Choiseul Magazine n°1 jan à aoû 2017
Choiseul Magazine n°1 jan à aoû 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 de jan à aoû 2017

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Choiseul France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 10,0 Mo

  • Dans ce numéro : entretien avec Michael Fribourg.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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GÉOÉCONOMIE LES PAYS ÉMERGENTS, AVENIR DU LIBRE-ÉCHANGE ? 26 Par Laurence Daziano Laurence Daziano est économiste, maître de conférences à Sciences Po, membre du Conseil d’administration de la Fondation Charles de Gaulle, membre du Conseil scientifique de la Fondapol, auteur de  : Les pays émergents. Une approche géo-économique (Armand Colin, 2014), La nouvelle vague des émergents  : Bangladesh, Éthiopie, Nigeria, Indonésie, Vietnam et Mexique (BENI- VM)(Fondapol, 2013) et Repenser notre politique commerciale (Fondapol, 2017). Laurence Daziano a été une des lauréates de l’édition 2013 du Choiseul 100.
À l’heure où le monde anglo-saxon, marqué par l’élection de Donald Trump et le Brexit, semble séduit par le repli sur soi et le retour au protectionnisme, la Chine entend incarner et promouvoir le libre-échange, non seulement pour garantir les débouchés pour ses exportations, élément cardinal de son modèle économique, mais également pour acquérir un rôle central sur la scène mondiale en coalisant les pays émergents, et en développant une nouvelle relation stratégique avec l’Union européenne via les Nouvelles routes de la soie. Les pays émergents sont nés du développement des échanges mondiaux Lorsque Jim O’Neilla créé le concept des BRIC en 2001, il s’agissait alors d’un acronyme pour désigner des pays dans lesquels les rendements financiers seraient plus élevés que la moyenne en raison de leur sentier de croissance soutenu à long terme. Cette croissance était due notamment à leur croissance démographique, mais également au développement des échanges internationaux alors que ces pays exportaient massivement des biens manufacturés. Le commerce international, tel que nous le connaissons depuis 1945, procède de la théorie du libre-échange formulée par les premiers économistes, Adam Smith et David Ricardo. Il est également le produit de la mondialisation qui a émergé à la faveur de la chute du mur de Berlin, de la conversion de la Chine au capitalisme et du retour sur le devant de la scène des grands pays émergents. Il est aussi l’enfant de 1945 et de la conclusion des accords du GATT, puis de son aboutissement dans la création de l’OMC en 1995. Durant cette période, le commerce international a progressé deux fois plus vite que la croissance mondiale, constituant le cœur de la prospérité économique des pays développés. La nouveauté survient dans les années 2000 avec le surgissement, ou le retour, de la Chine et des BRICS sur la scène mondiale, dont la création du G20 par Nicolas Sarkozy en 2008 est la consécration. Alors que, dans les années 2000, la croissance mondiale est en moyenne de 1,6% dans les pays développés et de 6% dans les pays émergents, elle est de 7,5% dans les BRICS. La Chine devient, en 2014, la deuxième puissance économique derrière les États-Unis. Dans le sillage de ces grands émergents, 27 dont la demande tire les prix des matières premières à la hausse, d’autres pays se développent avec des taux de croissance de plus de 5% par an. Des pays tels que le Bangladesh, l’Éthiopie, le Nigeria, l’Indonésie, le Vietnam et le Mexique se développent et participent à la croissance régionale en Asie du Sud-Est, en Afrique et en Amérique latine. Le grand succès historique et moral de la mondialisation demeure d’avoir, en l’espace de dix ans, sorti plus d’un milliard de personnes de la pauvreté pour les faire accéder à la classe moyenne. La crise financière de 2008 a constitué un premier tournant en marquant un net ralentissement du commerce international. Celui-ci n’a progressé que de 3% par an depuis, le protectionnisme fait son retour dans les débats nationaux et les affrontements monétaires se durcissent avec la baisse du yuan et les fluctuations de la politique monétaire américaine. Par ailleurs, les négociations commerciales multilatérales ont marqué le pas, le cycle de Doha n’ayant pas abouti. De plus, la question délicate de l’obtention du Statut d’économie de marché (SEM) par la Chine, en décembre 2016, qui aurait pour



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