CEO Suisse n°2007-2 sep/oct/nov
CEO Suisse n°2007-2 sep/oct/nov
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2007-2 de sep/oct/nov

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 3,1 Mo

  • Dans ce numéro : éducation en Suisse, pourquoi investir dans l'intelligence.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Professeur Piero Martinoli, recteur de l’USI : « Si l’USI veut poursuivre sa croissance, elle doit avoir sa propre identité. » Università della Svizzera Italiana (USI) : Petite, jeune et en phase avec son époque. Libre de toute tradition, l’USI a su se donner une structure moderne, développer des idées nouvelles, réagir aux tendances. Les Tessinois souhaitent maintenant investir dans la recherche. 24 ceo/éducation en suisse L’Università della Svizzera Italiana (USI) est une jeune université. Elle a été fondée en 1996 sans déclencher l’enthousiasme. « Est-ce bien nécessaire ? » ont susurré maints sceptiques en faisant référence au paysage éducatif suisse : neuf universités et deux écoles polytechniques fédérales pour sept millions d’habitants seulement leur paraissaient largement suffisantes. Onze ans plus tard, il n’est plus question de justifier l’existence d’une dixième université dans notre pays. Au contraire : la façon dont l’USI est organisée et dirigée est considérée comme exemplaire. Deux exemples : avec 2000 CHF (4000 pour les étudiants étrangers), l’USI encaisse des frais de scolarité semestriels dont les recteurs d’autres établissements ne peuvent que rêver. L’USI, libre de traditions datant du XIX ème siècle, a su se donner une structure moderne. Elle est gérée par un seul organe, le conseil d’université, composé de douze personnes : des membres d’office, comme le ministre tessinois de l’éducation et les doyens des facultés, et des membres extérieurs, notamment des professeurs en provenance d’autres universités. Le conseil d’université prend toutes les décisions relatives à la bonne marche de l’établissement en toute auto-
+ + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + éducation en suisse Fondée il y a onze ans seulement, l’Università della Svizzera Italiana a su se faire un nom grâce à ses structures et son offre modernes. nomie et il est indépendant en ce qui concerne programmes et finances. Sa marge de manœuvre est grande et les décisions rapides sont de rigueur. Pour ses pères fondateurs, il était clair que l’USI ne serait viable que s’ils trouvaient aussi le courage de développer et de mettre en œuvre des idées nouvelles. C’est dans cet esprit qu’a vu le jour la faculté des Sciences de la communication. Les Tessinois disposent ainsi d’un établissement que personne d’autre ne possède dans notre pays. L’USI a aussi commencé avec deux autres facultés – Sciences économiques et Architecture. L’architecture a, dans la région, une tradition et avec les sciences économiques, l’USI jette un pont la reliant à la place financière de Lugano. L’offre est particulièrement appréciée dans le Tessin et le nord de l’Italie : le nombre d’étudiants ne cesse d’augmenter : 326 étudiants étaient inscrits en 1996, ils sont aujourd’hui 2200, et devraient être 2500 en 2011, estime le recteur, Piero Martinoli. Pour faire face à cette croissance, une quatrième faculté a été fondée en 2004 : avec les Sciences de l’informatique, l’USI est, une fois encore, en phase avec son époque. Une cinquième faculté est prévue. P.Martinoli : « Si l’USI veut poursuivre sa croissance, elle doit avoir sa propre identité et une offre aussi peu exposée que possible à la concurrence. » Et davantage de cours en anglais : à Lugano, la proportion des étudiants étrangers (50%) est la plus élevée de Suisse. Les non-Suisses proviennent surtout d’Italie et, pour certains, d’Allemagne. Il n’y a que peu d’étudiants de cantons alémaniques ou romands à l’USI, non seulement en raison de la concurrence qui règne là-bas, mais aussi à cause de la barrière de la langue. On s’attache à remédier à cette situation : dès le niveau Bachelor, l’anglais sera la principale langue d’enseignement en informatique. L’accent est désormais mis sur la recherche Une université doit enseigner, mais aussi rechercher. Avec de bons cours, on attire de bons étudiants. Avec une solide réputation en recherche, l’université devient intéressante pour des professeurs renommés. Au cours de ses dix premières années d’existence, l’USI a mis l’accent sur la création des filières d’enseignement. Pour cela, il faut des résultats publiables, car les articles dans des revues scientifiques confèrent de la crédibilité à une université. C’est capital dans la concurrence universitaire, et c’est aussi une condition essentielle pour les échanges et les partenariats avec d’autres universités. Avec l’introduction du cursus informatique, la recherche a été dopée. Si, en 2004, les projets de recherche soumis à l’USI ont rapporté moins de 3,5 millions de CHF, ce chiffre atteignait déjà 6 millions en 2006. Et l’USI entretient d’étroits contacts avec le monde financier, notamment au niveau local : les banques de Lugano financent plusieurs chaires d’enseignement et confient aussi des travaux de recherche aux experts financiers de l’USI. L’institut financier s’est donc déjà fait une bonne réputation, même en dehors du Tessin : il fait partie du centre de compétences national en recherche (NCCR) FinRisk et il est membre fondateur du Swiss Finance Institute, un joint venture réunissant banques et universités suisses. Il entretient d’étroites relations avec les EPF de Zurich et de Lausanne et avec d’autres universités nationales et internationales. De telles alliances sont importantes pour un jeune établissement, mais ne sont pas faciles à nouer. Le fait que l’USI y soit parvenue plaide en faveur de sa qualité. Pour continuer à progresser en recherche, l’USI a besoin de davantage de professeurs qui lui soient propres. Elle emploie actuellement 54 professeurs et 181 chargés de cours. Pour des raisons de facilité et de coûts, les Tessinois ont en effet commencé à fonctionner essentiellement avec des professeurs invités venant de différentes universités du nord de l’Italie, du Politecnico de Milan ou d’universités suisses, et effectuant des mini services à Lugano. Le problème est que « quelqu’un qui n’est employé chez nous qu’à 20% n’est pas motivé pour rédiger et soumettre un projet de recherche », explique P.Martinoli, « nous avons donc besoin de collègues présents ici à 100% ». Si le mandat d’un chargé de cours se termine, son poste est donc publié vacant et fait l’objet d’un appel d’offres international. Avec un certain succès : 273 candidatures sont parvenues du monde entier pour les trois derniers postes de professeur en informatique. P.Martinoli cite différentes raisons susceptibles d’attirer un professeur à Lugano : qualité de vie, projets intéressants, bonnes conditions de travail et opportunité de relever un défi. L’USI est une petite université et va sans doute le rester. Elle souhaite jouer l’atout de la qualité dans la concurrence nationale et internationale. S’ils gardent rigoureusement le cap, les Tessinois arriveront peut-être à entrer dans le classement très convoité des 300 meilleures universités du monde : « C’est un rêve », déclare Piero Martinoli, « et le chemin est encore long. » //ceo/éducation en suisse 25



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