CEO Suisse n°2007-2 sep/oct/nov
CEO Suisse n°2007-2 sep/oct/nov
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2007-2 de sep/oct/nov

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 3,1 Mo

  • Dans ce numéro : éducation en Suisse, pourquoi investir dans l'intelligence.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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La protection de l’environnement est un impératif. L’installation de recyclage permet d’épurer les eaux usées et de les traiter pour pouvoir les réutiliser. Les opérations sont plus pénibles dans d’autres secteurs de l’entreprise : l’or fondu dans les creusets bouillonne à 1200 degrés et, avec la chaleur estivale, la température atteint parfois 45 degrés dans la fonderie. Dans d’autres locaux, on se croirait dans une usine chimique, ce qu’est en fait Argor- Heraeus. L’or est raffiné de deux manières différentes : soit par séparation par électrolyse, ce qui prend environ 22 heures, soit par un procédé chimique certes plus rapide, mais plus compliqué. Comme les métaux précieux coûtent très cher, il est important qu’ils ne pénètrent dans l’entreprise que pour y être immédiatement traités et que les temps de transformation soient courts. De grandes quantités de produits chimiques, de l’acide chlorhydrique au chlore en passant par l’acide nitrique, entrent en jeu d’une manière ou d’une autre. C’est pourquoi a été installée au sous-sol de l’entreprise, dans une cuve en béton à l’épreuve des acides, une installation complète de recyclage permettant d’épurer toutes les eaux usées et de les réutiliser dans la mesure du possible. 48 ceo/argor-heraeus Outre le service, sécurité et sérieux sont les piliers d’une raffinerie d’or et aussi, en définitive, des arguments de vente décisifs. Les exigences rigoureuses de la Suisse en matière de protection de l’environnement, de sécurité et de qualité sont, d’après E. Oberli, un facteur considérable de coût. Pour le contrôle des métaux précieux, Argor-Heraeus est par exemple tenue d’employer des essayeurs-jurés titulaires d’un diplôme fédéral, placés sous la surveillance du Département fédéral des finances. En dépit du fait que la production reviendrait moins cher dans d’autres pays, E. Oberli tient absolument à ce que le site de production reste en Suisse. « Nous n’allons pas partir dans un pays à bas salaires, ce serait contraire à notre stratégie et je l’ai clairement fait comprendre à mes collaborateurs », affirme-t-il. Outre le service, sécurité et sérieux sont les piliers d’une raffinerie d’or et aussi, en définitive, des arguments de vente décisifs. Tout comme la conscience professionnelle : « C’est à cette vertu ancienne quelque peu tombée dans l’oubli que nous devons notre succès », explique E. Oberli, qui entend « définir ses objectifs par petites étapes, sans dévier de sa route ». Pas de high-flyers ni de flops, tous les produits et services – du raffinage à la fabrication de lingots d’or et d’alliages – doivent aussi être proposés à l’avenir. L’actionnariat qui, outre la direction, comprend des entreprises riches d’une longue tradition et ayant des objectifs industriels à long terme, est aussi le symbole de cette continuité. Exploiter les revers comme une chance Erhard Oberli s’est senti personnellement attaqué lorsqu’Argor-Heraeus a fait les gros titres des journaux au mois d’avril 2005. Dans un rapport de l’ONU, préalablement envoyé à la presse, l’entreprise était accusée d’avoir traité de l’or provenant de sources africaines douteuses. E. Oberli fut choqué par la violence de l’attaque:
« Premièrement, il ne s’agissait pas d’une relation directe avec un client, mais avec le client d’un client ; deuxièmement, les recettes correspondantes d’Argor représentaient moins de 1 pour mille des recettes globales de la période en question et, troisièmement, les livraisons avaient déjà été arrêtées avant ces accusations, à savoir au printemps 2005. » L’ONU n’a totalement récusé les accusations portées à l’endroit d’Argor-Heraeus – avec effet rétroactif à mai 2005 – qu’en février de cette année. Une longue attente pour une entreprise. « Nous devons à nos bonnes et anciennes relations avec nos clients et nos banques d’avoir pu aussi bien surmonter cette année noire », déclare E. Oberli. « Le soutien du SECO pendant toute cette période et la prise de position de l’ambassadeur de Suisse à l’ONU en notre faveur nous ont également été très utiles. » En dépit du préjudice ainsi causé à l’image de marque, l’année 2006 a été la meilleure depuis longtemps. « Une véritable année record », se réjouit le patron. « Nous avons Argor-Heraeus se considère comme un prestataire de services à l’interface entre les producteurs d’or et l’industrie de transformation des métaux précieux. Sur la liste de ses clients figurent à la fois des banques internationales et des fabricants renommés de bijoux et montres de luxe. augmenté notre chiffre d’affaires de plus de 30% et nos effectifs dans les mêmes proportions. » De plus, après Pforzheim en Allemagne, une seconde nouvelle succursale a été ouverte à Milan. Finalement, les revers ont pu être exploités comme une chance. « Nous avons appris qu’il ne suffisait pas de s’en tenir à la stricte application de la législation », explique E. Oberli. « Nous devons en outre veiller par nous-mêmes au respect de principes éthiques tels que les droits de l’homme et la protection de l’environnement, et pas seulement dans notre propre entreprise (ce qui pour nous va de soi !), mais aussi chez tous nos clients et fournisseurs. » Aujourd’hui, l’entreprise s’engage résolument pour le respect des règles éthiques par tous les maillons de la chaîne de création de valeur. Elle est devenue membre actif du Council for Responsible Jewellery Practices (CRJP) et s’est abonnée à la banque de données World Check, un service qui lui permet de contrôler toutes ses relations commerciales. Dans l’usine du Tessin aussi, il faut se protéger. Par le passé, il y a eu plusieurs tentatives de vol, mais les coupables ont à chaque fois été surpris. Pour E. Oberli, la vérification du flux de matériaux est tout aussi importante que le contrôle de sécurité. Ce qui entre dans la production et ce qui en ressort est mesuré, pesé et contrôlé au millième de gramme près. La perfection touche le moindre détail : chaque service dispose de son propre aspirateur, régulièrement examiné pour vérifier qu’il ne contient pas de poussières d’or. Les vêtements de travail des employés ne sont pas jetés, mais brûlés, ce qui permet de récupérer des restes de métaux précieux. Récupérer de la sorte ne serait-ce que 100 petits grammes est déjà beaucoup quand le prix au kilo est supérieur à 20 000 CHF. Toujours pour des raisons de sécurité, l’or que l’on voit dans les halles de l’usine n’est que la partie des matériaux en cours de transformation. Le reste de cette précieuse matière première, la plus grande partie, est stocké dans une chambre forte protégée par des grilles et une porte en acier lourde de 6 tonnes. Ils sont empilés là, tous les lingots d’or, sur des palettes CFF ordinaires qu’on dirait garnies de chocolat. Erhard Oberli tente de secouer la porte en riant : « Lorsqu’elle est fermée, je suis rassuré. » //ceo/argor-heraeus 49



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