CEO Suisse n°2007-2 sep/oct/nov
CEO Suisse n°2007-2 sep/oct/nov
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2007-2 de sep/oct/nov

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 3,1 Mo

  • Dans ce numéro : éducation en Suisse, pourquoi investir dans l'intelligence.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Sonja Virchaux, mère de deux enfants, aide de voisinage à Schwamendingen : « Je participe depuis dix ans ; cet échange avec les gens que j’aide est passionnant et enrichissant. Je fais quelque chose d’utile, qui me permet de sortir de chez moi ; et malgré tout, je peux être à la maison quand mes enfants rentrent de l’école. » 40 ceo/aide de voisinage Membres de l’association de quartier d’aide de voisinage Höngg : (de gauche à droite) Verena Mätzler, Bruno Schöchli, Heidi Schenk, Loni Schumacher, Elisabeth Kleiner. Verena Mätzler, médiatrice : « Jusqu’à présent, j’ai eu de la chance dans la vie. Maintenant, j’ai du temps et je souhaite contribuer à améliorer le sort des autres. » Bruno Schöchli, bénévole depuis six ans : « J’ai sombré après la retraite ; le bénévolat m’a aidé à m’en sortir. Je vais régulièrement voir un patient Alzheimer ; nous sommes même devenus de bons amis. »
connaître notre association. » Et comme il était alors sur le point de prendre sa retraite anticipée, il assuma bientôt lui-même ce travail. Motivé par cette nouvelle prise de conscience, Guler se mit à la tâche avec entrain. « Je n’avais aucune expérience en la matière : comment allais-je trouver les premières adresses ? A la Bahnhofstrasse, bien sûr ! » Dans l’annuaire, il tomba sur l’agence Iris Wirz c&p communications. Dès le premier appel, il réussit à convaincre la propriétaire de réaliser gratuitement un site Internet pour l’Aide de voisinage. Grâce à cette agence, l’association possède aujourd’hui un site professionnel, bien plus développé qu’on ne l’avait prévu à l’origine. Encouragé, Guler contacta, à la recherche d’un appui financier, les entreprises et institutions de renom… Et en six semaines, il avait réuni 100 000 CHF, donnés par la ville de Zurich, les églises régionales ainsi que diverses institutions et entreprises, dont PwC en tant que principal sponsor. « Tout à coup, des portes se sont ouvertes que nous croyions fermées », s’étonne Guler. En dépit de ce succès, toutefois, on s’est bientôt rendu compte que le site Internet seul ne suffirait pas à faire connaître les services proposés par les unités de quartier. Pour cela, un constant travail de relations publiques était nécessaire. De plus, les généreux bailleurs de fonds exigeaient un rapport annuel. Ainsi, la collaboration jusqu’à présent non contractuelle des différentes unités devait changer de cadre : en 2005, la Communauté d’intérêts pour les travaux de relations publiques devient l’Association de promotion de l’aide de voisinage (Förderverein Nachbarschaftshilfe Zürich). Une organisation efficace et des responsabilités clairement définies doivent permettre de limiter les coûts et de susciter la plus grande adhésion. Ce n’est pas chose aisée, car les unités, indépendantes les unes des autres, sont très différentes : tandis que les unes sont rigoureusement dirigées comme des associations, les autres ne sont que des groupements instables, dépourvus même de comptabilité. De l’auxiliaire à l’universitaire, de la Zurichoise bien établie au jeune migrant temporaire : la foule des bénévoles est très hétéroclite. Ils sont, toutefois, plutôt âgés car les retraités ont généralement plus de temps à leur disposition, et les femmes sont majoritaires car elles font moins souvent partie du monde du travail rémunéré. Ils travaillent tous gratuitement, seules les médiatrices étant parfois rémunérées lorsque leur travail (service téléphonique et coordination) excède ce que l’on peut attendre d’un bénévole. Il y a autant de mobiles que de bénévoles : les uns viennent dans un but social, les autres parce qu’ils croient qu’il ne faut pas toujours s’en remettre à l’État. Mais tous sont convaincus qu’une société a besoin d’engagement personnel. Pas d’uniformisation par le haut « Nombreux sont les gens qui ont besoin de donner du sens à ce qu’ils font, car ce n’est pas toujours le cas dans le monde du travail rémunéré. Ce sens, ils le trouvent dans le bénévolat », explique Ernst Ravasio, gérant de la Förderverein Nachbarschaftshilfe, que Guler a pris à ses côtés il y a bientôt deux ans. Ensemble, Guler, le pilote enthousiaste, et Ravasio, le fonceur, constituent une équipe de rêve. Ravasio travaille entre 30 et 50 heures par semaine pour l’association, Guler en moyenne 20 à 30 heures. Aujourd’hui, Christian Guler reconnaît avoir succombé, lui aussi, à la fascination de la valeur du voisinage – comme tant d’autres avant lui. « Je ne désire pas recevoir d’argent pour mon travail ; il éteindrait la flamme ! » avoue-t-il. En tant que président, il s’occupe des contacts et des adhésions. Ravasio, qui a longtemps travaillé dans le domaine du conseil et dirigé les entreprises les plus diverses par intérim, est responsable de la mise en place d’une structure professionnelle ; il souhaite avoir terminé cet été. Douze des 14 unités indépendantes ont désormais adhéré à l’association. Pourtant, nombreux étaient les sceptiques au début : ils avaient peur d’être tenus sous tutelle. « Cette crainte était complètement infondée », dit Ravasio, « nous ne sommes pas une confédération, nous fournissons des prestations de service pour chaque unité. » L’association n’intervient pas dans les attributions « classiques » des unités de quartier ; elle se charge des tâches que les groupes ne peuvent assumer eux-mêmes. Il s’agit, par exemple, des relations publiques, de l’organisation de la Journée européenne des voisins, mais aussi de l’édition du livre « Grüezi » (en allemand), dans lequel des personnalités de renom s’expriment sur le thème du voisinage. On dispose même, aujourd’hui, d’un concept de communication de 50 pages, réalisé par l’Institut des sciences appliquées de la communication et des médias (IAM) de la Haute école zurichoise de Winterthur. En outre, l’association veille à s’intégrer systématiquement dans un réseau d’institutions sociales et contribue à organiser des formations pour les bénévoles désireux d’apprendre à se démarquer ou, par exemple, à soigner correctement les malades mentaux. L’association, à laquelle adhèrent également des représentants des unités, ne fait que proposer : rien n’est obligatoire. C’est dans ce principe que Ravasio, ancien manager, voit la clé de la réussite : « Les bénévoles ne poursuivent pas les buts de l’organisation mais les leurs. » D’un point de vue organisationnel, il serait sûrement plus simple de pratiquer une uniformisation par le haut. Cela permettrait une meilleure transparence et simplifierait la coordination. « Mais une telle méthode ne fonctionne pas », Ravasio en est convaincu. « Les bénévoles ne sont pas tombés sur la tête et ont tous de bonnes raisons d’agir comme ils l’ont décidé », dit-il. Tant l’engagement personnel que les habitudes collectives, tant la genèse que la dynamique de groupe jouent ici un rôle important. « L’autonomie et l’initiative individuelle sont des sources essentielles de satisfaction au travail et, par conséquent, de qualité », dit Guler. « Quand on connaît le sens de son travail, on est davantage motivé et les résultats progressent. » En améliorant les structures, on donne davantage de liberté d'action aux bénévoles ; on garantit ainsi des résultats excellents, poursuit Guler. Ravasio ajoute : « Dès qu’on impose quelque chose aux bénévoles, leur motivation diminue… Et même ils arrêtent complètement. Ce n’est certainement pas dans notre intérêt ! Par contre, nous pouvons les convaincre qu’on peut améliorer les choses en les modifiant. C’est à cela que nous travaillons. » //ceo/aide de voisinage 41



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