CEO Suisse n°2007-2 sep/oct/nov
CEO Suisse n°2007-2 sep/oct/nov
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2007-2 de sep/oct/nov

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 3,1 Mo

  • Dans ce numéro : éducation en Suisse, pourquoi investir dans l'intelligence.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Texte : Corinne Amacher Photos : Roth und Schmid De loin, le paysage architectural du Mendrisiotto, dans la pointe sud de la Suisse, ressemble à ces zones industrielles grises sans personnalité. Les détails véritablement dignes d’attention n’apparaissent qu’ensuite : murs en béton hauts comme des arbres, quatre rangées de fils de fer barbelés. Un portail en acier s’ouvre comme poussé par une main invisible, avale une camionnette, se referme sans bruit. Un œil électronique épie les arrivants. Chez Argor-Heraeus, les rares visiteurs que laisse pénétrer le portier doivent se prendre pour Oncle Picsou : soulever des lingots d’or jusqu’à en avoir mal aux bras, faire couler de la poudre d’or entre ses doigts comme on le ferait avec du sable, ou encore s’émerveiller devant des montagnes de cristaux d’argent scintillant à qui mieux mieux. Les tentations sont partout présentes dans la plus importante entreprise de transformation de métaux précieux du pays. Cependant, mieux vaut ne pas y succomber. 46 ceo/argor-heraeus L’or est d’abord débarrassé des impuretés et autres résidus avant d’être transformé, avec le degré de pureté voulu, en lingots ou autres produits. Le PDG lui-même n’échappe pas aux strictes mesures de sécurité. Lorsqu’il quitte l’usine, Erhard Oberli doit, à l’instar des 140 employés, passer par le sas de sécurité électronique. Un générateur aléatoire d’une intégrité absolue sélectionne ceux qui doivent se soumettre au contrôle spécial quotidien, n’épargnant ni l’équipe de nettoyage ni le directeur. Si, au check-point, Erhard Oberli est ainsi choisi, il gagne un sas latéral où a lieu un contrôle soigneux pour vérifier l’absence de traces de métaux précieux. « Pour ce qui est des contrôles de sécurité, je n’obtiens ni ne souhaite aucun traitement spécial », explique-t-il. Chaque année, plus de 300 tonnes d’or d’une valeur de 8 milliards de CHF sont raffinées chez Argor-Heraeus, soit plus de 10% du volume extrait chaque année des mines d’or du monde entier. 250 tonnes d’argent et de petites quantités de platine et de palladium viennent s’y ajouter. Le matériau est tout d’abord débarrassé des impuretés et autres résidus avant d’être transformé, avec le degré de pureté voulu, en lingots ou autres produits tels qu’ébauches pour boîtiers de montres ou pendentifs. Chaque jour, il passe pour des douzaines de millions de CHF de métaux précieux dans les halles de l’usine. De telles sommes n’impressionnent plus le patron. Lorsqu’on a longtemps travaillé avec cette coûteuse matière première, on finit par faire abstraction de son prix. Pour lui comme pour ses employés, l’or n’est pas un trésor, mais un outil de travail. Erhard Oberli dirige l’entreprise depuis 19 ans ; en fait, il ne souhaitait au départ s’engager que pour une période de trois ans. Au milieu des années 80, l’UBS et Heraeus Allemagne ont confié à l’ingénieur en génie civil la responsabilité de la construction de l’usine de Mendrisio avant de lui en donner la direction. En 1999, Heraeus et l’équipe dirigeante, avec à sa tête E. Oberli, ont repris l’entreprise en totalité, la banque allemande Commerzbank et la Monnaie autrichienne ayant ensuite acquis des participations. En tant que coactionnaire, E. Oberli ne joue pas seulement le rôle du PDG, mais aussi celui d’un entrepreneur. En témoigne l’entrain avec lequel cet homme âgé de 57 ans s’affaire dans son entreprise, appelant
Erhard Oberli est soumis à un contrôle aléatoire de sécurité. L’aspirateur fait l’objet d’un examen systématique pour contrôler qu’il ne contient pas de poussières d’or. ses collaborateurs par leur nom et parlant des processus et des produits en faisant preuve d’une grande connaissance des détails : sa passion pour son travail est manifeste, même après tant d’années. Une extrême précision est de rigueur Si, par le passé, mines, banques et investisseurs privés constituaient les principaux clients, l’industrie horlogère et joaillière a gagné en importance au fil du temps. Dans les années 90, la proportion des produits semi-finis qui lui étaient destinés représentait moins de 10% du chiffre d'affaires, elle dépasse aujourd’hui les 30%. « Nous sommes des industriels, mais nous travaillons avec la précision d'un horloger », commente E. Oberli. L’entreprise, qui se présente sous le slogan « The golden link », se considère comme un prestataire de services à l’interface entre les producteurs d’or et l’industrie de transformation des métaux précieux. Sur la liste des clients d’Argor-Heraeus figurent les banques internationales et les fabricants de montres de luxe les plus en vue. Chaque jour, il passe pour des douzaines de millions de CHF de métaux précieux dans les halles de l’usine. Pour les employés, l’or n’est pas un trésor, mais un outil de travail. La guerre des prix ayant atteint des sommets dans la branche, la réussite ne peut être garantie que par l’innovation et l’introduction permanente de nouveaux procédés high-tech. C’est ainsi que, voilà un an, la direction a fait construire pour 1 million de CHF une machine à rétreindre commandée par ordinateur, qui façonne si bien les alliages que même les porosités les plus infimes, de l’ordre du dix-millième de millimètre, disparaissent. L’extrême qualité du matériau ainsi compacté est celle dont les horlogers ont besoin pour réaliser leurs plus précieux chronomètres. E. Oberli estime que sa mission consiste à développer des produits en collaboration avec les clients dans le cadre d’un processus de création de valeur. Argor-Heraeus fait également partie des leaders technologiques pour les applications de la technique du kinégramme au marquage des métaux précieux. Les kinégrammes ont pour caractéristique de changer de forme et de couleur en fonction de l’angle sous lequel on les observe et sont, par exemple, utilisés comme empreintes de sécurité sur les billets de banque. En collaboration avec l’entreprise suisse OVD Kinegram AG, issue de l’ancienne société Landis+Gyr, Argor-Heraeus a développé un procédé permettant de frapper, à la surface d’une petite plaque d’or, une structure d’un millième de millimètre d’épaisseur dont chacune des minuscules facettes reflète la lumière incidente dans toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Avec ce procédé breveté, Argor-Heraeus possède le droit exclusif mondial de fabrication de lingots d’or kinebar frappés avec la technologie KINEGRAM. ceo/argor-heraeus 47



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