CEO Suisse n°2007-2 sep/oct/nov
CEO Suisse n°2007-2 sep/oct/nov
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2007-2 de sep/oct/nov

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 3,1 Mo

  • Dans ce numéro : éducation en Suisse, pourquoi investir dans l'intelligence.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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aide de voisinage Christian Guler (à gauche) et Ernst Ravasio sont convaincus que l’autonomie et l’initiative individuelle sont des sources essentielles de satisfaction au travail et, par conséquent, de qualité. Leur credo : « Quand on connaît le sens de son travail, on est davantage motivé et les résultats progressent. »
Un travail utile. Ou : Pourquoi les services rendus sont parfois gratuits. Travailler 50 000 heures par an sans rémunération ? Pour les militants de la Förderverein Nachbarschaftshilfe (Association de promotion de l’aide de voisinage) à Zurich, c’est normal. Ernst Ravasio et Christian Guler prouvent également qu’on peut obtenir beaucoup par des actions désintéressées. Ces deux retraités ont contribué à rénover l’image qu’on se fait de l’aide de voisinage… avec des méthodes peu ordinaires et beaucoup de succès. Texte : Alexandra Stark Photos : Andri Pol Le monde économique prétend que « ce qui ne coûte rien ne vaut rien ». « C’est faux », affirme Christian Guler, président de la Förderverein Nachbarschaftshilfe Zürich : « C’est ce qu’on considère comme ayant de la valeur qui a de la valeur. » Par exemple, les services : dans les quartiers zurichois, des bénévoles ont consacré 50 000 heures en 2006 pour s’occuper de leurs voisins… gratuitement. Pour Ernst Ravasio, gérant de l’association, c’est la preuve qu’il existe « un marché du non-lucratif trop souvent relégué au second plan dans un monde dominé par l’argent ». Ces dernières années, Guler et Ravasio (132 ans à eux deux) ont doté leur réseau d’aide de voisinage d’un nouveau professionnalisme. Ce qu’on considérait comme un loisir pour les ménagères et les retraités qui s’ennuient est aujourd’hui une mode joyeuse – comme l’a montré la Journée des voisins, célébrée avec des soirées grillades le 29 mai dernier dans plusieurs villes de Suisse. Mais s’aider entre voisins, c’est plus que griller des saucisses ensemble : on compte, à Zurich, 14 unités indépendantes d’aide de voisinage, dont certaines existent déjà depuis plus de vingt ans. Ces petites organisations fournissent des bénévoles pour garder les enfants, nourrir les chats, conduire les personnes âgées chez le médecin, faire les courses pour les malades : travaux pour lesquels il n’existe aucun marché, parce que les « clients » n’auraient pas les moyens de payer. La ville de Zurich compte environ 1000 bénévoles effectuant ces tâches simples, que les institutions professionnelles telles que Spitex n’assument pas. Il y a quelques années encore, ces unités indépendantes étaient des petits groupes hétéroclites de bénévoles auxquels d’autres bénévoles attribuaient des tâches au hasard, sans grande organisation. Puis le besoin s’est fait sentir de constituer un réseau, une équipe d’aide plus importante, de s’adresser à une « clientèle » plus étendue et de créer un site Internet commun. La valeur du voisinage Les grandes œuvres sont parfois le résultat de petits traits de génie. Christian Guler s’en souvient avec plaisir : il participait, au printemps 2002, à une réunion de la communauté d’intérêts pour l’aide de voisinage à Zurich ; il s’agissait de créer un site Internet pour les 14 unités indépendantes. On a demandé à Guler – alors membre de la direction du centre Spitex de Zurich – de faire part des expériences de Spitex, qui, depuis peu, avait créé son propre site. Les aides de voisinage n’avaient pas les moyens de s’offrir un conseiller plus professionnel. « J’écoutais la discussion », se souvient Guler, « et soudain j’ai pensé : mais c’est fou ! Ces personnes aident des inconnus depuis des années et rendent ainsi un service incroyablement précieux à la société, sans être rémunérées. Et malgré tout, elles ne peuvent pas se payer un site Internet et doivent s’inquiéter de leur image de marque ! » « J’ai compris à ce moment ce qu’il restait à faire », dit Guler avec un sourire facétieux. « Le mot « voisinage » exerce un charisme magique, auquel personne ne peut échapper ! Puisque l’aide de voisinage est si fantastique, me suis-je dit, il lui faut ce qu’il y a de mieux ! » Ainsi, le site Web n’allait pas être réalisé, faute d’argent, par un étudiant ou par un retraité : c’est le plus grand expert de la ville qui s’en chargerait. Et d’ailleurs, on ne s’adressera plus qu’aux entreprises et aux professionnels les meilleurs, qu’il s’agisse de sponsoring ou de communication. Lorsque Guler fit sa proposition aux autres membres de la réunion, il ne recueillit qu’une stupeur sans nom. « Bien sûr, cela semblait fou au premier abord », se souvient-il. « Mais finalement, c’est le fait d’avoir pris conscience de la valeur du voisinage qui a tout déclenché, et depuis nous nous sommes efforcés de faire ceo/aide de voisinage 39



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