numéro : Choiseul et la santé...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Ailleurs, de nombreuses revendications de nations indiennes souvent à cheval sur deux frontières se retrouvèrent de façon régulière (Équateur, Chili, Argentine, Brésil). En Amérique du Nord, et notamment au Canada, l’indépendantisme québécois a été particulièrement actif dans les années 1970-1990. Aujourd’hui, il semble s’être modéré par la pression des circonstances – la majorité de la population s’étant opposée à l’indépendance par référendum. Aux États-Unis, seul Hawaï et Porto-Rico ont longtemps maintenu un irrédentisme local (Cuba annexée un temps se sépara très vite). Dans la première île, une partie de la population considérait l’annexion puis l’intégration aux États-Unis comme illégale. La deuxième, refusant le statut de territoire, développa de véritables velléités d’indépendance avec un terrorisme très actif sur le sol américain dans les années 1960-1970. Les communautés amérindiennes ont également fait entendre leur voix à plusieurs reprises (anniversaires du massacre de Wounded Knee, du 29 décembre 1890), notamment à travers les revendications des indiens Lakota vis-à-vis du Dakota du Sud. Mais c’est plus le refus du modèle américain par une partie de la communauté noire qui a constitué l’attaque la plus violente à l’unitarisme de ce pays. Les symboles majeurs, le « We Americans », le serment et le drapeau ont été remis en question par la branche la plus radicale du mouvement noir. En effet, le melting pot intégrateur américain a été rejeté dans les années 1960-70 par le « nationalisme noir » – celui des Black Panthers et celui qui a choisi l’islam comme rejet du modèle dominant (Nation of Islam d’Elijah Muhammad, MohammedAli, MalcomX, Louis Farrakhan…) Muhammad est allé le plus loin dans la logique de communautés séparées puisqu’il a défendu la ségrégation raciale au profit des Afro-américains eux-mêmes (soit un librement consenti et recherché.) À l’inverse de la « crise d’angoisse » de Samuel Huntington envers la « latinisation » (pourtant peu revendicative) des États-Unis peut-être lue comme la peur d’une perte d’une identité. Cependant, dans ce pays, composé d’une multitude de différences, la solidité se trouve sans doute dans la simplicité de l’adhésion et dans le désir de la plupart des immigrés. Conclusion L’affaire catalane est-elle un chant du cygne ou le début d’un mouvement inexorable ? En Irak, la tentative kurde a été tuée dans l’œuf par des États qui ne veulent pas de cette indépendance. Plus près de nous en France, les attentats contre Charlie hebdo et l’Hypercasher ont secoué le corps social français et le sentiment national. Derrière le « je suis Charlie » se profilait un fort « Je suis Français » et, de l’autre bord, les assassins, nés français, ne se reconnaissaient plus comme tels. Qu’est-ce que cela veut dire ? La « Grande Nation », sobriquet dont nous qualifient parfois un peu ironiquement les Allemands, est-elle aussi solide que nous affirment les monuments aux morts, les statues et les slogans gravés aux frontispices des monuments ? En l’espace de cinq ans le Le palais des Cortes à Madrid, qui abrite le congrès des députés de l'État espagnol 42 GÉOÉCONOMIE « cocotier » national a été très sérieusement secoué ! Si la nation chancelle, c’est autour de l’État que tout tourne ; or l’État ne tourne pas forcément rond depuis quelques décennies ! Il ne faut donc pas voir la situation en Catalogne comme un avatar qui n’arrive qu’aux autres. Il est impossible de savoir quel avenir attend l’Espagne et sa province sécessionniste. Mais « quand le melon est coupé », comme on le dit à Barcelone, « on ne peut pas le refermer. » L’Espagne s’engage donc, qu’elle le veuille ou non dans une voie nouvelle (fédération, séparation, pourrissement, etc.) De notre côté, on pensera plutôt avec Ernst Gellner que « c’est un mythe que de considérer les nations comme un moyen naturel, donné par Dieu, de classer les hommes et de considérer les nations comme une destinée politique naturelle même si leur venue est tardive. (…) Pourtant nous ne devons pas accepter ce mythe. Les nations ne se sont pas inscrites dans la nature des choses, et elles ne constituent pas une version politique de la doctrine des espèces naturelles. » Le défi posé par la Catalogne n’est pas posé qu’à l’Espagne, il est posé à toute nation. À sa façon, Daech en affiche un autre bien qu’autrement mortifère. C’est la capacité à faire cohabiter sur un même espace national des différences, qu’elles se traduisent par la langue, la religion, la couleur de peau, ou les pratiques sociales. Pour survivre, la nation, et, pour ce qui nous occupe, la nation française doit être repensée. C’est le chantier qui s’ouvre devant nos yeux aujourd’hui même et pour demain.
PREMIER DÎNER DU COMITÉ STRATÉGIQUE CHOISEUL Le première réunion du Comité stratégique de l’Institut Choiseul a eu lieu le 1er février 2018. Réunissant 26 personnalités issues du monde économique dont six venant d’Afrique, véritable creuset d’échanges et de débat, il a pour objectif de guider et d’alimenter la réflexion stratégique et d’identifier, au côté de Pascal Lorot, les priorités d’actions de l’Institut. Sami Agli Président-directeur général, groupe Agli (Algérie) Hassan Ba Conseiller spécial du président-directeur général, OCP (Sénégal) Isabelle Bébéar Directrice de l’international, BPI France Marguerite Bérard-Andrieu Responsable de la banque de détail en France, Membre du Comex, BNP Paribas Sophie Blégent-Delapille Directrice générale, cabinet d’avocats TAJ Yannick Bolloré Président-directeur général, Havas Group Philippe Carle Président, Marsh & McLennan Companies France Fabrice Domange Président du directoire, Marsh France Hisham El-Khazindar Co-fondateur et Directeur général, Qalaa Holdings (Égypte) Jean-Pierre Frémont Directeur, EDF Collectivités Vice-président, Institut Choiseul Michael Fribourg Président-directeur général, Chargeurs Michel Gardel Ancien Vice-président, Toyota Motor Europe Vice-président, Institut Choiseul Le comité stratégique Choiseul est composé de  : Angélique Gérard Présidente-directrice générale, MCRA Groupe Iliad 43 Yannick de Kerhor Associé, Transactions and digital transformations – EY Briac Le Lous Directeur général, Urgo Healthcare Thierry Morin Président, TMC Nadra Moussalem Directeur général Europe, Colony Northstar Sahbi Othmani Président-directeur général, NCA-Rouiba (Algérie) Agnès Pannier-Runacher Directrice générale déléguée, Compagnie des Alpes Benjamin Patou Président, Moma Group Philippe Peyrat Directeur général, Fondation Engie Vice-président, Institut Choiseul Guy Sidos Président-directeur général, groupe Vicat Vera Songwe Secrétaire exécutive, Commission économique pour l’Afrique (CEA) Secrétaire générale adjointe, Nations unies (Cameroun) Mehdi Tazi Président-directeur général, Belassur (Maroc) Régis Turrini Ancien secrétaire général, groupe SFR Mathias Vicherat Directeur général adjoint, SNCF COMITÉ STRATÉGIQUE



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