Choiseul Magazine n°4 mai à aoû 2018
Choiseul Magazine n°4 mai à aoû 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de mai à aoû 2018

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Choiseul France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 3,3 Mo

  • Dans ce numéro : Choiseul et la santé...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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L’avenir n’a pas à nous inquiéter. Il a à être préparé. En ce moment même, tout un écosystème de personnes très talentueuses, souvent expertes du digital, se met en place avec une volonté commune  : travailler très dur à imaginer l’avenir de notre secteur immobilier. Anticiper les usages de demain Immobilier  : l'avenir est déjà là ! Pauline Duval est directrice générale du groupe Duval. Après avoir étudié la gestion à l’Université Panthéon Assas (Paris II), Pauline Duval finit ses études au Metropolitan College of New York dont elle est diplômée en General Management. De retour en France en 2012, elle rejoint le groupe familial. Elle devient directrice de la stratégie du groupe en charge du développement, de la diversification et de la digitalisation des activités du Groupe Duval avant d'en prendre la direction générale en 2016. Elle est égalemen lauréate du Choiseul 100 2018. S’il est vrai qu’en matière de digital, il n’y a pas de certitude, j’aurai naturellement tendance à avoir une autre démarche  : m’éloigner des usages pour m’inspirer de l’environnement suivant la réflexion d’Henry Ford  : « Si j'avais demandé aux gens ce qu'ils voulaient, ils auraient répondu des chevaux plus rapides ». De nombreuses entreprises risquent d’échouer dans ce processus d’anticipation des usages de demain et certaines ont déjà perdu beaucoup d’argent dans une course à la digitalisation de leurs usages actuels. Les échecs d’initiatives et de prises de contrôle conduites par excès d'optimisme d'il y a quelques années ne doivent pas cacher les succès inspirants. Chaque jour, je vois des entrepreneurs innovants imaginer des solutions déconnectées de nos usages actuels pour imaginer les usages de demain. Evidemment, personne ne connaît aujourd’hui l’innovation qui, demain, aura un impact radical sur l’immobilier, ce marché si conservateur aux cycles longs. Pourtant, la clé de notre avenir me paraît davantage résider dans cette démarche. J’ai toujours préféré l’incertaine prise de risques au confortable conservatisme. L’un permet l’enthousiasmante innovation. L’autre n’assure qu’un implacable immobilisme. Pourquoi ? Parce que j’ai acquis la conviction que l’environnement historique de ces mutations s’appelle  : la révolution FinTech. L'industrie des FinTech – à l’image des systèmes de paie- La tribune de Pauline Duval 12 ment en ligne, des plateformes de financement participatif ou de crédits en ligne – nous fournit la base de la révolution immobilière de demain. J’ai soutenu et vu grandir des jeunes pousses FinTech comme Lydia. Cette application de paiement mobile annonce aujourd’hui plus d’un million de clients. C’est dire à quel point cette application a su surmonter beaucoup de rigidités, y compris réglementaires. Leur expérience peut nous apprendre beaucoup, notamment parce que ses équipes n’ont pas imaginé le paiement de demain en cherchant à imaginer le chèque de demain. « Les mutations aussi nombreuses que les nouvelles technologies vont permettre d'offrir des expériences inoubliables à nos clients tout en facilitant le quotidien de nos collaborateurs. Ne nous en privons pas. C’est la raison qui me fait dire que la relation entre Fin- Tech, RealEstech, LegalTech et InsurTech est essentielle. Le second élément à prendre en compte pour tenter de mesurer l’impact de la révolution que va vivre notre secteur, c’est de prendre en compte le contexte de ces mutations. Qu’en est-il ? Elles s’appellent notamment économie de partage, blockchain et intelligence artificielle. À partir de ces données, quelle formule donnera le meilleur résultat ? L’avenir le dira. Mais, déjà, il se préfigure. Pour le secteur immobilier, nous sommes par ailleurs ha-
bitués à des intermédiations (coûteuses) qui vont disparaître avant de devoir se réinventer ou l’inverse. L’immobilier de demain, c’est un monde où, nous, promoteurs, gestionnaires et investisseurs immobiliers, devenons des tiers de confiance. En décentralisant et en devenant trustful, ces technologies perturberont une grande partie de nos métiers actuels dont la plus-value réside justement dans cette garantie de fiabilité. La révolution digitale de l'immobilier On voit se dessiner un nouveau monde immobilier, dont les mutations technologiques et sociétales auront aboli toutes les frontières. Je vois émerger une tendance du discours politique à identifier et à combattre les rigidités. C’est déjà un grand pas en avant. Les technologies feront tomber tous les facteurs bloquants qui sont pourtant aujourd’hui notre quotidien. Les transactions seront facilitées et accélérées, les droits de propriété fluidifiés et liquéfiés, et les questions de calendrier n’existeront plus puisque le temps réel aura pris le pas sur les rythmes antérieurs. Les transactions qui ont aujourd’hui besoin de temps, de proximité, d’intermédiations et de relations privilégiées seront dès lors totalement réinventées et transformées. L’une des questions à surmonter est que cette révolution de l’immobilier va d’abord faire disparaître les emplois les moins qualifiés, d’où l’importance de la formation. Certains emplois vont disparaître. D’autres vont naître. Il faut avoir le courage d’imaginer l’immobilier de demain. Un monde aussi mobile que créatif et agile. Comme cela se passe dans beaucoup d'autres secteurs, la technologie a déjà commencé à perturber la façon dont l'immobilier traditionnel fonctionne. Elle ne l’a pas encore déstabilisé. Cela ne saurait tarder. Les mutations aussi nombreuses que les nouvelles technologies vont permettre d’offrir des expériences inoubliables pour nos clients tout en facilitant le quotidien de nos collaborateurs. Ne nous en privons pas. La solution est devant nos yeux  : l’audace. 13 LA TRIBUNE CHOISEUL Ces innovations vont remplacer la plupart des propositions de valeur qui ont été les nôtres jusque-là par statu quo sur le marché de l'immobilier. Les années qui viennent sont un moment pour les investisseurs en capital-risque mais aussi pour nos entreprises qui vont devoir réévaluer la façon dont elles perçoivent les progrès technologiques et l'évolution des comportements des consommateurs qui ont pris la conduite du changement et dicteront le dynamisme du prochain cycle immobilier. « On voit se dessiner un nouveau monde immobilier, dont les mutations technologiques et sociétales auront aboli toutes les frontières. Cela doit nous donner une énergie décuplée, pour nous inciter à faire preuve de la plus grande des créativités. Enfin, nous devons aborder ces mutations avec optimisme car jamais aucune génération n’a connu autant de changements. Ils sont autant d’opportunités à exploiter pour continuer d’être fiers de porter les couleurs de l’une des plus belles industries mondiales  : l’immobilier. Retenons que les plus audacieux bénéficieront d’une longueur d’avance qui représentera un véritable avantage financier dans la compétition économique. Soyons donc aussi audacieux que possible. Ces technologies de rupture ont sans doute encore du chemin à parcourir avant de devenir une norme de nos marchés. Une seule chose est certaine  : l’immobilier de demain est celui dessiné par la prise de risques aujourd’hui. Ces mutations nous imposent de nous inspirer de l’agilité et de la réactivité de ceux qui savent bousculer les codes d’un monde immobilier engourdi. Inspirons-nous-en. Pauline Duval à côté de Pascal Confavreux, également lauréat du Choiseul 100, lors du diner du 15 mars 2018 célébrant le lancement du dernier classement C100 2018.



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