Chercheurs d'eau n°36 fév/mar/avr 2013
Chercheurs d'eau n°36 fév/mar/avr 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36 de fév/mar/avr 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Beltrami Côme Unique

  • Format : (150 x 210) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 6,3 Mo

  • Dans ce numéro : le requin est un allié surprenant dans la quête du savoir météorologique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Inf’eau Bio > LES DENTS DE LA… Météo (Sébastien Motreuil) Depuis toujours l’homme a été attentif à la météo et aux variations du climat. Au tout début de l’humanité il observait déjà le temps qu’il faisait lorsqu’il sortait de sa grotte équipé de son P.M.T. (Peau de bête, Massue et Tendons de mammouth). Aujourd’hui, avec l’aide d’outils modernes il essaye de connaître à l’avance les événements climatiques qui auront un impact sur l’économie mondiale, et à plus petite échelle sur l’organisation d’une future « sortie plongée ». Dans sa quête du savoir météorologique il a un allié surprenant : le requin. 08 L’élaboration d’outils mathématiques permettant les prédictions météorologiques est constituée, en partie par l’étude des variations de températures de nos mers et océans. Pour cette étude les scientifiques ont bénéficié de l’aide involontaire du requin, créature marine vivant depuis des centaines de millions d’années. Une particularité peu connue du requin fait de lui un modèle majeur dans l’étude des températures des océans et climats anciens, ou « paléoclimats ». Lorsque le requin se ventile, l’oxygène contenu dans l’eau de mer se dissout dans son organisme et est transformé en CO2 avant d’être rejeté. Une infime partie de cet oxygène, quelques atomes restent pourtant stockés dans les tissus cartilagineux et plus particulièrement dans la multitude de dents tapissant la mâchoire du prédateur. Depuis les années 70, des chercheurs ont découvert que la quantité d’oxygène stockée au niveau des dents des requins est directement liée à la température de l’eau dans laquelle ils vivent. Plus la température de l’eau est élevée plus la quantité d’oxygène dissous dans leurs dents est importante. Le requin étant un animal poïkilotherme (à sang froid) sa température corporelle n’influence à aucun moment cet enregistrement. En effet, la température de l’animal est toujours égale à celle de l’eau dans laquelle il évolue. La lisibilité de cette information dans les dents du requin est possible pendant plusieurs centaines de millions d’années. De ce fait, les paléoclimatologues peuvent obtenir des milliers d’enregistrements dans les dents de requins fossiles récupérées sur les chantiers de fouilles un peu partout dans le monde. La datation des dents et la mesure de la
quantité d’oxygène dissous permettent aux scientifiques d’accumuler des données sur les températures des océans de nos jours jusqu’à il y a 400 millions d’années, date d’apparition des requins sur terre. Une autre caractéristique intéressante du requin est qu’il renouvelle régulièrement toutes ses dents avec une périodicité moyenne de 15 jours. Ceci permet aux chercheurs de s’assurer d’un faible déplacement géographique de l’animal lors de l’enregistrement de la température de l’eau qui l’entoure et ainsi d’établir des cartes précises des températures océaniques passées. Donc maintenant ami plongeur quand vous croiserez un requin nageant vers vous toutes dents dehors, pour vous décontracter respirez profondément en pensant qu’il souhaite juste vous étonner en vous montrant sa très fournie collection de capteurs thermiques. Ne prenez donc pas vos palmes à votre cou et observez les avec reconnaissance car nous leur devons beaucoup dans notre compréhension de l’évolution des climats. Remerciements aux paléoclimatologues du laboratoire Biogéosciences de Dijon.



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