Chartres Votre Ville n°159 septembre 2016
Chartres Votre Ville n°159 septembre 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°159 de septembre 2016

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Ville de Chartres

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 76

  • Taille du fichier PDF : 6,9 Mo

  • Dans ce numéro : pôle administratif, rendez-vous dans un an.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Portrait de Chartrain À 45 ans, Franck Cauvière est sans doute l’un des Chartrains les plus connus dans la ville, toutes générations confondues ! Et pour cause… À la tête de la plus ancienne discothèque chartraine, Le Privilège, dans laquelle il a baigné dès son plus jeune âge avant de prendre la succession de son père Marc, il est aujourd’hui l’un des piliers de la nuit à Chartres. Mais pas seulement. Élu vice-président des métiers de la nuit au sein de l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UMIH) en avril dernier, il est aujourd’hui bien décidé à représenter ses pairs et faire bouger le petit milieu de la nuit au sein duquel il déplore les trop nombreuses inégalités et le manque de concertation avec les autorités… Il nous a accordé une rencontre, de jour… un privilège ! Chartrain de toujours, né à Chartres en 1971 d’un père maximois, Marc, et d’une mère fille de commerçants chartrains, Évelyne, Franck est du sérail. Ses grands-parents, arrivés à Chartres en 1948, ont marqué le quartier de la place Billard avec leur boucherie Bourneuf dans laquelle ils ont officié pendant près de 35 ans. Une référence de l’époque dont les plus anciens Chartrains et les habitants du quartier se souviennent encore… Naissance d’un lieu culte En juin 1985, Marc et Évelyne Cauvière rachètent Le Saint-Laurent, une discothèque ouverte six années auparavant place Saint-Pierre, pour y faire naître leur nouveau bébé : le Privilège. Une discothèque d’un genre nouveau : un club privé, réservé aux clients qui en possédaient le sésame : la fameuse carte de membre. Un mini Chez Régine à l’entrée sélective qui conférait au lieu tout son panache. À l’époque, le costume était de rigueur pour les messieurs, et la belle toilette indispensable pour les dames. Le décor du club s’y prêtait : papier peint chic aux murs, cabinet de toilette avec maquillage et parfum à disposition… « À l’époque, il n’y avait aucune autre boîte de nuit de ce genre dans 32 | VOTRE VILLE 159 / SEPTEMBRE 2016 les environs. Et Le Privilège portait très bien son nom. À 17 ans, mon père écumait déjà les cabarets de Nice, c’était son truc, ses premières amours : la nuit. Il en a tiré des modèles, des savoirs-faires dignes des grandes maisons. Bon, il a fini en carrossier industriel, ce qui n’a rien à voir ! » (rires) La nuit en héritage Cette passion pour la nuit, Marc Cauvière l’a transmise à Franck très tôt et peut-être malgré lui. « J’avais 14 ans quand mes parents ont créé Le Privilège. Je n’étais pas très intéressé par le milieu mais je découvrais un monde qui m’était interdit, ce qui le rendait inévitablement mystérieux. » Franck se souvient de ses premières sorties avec ses parents Chez Max. A l’époque, le restaurant installé place des Halles (anciennement le Vésuve) intrigue le jeune homme : « C’est au moment du dessert que tout se décidait. Une fois sur dix j’arrivais à obtenir de mes parents qu’ils descendent dans la cave pour un dernier verre… Je me souviens encore de ces escaliers qui menaient au sous-sol. Un endroit magique car interdit, inaccessible. Je me demandais ce qu’il y avait en bas, dans cette cave qui ressemblait étrangement aux caves du Privilège… » Mais au fond Franck n’est pas vraiment attiré par le milieu de la nuit. En 1989, il rencontre Paola. Il a 17 ans mais sait instantanément que c’est pour la vie. Aujourd’hui encore, après 27 ans de vie commune, 19 ans de mariage et deux filles de 16 et 18 ans, le couple vit comme à ses premiers instants. Mais alors qu’il n’a que 22 ans, un drame familial contraint Franck à prendre la direction de l’établissement. Une première immersion qui lui permet de découvrir la nuit, ses ambiances, ses réalités. Et il aime ça. « La nuit est inscrite dans mes gènes, je n’y peux rien ! ». La parenthèse durera dix ans. Du bar au pinceau Franck prend ensuite un virage à 180 degrés lorsqu’il rencontre un électricien avec lequel il décide de monter une entreprise de menus travaux. Tout a commencé un peu par hasard. Franck se souvient. « Nous avions chacun la trousse à outil de nos pères et on s’est lancés ! Nous avons démarré notre activité par le changement d’une ampoule dans le premier Mobistore installé à Chartres. Comme nous avions été les plus réactifs, le directeur du magasin nous a proposé de refaire sa boutique. Oui, à l’époque ce genre de chose était encore possible ! Bien entendu, nous n’avions absolument pas les capacités et encore moins
les compétences pour réaliser un tel chantier, mais nous avons accepté ! ». Franck se rappelle, sourire aux lèvres, ce coup de fil passé en catastrophe à un copain menuisier de son père pour faire un devis… C’est dire si les deux arpètes étaient novices… Malgré tout, c’est avec ce premier chantier qu’ils ont fait leurs armes, pour finalement monter une SARL et réaliser une vingtaine de magasins en France. Une nouvelle parenthèse de dix ans. « J’ai arrêté ce métier au bon moment. Mes parents étaient tous les deux malades et je savais que ça ne durerait pas longtemps. En 2011, ils sont partis. Tous les deux la même année, de la même maladie, qui s’était déclarée le même jour. » Retour aux sources : le privilège « J’ai été élevé avec un adage qui dit que tout ce qui est commencé doit être poursuivi et pérennisé. » C’est donc naturellement que Franck reprend la suite du Privilège, en marchant dans les pas du grand Marc. Facile ? Pas sûr. « J’ai repris le club pour faire perdurer le petit univers que mes parents avaient construit ensemble. Mais pas n’importe comment : il fallait que je m’approprie l’endroit, qu’il me ressemble. Je crois que le pari est tenu ! » Il était temps de rafraîchir les lieux pour faire entrer le Privilège dans le XXI e siècle, tout en donnant à Franck l’occasion d’apporter sa touche. Les travaux ont été réalisés l’an dernier et avec eux la mise aux normes handicapés. Le Privilège est aujourd’hui transformé, avec une déco qui ressemble à son tôlier. Les gens ne viennent plus chez Marc, ils viennent chez Franck. Sa plus belle réussite. « J’ai réussi à m’approprier ce qui avait toujours été le terrain de mon père. » Artisan de la nuit S’agissant du Privilège, on peut réellement parler d’une entreprise familiale. D’ailleurs, une grande partie du personnel est dans les murs depuis de nombreuses années… « Catherine, au vestiaire, a trente ans de maison ! Les gens qui viennent au Privilège y restent… Peut-être à cause de cet esprit familial. Mes parents travaillaient comme ça. Et mes grands-parents, commerçants, m’ont répété que sans patron, il n’y a pas de salarié et que l’inverse est tout aussi vrai. » Un côté patriarche qui lui vient de son père : « Il avait cette dimension. Quand on allait voir Marc, c’était parce qu’on avait un problème. J’ai les mêmes relations avec mon personnel. » Mais au Privilège, on peut aussi et surtout parler d’artisanat : « C’est ma vision de l’entreprise : être au plus proche des clients, attentif à leurs attentes et à leurs remarques. » Et cela se confirme dés l’entrée : Franck et Karim, son ami et complice de toujours, alternent leur présence à la porte pour accueillir la clientèle. « Nous sommes là pour leur faire passer un bon moment. Et nous faisons tout pour. C’est le principe d’une boîte de nuit : nos clients doivent repartir contents. Peut-être un peu saouls, mais contents ! »(rires) Ma vision de l’entreprise : être au plus proche des clients, attentif à leurs attentes Au service de ses pairs Élu vice-président des métiers de la nuit de l’UMIH en avril dernier, Franck arrive en renfort, aux côtés de Chantal Mauduit, la présidente de la délégation chartraine. Et qui mieux que Franck pour représenter les métiers de la nuit ? Avec ce nouveau statut, il s’engage à conseiller ses pairs, les épauler en cas de litiges, etc. Mais c’est aussi et surtout pour faire bouger les choses qu’il a accepté ce poste bénévole. «Il faut réduire les inégalités trop nombreuses qui opposent les grosses structures aux plus petites. Il y a aussi un problème de communication entre les établissements de nuit et les autorités (NDLR : préfecture, gendarmerie, police, mairie, etc), et surtout pas assez de moments d’échanges. Nous avons besoin de nous rencontrer tous les ans, pour évoquer les problèmes que nous vivons et notamment le sujet de l’alcool, qui devient préoccupant, mais surtout, la banalisation des drogues, sur lesquelles nous n’avons aucune information, et ce pour identifier certains comportements et éviter des incidents graves. On nous affuble de normes et nous ne sommes pas du tout encadrés par ailleurs. Cela fera parti de mes missions. » Vous l’aurez compris, Franck est bien décidé à mettre tout le monde autour de la table ! Et après ? Le Privilège a encore de belles années devant lui. La promiscuité avec les riverains, même apaisée depuis quelques années demeure une gêne. « Il est excessivement difficile de faire la police dans toute la rue. C’est le lot d’une boîte de nuit de centre-ville, mais nous essayons de faire au mieux. Pour autant, je n’exclus pas de déplacer le privilège un jour, si l’occasion venait à se présenter… » Une entrée convoitée… Karim Lakehal Chantal Maudhuit Portrait de Chartrain



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