Choiseul Magazine n°1 jan à aoû 2017
Choiseul Magazine n°1 jan à aoû 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 de jan à aoû 2017

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Choiseul France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 10,0 Mo

  • Dans ce numéro : entretien avec Michael Fribourg.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Ces trois décisions fixent le cadre d’un isolationnisme croissant des États-Unis sur les questions commerciales, probablement de nature structurelle. L’offensive des pays émergents pour le libreéchange  : quel avenir pour le libre-échange ? À l’heure où Donald Trump a interrompu les engagements commerciaux de Washington à l’égard de ses partenaires asiatiques et tance le Mexique, le président chinois, Xi Jinping, prononçait, en janvier dernier, un discours historique à Davos, dans les Alpes suisses. Prenant à contrepied le regain protectionniste aux États-Unis, le président chinois a défendu la mondialisation et délivré un vibrant plaidoyer en faveur du libre-échange. Profitant du Brexit et de l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, sur fond de relents isolationnistes et protectionnistes, Xi Jinping a prôné une mondialisation équilibrée et la poursuite des échanges mondiaux. « Personne n’émergera en vainqueur d’une guerre commerciale », a-t-il lancé. L’héritier de Mao, chef du Parti communiste chinois, s’est offert le discours dont rêvaient les hommes d’affaires et les multinationales, s’érigeant comme le gardien des libertés commerciales contre le protectionnisme occidental. Devenue la seconde économie mondiale, la Chine doit garantir son ordre commercial, et cette conception mondiale irrigue toutes ses décisions de politique extérieure  : la doctrine des Nouvelles routes de la soie, la construction d’une base militaire à Djibouti pour protéger les nombreux investissements en Afrique, la création de banques de développement ou encore les rachats massifs d’entreprises européennes par des capitaux chinois. Pékin, second pôle mondial, assume sa vocation mondiale en devenant la nouvelle référence du libre-échange et le chef de file des grandes puissances exportatrices. À la suite du retrait des États-Unis du traité transpacifique (TPP) et après un appel en ce sens de l’Australie, la Chine s’est dite prête à accélérer la mise en place de zones de libre-échange alternatives, tout en disant refuser le rôle de « leader » économique mondial. L’échec du TPP pourrait permettre à Pékin de reconstruire à sa façon la carte des échanges régionaux. Pékin a déjà lancé deux autres projets. Le Partenariat économique intégral régional (RCEP) associe les dix pays membres de l’Association des nations du Sud-Est asiatique (ASEAN) et leurs partenaires régionaux (Chine, Japon, Australie, Inde, Corée du Sud, Nouvelle-Zélande). Comme le TPP, le RCEP vise à supprimer des barrières tarifaires et non-tarifaires, mais affiche beaucoup moins d’ambitions sur les normes environnementales ou sociales. La Chine veut également relancer rapidement les discussions sur son propre projet de Zone de libre-échange transpacifique (FTAAP) visant à rassembler les 21 membres de l’APEC (Forum Asie-Pacifique). Au sein même de l’ASEAN, la mise en place de la Communauté économique de l’ASEAN en 2015 est une initiative pour transformer la région en une zone de libre circulation des marchandises, des services, des investissements, du travail qualifié et du capital. L’objectif est de mieux insérer les pays de l’ASEAN dans la chaine de valeur 30 GÉOÉCONOMIE et de production mondiale et de leur permettre de bénéficier plus largement des investissements et du commerce régional. Au-delà du discours chinois à Davos, qui sert également à masquer un durcissement autoritaire du régime et une fermeture aux investissements étrangers, les pays émergents ne pensent pas vivre la fin d’un monde stable, mais se considèrent, au contraire, comme au début d’un cycle de croissance qui doit leur permettre d’atteindre les premières places sur la scène mondiale. Les Chinois, les Brésiliens, les Turcs ou les Nigérians voient, dans ce nouveau monde, de gigantesques opportunités pour émerger, créer de la richesse, voyager et peser de tout leur poids sur les affaires mondiales. Mais au-delà des perspectives de croissance, la question est aussi celle du cadre commercial avec le niveau de normes sanitaires, sociales et climatiques. Si nous ne souhaitons pas laisser les mains libres à Pékin sur ces sujets, l’Union européenne doit désormais repartir à l’offensive en matière commerciale pour écrire les règles de l’économie mondiale et renouer avec de grands partenaires stratégiques, au premier rang desquels le Canada et la Russie.
LANCEMENT DU CLUB CHOISEUL DIGITAL Anne-Sophie Frenove avec Clément Cézard, Directeur Business Development Europe chez Netflix et premier intervenant du Club Choiseul Digital Le numérique est aujourd’hui partout. Cette révolution digitale à laquelle on assiste remet en cause nos modèles traditionnels. Dans la sphère économique, bien sûr, où de nouveaux métiers émergent et où les plus « traditionnels » doivent être repensés voire se réinventer pour survivre. Mais aussi au niveau de la société dans son ensemble qui est très clairement impactée par l’irruption des réseaux sociaux, par celle de plateformes participatives et de ce que l’on appelle la nouvelle économie. Afin de mieux comprendre les évolutions fondamentales actuellement à l’œuvre et d’en évaluer leurs impacts sur les entreprises, sur l’économie au sens large, mais aussi sur la société, l’Institut Choiseul a lancé le Club Choiseul Digital en fin d’année 2016. Toujours avec cette volonté de ne pas rester cantonné dans un entre-soi forcément réducteur mais au contraire de permettre à ceux qui se parlent peu voire pas du tout de se retrouver, ce nouveau Club accueille, dans un cadre informel favorable au dialogue et à l’échange, tout à la fois des acteurs de l’économie digitale, des représentants de l’industrie traditionnelle mais aussi des personnalités issues de la société (collectivités locales, partis politiques, administrations, régulateurs, etc.) qui tous, de près ou de loin, sont concernés par cette révolution technologique majeure. 31 Première rencontre du Club Choiseul Digital le 30 novembre 2016. 3 QUESTIONS À ANNE-SOPHIE FRENOVE Anne-Sophie Frenove est directrice des partenariats Europe chez Airbnb & co-animatrice du Club Choiseul Digital En quoi la révolution digitale marque-t-elle une rupture par rapport à ce que nous avons connu jusque-là ? Aujourd’hui, force est de constater que le digital est partout. Cette révolution digitale représente un véritable atout. Elle permet de repenser en profondeur nos modèles de société qui semblent être à bout de souffle. En quelques années seulement elle aura permis l’émergence de nouveaux modèles économiques comme le Freemium, des innovations majeures et des ruptures technologiques comme l’internet des objets, mais aura aussi entraîné de nouvelles façons de penser la société de consommation et le rapport à la propriété au travers de l’économie collaborative, notamment. Cette révolution crée de nouvelles opportunités pour tous, qu’il s’agisse des acteurs économiques bien évidemment, mais aussi des acteurs politiques et sociétaux. Toutes les activités humaines sont impactées plus ou moins directement par ce phénomène. Comment la France se compare-t-elle en matière d’innovation et de dynamisme entrepreneurial dans cette nouvelle économie ? Le France est très dynamique, d’ailleurs, Paris compte maintenant plus de start-ups que Londres et se positionne comme la véritable capitale européenne de l’innovation et de l’entrepreneuriat. Cette dynamique est la résultante de nombreux facteurs comme l’augmentation constante du nombre et du volume d’investissements, ou encore le soutien de nombreux acteurs publics aux structures d’accompagnement des start-ups. Au-delà, il faut également souligner la qualité de la formation en France qui nous permet de nous appuyer sur un tissu d’ingénieurs très qualifiés, parmi les meilleurs au monde. Néanmoins, nous avons une problématique importante sur la capacité de croissance de nos start-ups. Aujourd’hui nous n’avons pas assez de start-ups d’envergure, capables de concurrencer les acteurs traditionnels. Nos start-ups manquent de financement pour accélérer leur croissance et leur développement international. Quel rôle assignez-vous au Club Choiseul Digital ? Il a un rôle de catalyseur, il rassemble des profils très variés, à la fois des pure-players du digital, des dirigeants d’entreprises plus traditionnelles, des représentants des pouvoirs publics, ou des membres de cabinets ministériels. Ces rencontres sont un formidable lieu d’échange et de débat sur les problématiques liées au digital et sur l’impact de la révolution digitale sur nos activités respectives. Il permet d’apprendre les uns des autres, de comprendre les problématiques de chacun, de nous nourrir de nos expériences et de réfléchir ensemble pour avoir toujours un temps d’avance sur les transformations à venir.



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