Choiseul Magazine n°4 mai à aoû 2018
Choiseul Magazine n°4 mai à aoû 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de mai à aoû 2018

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Choiseul France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 3,3 Mo

  • Dans ce numéro : Choiseul et la santé...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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GÉOÉCONOMIE LA CATALOGNE ET LA FIN DE 38 L'ÉTAT-NATION ? Par Par Jean-Paul Dominique Maréchal Ristori Par Dominique Ristori Par Jean-François Daguzan Dominique Jean-Paul Ristori Maréchal est Après maître des conférences études de droit en Après et Sciences des études économiques Po, Dominique de droit et à Dominique Science Po, Ristori Dominique est... Ristori l’Université entre Rennes à la Commission Il est entre européenne également à la Commission chercheur où, en plus 2. Ristori au européenne de trente Laboratoire ans, où, il en a d’économie trente nombreux tenu plus de et ans, de sciences il postes a tenu de sociales de direction. Il a notamment nombreux Rennes postes (LESSOR). de de direction. été à la En Il a 2011, notamment il publie été à Chine/la tête tête du secteur de l’énergie USA du secteur  : le Climat de l’énergie en jeu nucléaire. éditions Choiseul. nucléaire. aux Depuis janvier 2014, il est Humaniser Depuis janvier 2014, l’Économie, il est directeur est directeur paru général général aux de l’Énergie. éditions à l’Énergie à la Commission de Brouwer euro- en Desclée 2017. Pour péenne. ce numéro de la Revue Choiseul, Pour ce numéro Dominique de Ristorseul nous la fait Revue, part Dominique des avan- Choi- CNRS Éditions, 2015. cées Ristori européennes nous fait part dans des le domaine avancées de l’énergie européennes et des ambitions dans le domaine de la Commission de l’énergie et ce des sujet ambitions capital au de bien- la pour être Commission de tous les pour citoyens ce sujet européens. Après des études de droit et Science Po, Dominique Ristori entre à la Commission européenne où, en plus de trente ans, Jean-François il a tenu de Daguzan nombreux postes est directeur de direction. adjoint Il a de notamment la Fondation été à la tête pour du secteur recherche de l’énergie stratégique, nucléaire. la Depuis président janvier du 2014, conseil est directeur scientifique général de à l’Institut l’Énergie à Choiseul, la Commission auteur européenne. de La Pour fin de ce l’État-nation numéro de Choiseul ? De la Revue, Dominique Ristori Barcelone à Bagdad, nous fait part des avancées européennes dans le domaine de l’énergie et des ambitions de la Commission pour ce sujet capital au bien-être de tous les citoyens européens. capital au bien-être de tous les citoyens européens.
La déclaration unilatérale d’indépendance de la Catalogne le 27 octobre 2017 ouvre un espace de crise inhabituel en Europe. Déjà, des exemples comme l’Écosse ou la rupture wallono-flamande avaient secoué fortement ici ou là l’édifice national, mais ce dernier évènement résonne plus fort et plus loin ! Certes, ce phénomène de fragmentation des espaces et des identités nationales n’est pas nouveau ni réservé à une région du monde. L’État-nation issu des reconfigurations du XIX e siècle (le « chef d’œuvre du XIX e » selon les mots de Raymond Aron), n’est pas un modèle immuable et figé et sa remise en cause par le bas (les régions), par le haut (les entités supranationales fédérales ou para-fédérales) ou par des structures beaucoup plus anciennes (les tribus, les clans, les villes, etc.) interroge sur la solidité et la durabilité de certains y compris ceux considérés comme les plus affermis. « L’État-nation est aujourd’hui en crise. Celle-ci est la résultante de deux phénomènes  : l’affaiblissement de l’État comme agent régulateur et la crise idéologique de la nation comme formation sociale organisée par l’État. » disait Alain Dieckhoff, il y a 25 ans. Cela ne s’est pas arrangé, au contraire. Le phénomène de délitement de l’État-nation observé depuis quelques années s’accompagne désormais de celui de l’État tout court. Les années 1990, date d’une profusion de travaux, correspondaient à la fois à l’éclosion d’un nouveau phénomène national et à l’inquiétude politique et intellectuelle qui a suivi l’effondrement de l’Union soviétique. Souvenons-nous que deux États constitués après la première guerre mondiale ont disparu ; l’un par la négociation (Tchécoslovaquie), l’autre par la violence (Yougoslavie) et un dernier a surgi par les mêmes moyens (Kosovo). Aujourd’hui, ce qui frappe c’est l’accélération du phénomène sécessionniste. Au Proche et au Moyen-Orient, comme en Afrique, des mouvements politiques comme les revendications kurdes, l’état islamique en Irak et au Levant (Daech) ou Boko Haram, remettent explicitement en cause les frontières héritées de la colonisation et, pour les deux dernières, la nature de l’État. Dans ces mêmes zones, des interventions extérieures occidentales mal préparées ont entraîné une fragmentation brutale de l’espace national (Irak, Libye, Syrie, Yémen) sans que l’on puisse prédire qu’il se reconstitue jamais. L’indépendantisme écossais, les revendications catalanes (et basques), la fracture belge, la crise d’identité française ont montré que de « vieux » États pouvaient être fortement secoués par des secousses internes profondes. Trois des États européens – deux très anciens et l’autre constitué au XIX e siècle – en Europe sont en crise profonde (Espagne, Grande-Bretagne, Belgique). 39 Certes les causes et les facteurs déclenchant divergent (guerre civile, conflit, intervention extérieure, crise économique, crise d’identité, etc.) et les revendications d’indépendance et les fractures en Europe occidentale ont des sources différentes. On ne peut pas mettre en perspectives les indépendantismes catalans et basques cristallisés par 35 ans de dictature impitoyable (que 40 ans de démocratie n’ont pas purgés) avec celles des Écossais – plus une somme de frustrations que de considérations historiques – ou des Milanais marquées par un égoïsme économique petit bourgeois face au « va-nu-pieds » sudiste (la séparation tchèque et slovaque s’étant bâtie sur un modèle assez similaire). Le résultat est pourtant le même  : la solution d’une crise semble être à chercher pour ces mouvements dans un modèle politique resserré et exclusif voire sécessionniste. De fait, ce qui frappe dans les revendications actuelles, c’est cette conscience intime du « nous seuls ». Le fait que le positif ne peut provenir que d’un avenir exclusif et resserré (y compris au plan démocratique). C’est pour cela que l’on peut concevoir cette nouvelle catégorie d’État-nation en construction comme « l’État SinnFéin » puisque le mouvement de l’indépendance irlandaise a assumé cette devise comme porte drapeau dans sa traduction initiale  : « nous-seuls », « we self » en anglais. Le parti actuel, fai-



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