Choiseul Magazine n°3 jan à avr 2018
Choiseul Magazine n°3 jan à avr 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de jan à avr 2018

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Choiseul France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 3,4 Mo

  • Dans ce numéro : retour d'Astana.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Après les accords de Paris, une véritable action diplomatique pour la fôret s’impose Ancien député, Jean-Yves Caullet est maire d’Avallon et président du conseil d’administration de l’Office national des Forêts. Il est également vice-président de l’Institut Choiseul. Face aux défis du dérèglement climatique, l’accord de Paris fera date, en particulier parce qu’il marque de façon irréversible et quels que soient les atermoiements ultérieurs, la prise de conscience universelle de la réalité du risque et de la nécessité d’agir au niveau planétaire. Pour le plus grand nombre, les échéances peuvent sembler lointaines. Pour les plus exposés, elles sont menaçantes, et pour les forestiers de tous les pays, habitués à penser le siècle, elles font déjà partie du quotidien. Parce que la forêt, sous toutes les latitudes, fixe le CO 2 et fournit des matériaux bio-sourcés qui se substituent à des produits fossiles émetteurs de gaz à effet de serre, elle est un atout pour lutter contre le réchauffement du climat. Parce qu’elle vit La tribune de Jean-Yves Caullet 16 dans le long terme, et que le changement du climat va modifier ses conditions de croissance et parfois mettre sa pérennité en péril, elle est une victime potentielle du dérèglement dont l’activité des hommes est la cause. Parce qu’elle semble éternelle et immense, sa fragilité n’est pas évidente et elle a souvent été et demeure parfois une variable d’ajustement. « Le thème de la forêt, parce qu’il nous impose le long terme, peut servir à la fois de révélateur des différences du moment et des convergences ou analogies historiques. Au cours de son histoire, notre pays a connu de grands déséquilibres entre les activités humaines et la forêt, depuis les grands défrichements du Moyen Âge jusqu’à la surexploitation énergétique de la fin du XVIII e siècle, mais il a su créer les outils de la gestion durable, qui permettent de garantir à terme les bénéfices collectifs que procure la forêt aux plans économique, social, et environnemental. Aujourd’hui cela ne suffit plus, car c’est le contexte même de l’existence des forêts du monde qui est en déséquilibre ; alors, forts de l’expérience du passé qui donne une certaine responsabilité vis-à-vis des générations futures, nous devons agir. La France, acteur majeur des accords de Paris, doit se mobiliser pour aider la forêt du monde à continuer d’aider l’humanité face au danger climatique. Regardons la carte des forêts du monde, regardons la carte de la francophonie, elles se superposent grandement en Afrique, en Asie et dans les Amériques, quel beau point de départ pour une action collective de long terme ! Avec modestie et détermination, prenons l’initiative d’une véritable diplomatie forestière. Comme il se doit dans toute action diplomatique multilatérale, la première des exigences sera de s’écouter et de se comprendre pour tenter de s’accorder au nom d’un intérêt général supérieur. Le thème de la forêt, parce qu’il nous impose le long terme, peut servir à la fois de révélateur des différences du moment et des convergences ou analogies historiques. Par exemple, si la forêt française a cru de 50%
« La France, acteur majeur des accords de Paris, doit se mobiliser pour aider la forêt du monde à continuer d’aider l’humanité face au danger climatique. au cours du dernier siècle et continue de croître de 0,6% par an, ce ne fut pas toujours le cas, et les motivations et circonstances des grands défrichements du Moyen Âge ou des débuts de l’ère industrielle se retrouvent dans les situations où la forêt recule aujourd’hui. L’analyse de notre évolution historique peut et doit être partagée pour trouver les voies de l’avenir commun à partir des situations contrastées. Car aujourd’hui comme hier et ici comme ailleurs, les faibles rendements agricoles nécessitent de plus grandes surfaces pour produire et sont cause de défrichements, la faible performance des appareils de cuisson ou de chauffage engendrent une forte consommation de bois, la faiblesse des moyens de transport concentre la récolte sur des surfaces de proximité où la forêt ne se régénère plus et où le sol s’appauvrit, et une gouvernance centralisée fait la part belle aux récoltes non durables et ne permet pas d’optimiser les choix d’aménagement du territoire… De même, la comparaison des systèmes juridiques de propriété et de gestion de la forêt suivant les pays, est un facteur d’évolution et de progrès communs. Chaque pays a beaucoup à apprendre et à partager en cette matière commune à l’humanité qu’est l’évolution et l’avenir des forêts dont on néglige trop souvent l’aspect éthique et culturel. Rapport de Jean-Yves Caullet au Premier ministre, juin 2013 17 LA TRIBUNE CHOISEUL Cette action diplomatique nouvelle devra également dépasser le cadre des discussions entre États. Comme pour la diplomatie du climat, il faudra construire un socle commun de connaissances, les diffuser largement, mobiliser les sociétés civiles et leurs relais associatifs mais aussi les collectivités locales, premier lien d’émergence d’un intérêt général dépassant la somme des intérêts particuliers. Lors de la COP 22 à Marrakech, j’ai pu mesurer l’intérêt porté à la forêt par de très nombreuses délégations en participant à un évènement spécifique sur les questions forestières. Poursuivons ce type d’initiative dans la continuité des accords de Paris, afin que les forestiers, les citoyens et les responsables politiques conjuguent leurs efforts pour relever les défis des forêts du siècle qui vient. La forêt du monde, dans sa biodiversité, dans sa générosité, rendra au centuple leurs efforts aux futures générations.



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