Choiseul Magazine n°3 jan à avr 2018
Choiseul Magazine n°3 jan à avr 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de jan à avr 2018

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Choiseul France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 3,4 Mo

  • Dans ce numéro : retour d'Astana.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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LE LIVRE DE... Robin Rivaton a commencé sa carrière au Boston Consulting Group, un cabinet de conseil en stratégie avant de devenir conseiller du PDG d’Aéroports de Paris, Augustin de Romanet. En septembre 2016, il devient directeur général de Paris Region Entreprises, agence en charge de l’attractivité et de la promotion de l’Île-de- France. Il devient également coordinateur de la cellule « Choose Paris Region ». Investi dans le débat public depuis plusieurs années, Robin Rivaton est membre de divers think tanks et s’exprime régulièrement lors de conférences ainsi que dans les médias français et étrangers. Impliqué dans l’écosystème d’innovation, il a fondé Real Estech, la 1ère communauté de l’innovation dans l’immobilier en Europe. Il a siégé au comité de supervision de fonds d’investissement et est administrateur indépendant d’un groupe industriel de 250 millions de chiffre d’affaires. Robin Rivaton fut par ailleurs engagé en politique, notamment en tant que conseiller économique de Bruno Le Maire, actuel ministre de l’Économie. Il a également été conseiller économique de Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France. L’Immobilier demain 10 Charlène Colloca  : Avec votre essai L’Immobilier demain, vous venez bousculer les lignes d’un secteur qui a pris son temps pour rejoindre le mouvement d’innovation général. Comment expliquez vous cela ? Robin Rivaton  : Les acteurs en place n’ont pas été suffisamment incités à innover parce que l’immobilier était une myriade de marchés locaux, fragmentés et peu concurrentiels du fait de la lenteur des cycles d’achat. Aujourd’hui cela est en train de changer avec des consommateurs plus exigeants, dont les cycles de consommation des biens immobiliers se raccourcissent du fait de carrières et de vies personnelles plus heurtées. La réglementation est aujourd’hui plutôt un frein à l’innovation, même s’il ne faut pas négliger l’amélioration de la qualité des bâtiments et de leurs performances énergétiques ou phoniques qu’elle a engendrée. Les normes utiles lors de leur adoption pour protéger le consommateur ont fini par se retourner contre lui en limitant la concurrence, l’adoption de nouvelles technologies et donc en maintenant les prix hauts. J’écarte volontairement la question du foncier de cette équation. Je pense que l’État doit, sur ce sujet-là, jouer un rôle très important.C.C  : Ainsi, nous serions à l’aube d’une transformation radicale d’un secteur. Quels sont les indicateurs qui vous conduisent à cette analyse ? R.R  : Les premiers éléments d’un retournement de cette tendance inflationniste se mettent en place. D’abord les demandes des consommateurs évoluent et ils obligent les acteurs à innover. Ensuite de nouveaux acteurs arrivent dans le secteur en utilisant des technologies nouvelles susceptibles de bouleverser les positions acquises. On va passer de l’immobilier cyclique où les acteurs disparaissaient en creux de vague lorsqu’ils payaient leurs mauvais choix en haut de cycle, à un marché où la concurrence croîtra indépendamment. Ces nouveaux arrivants savent par exemple capter la donnée et l’utiliser pour réduire le gaspillage, mieux faire coïncider l’offre et la demande et automatiser des tâches autrefois fortement consommatrices de ressources humaines. Enfin, ces acteurs ont de plus en plus la confiance des investisseurs qui viennent valider l’idée que le secteur est mûr pour changer. Vous connaissez WeWork ou Airbnb, respectivement valorisés 30 et 20 milliards de dollars mais les GAFA regardent le secteur avec attention. Facebook offre déjà la possibilité de louer ou acheter un bien immobilier entre particuliers sur sa plateforme de transaction.
C.C  : Est ce que ce constat est mondial ? Y a t-il des pays qui ont pris le lead en la matière ? R.R  : Après avoir levé environ 3 milliards de dollars en 2016, les Real Estech du monde entier ont mobilisé plus de 12 milliards de dollars d’investissement en 2017. Même en enlevant les deux mega-deals de l’année, plus de 4 milliards de dollars pour WeWork et 550 millions pour Compass, il s’agit d’un triplement par rapport à 2016. Cette évolution est cohérente avec les prévisions de KPMG qui table sur un montant annuel de 20 milliards de dollars d’investissement dans le secteur des Real Estech en 2020. L’Europe continentale est pour l’instant en retard dans ce mouvement. Si la France et l’Allemagne ont progressivement rattrapé une partie de ce retard dans le financement des entreprises à forte croissance, dans le secteur de la Real Estech, 60% des levées de fonds se font encore aux États-Unis, 20% en Asie, 9% au Royaume- Uni, les grandes économies européennes se partageant les miettes restantes. Sur la quinzaine de fonds d’investissement dédiés uniquement aux entreprises de la Real Estech dans le monde, la majorité est américaine et une poignée, asiatique. Robin Rivaton au Choiseul Africa Summit à Alger, en mai 2017C.C  : Dans votre essai, vous allez même jusqu’à prédire la fin des entreprises qui ne s’adapteront pas. Le secteur vit-il une transformation à marche forcée ? R.R  : Soyons très clair, il n’y aura pas de tsunami dans le secteur immobilier qui va tout d’un coup menacer les près de 2 millions de Français qui y travaillent. ROBIN RIVATON 11 LE LIVRE DE... FinTech, FoodTech, Med- Tech... La révolution numérique grignote secteur après secteur. Dans ce tsunami, l’immobilier, plus gros secteur de l’économie française et mondiale, semble rester immobile. Mais la vague de la Real Estech est sur le point de déferler. D’une part, des technologies éprouvées arrivent à maturité. D’autre part, comme pour l’automobile, les représentations culturelles évoluent et l’immobilier devient un service comme un autre pour les nouvelles générations. C’est une révolution qui va faire baisser les prix et améliorer la qualité au bénéfice de tous, locataires, propriétaires ou investisseurs. Ce livre engagé et accessible fourmille d’exemples concrets. Comme cette start-up qui s’engage à acheter votre logement sous 48 heures ou celle qui vous permet de co-construire l’immeuble de vos rêves, sont recensées près d’une centaine de start-up qui vont changer la façon de financer, construire, gérer ou occuper un bien immobilier. Les positions des investisseurs individuels comme des grands groupes en sortiront bouleversées. L’Immobilier demain, la Real Estech des rentiers aux entrepreneurs, Dunod, 2017. Mais des déplacements de valeur pourraient avoir des conséquences importantes sur le plan social et fiscal à moyen terme. La numérisation du secteur aboutit à deux effets, d’une part la valeur devient mobile et n’est donc plus directement liée à la proximité du bien immobilier, d’autre part la valeur se concentre dans les mains des plus gros acteurs qui génèrent des économies d’échelle. Si ce phénomène ne va pas se concrétiser immédiatement car le cycle du bien immobilier est encore long – de l’ordre de la dizaine d’années là où les biens électroniques ont une rotation cinq fois plus rapide –, il est déjà enclenché.C.C  : En parallèle de votre essai, vous avez initié de nombreuses actions autour de la Real Estech, pouvez vous nous en dire plus ?



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