CEO Suisse n°2007-2 sep/oct/nov
CEO Suisse n°2007-2 sep/oct/nov
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2007-2 de sep/oct/nov

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 3,1 Mo

  • Dans ce numéro : éducation en Suisse, pourquoi investir dans l'intelligence.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Les bénéficiaires des « investissements dans la formation » du gouvernement fédéral sont en première ligne les dix universités cantonales, les deux écoles polytechniques fédérales et les sept hautes écoles spécialisées. Texte : Corinne Amacher, Iris Kuhn-Spogat, Franziska Zydek Photos : Stefan Walter Tous les quatre ans, la Confédération distribue des fonds alloués à l’éducation. Pour la période allant de 2008 à 2011, le Conseil fédéral souhaite accroître le crédit accordé à la formation, à la recherche et à l’innovation (FRI) de 6% par an. 21,2 milliards de CHF devraient ainsi être mis à disposition pour les quatre prochaines années – soit 3,4 milliards de plus que pour la période 2003–2007. Il s’agit là d’un nouveau record dans l’histoire de la Confédération. « L’éducation peut avoir un coût », aime à déclarer la ministre de l’Économie Doris Leuthard, et personne ne souhaite la contredire. À l’époque de la mondialisation, l’éducation est tout simplement devenue la base de la réussite – surtout en Suisse où l’on ne dispose que d’une matière première : l’intelligence. Proportionnellement au nombre d’habitants, seules l’Islande et la Suède ont connu plus de lauréats du prix Nobel. « L’excellence scientifique et la compétitivité dans le domaine de la recherche et de l’innovation sont les conditions d’une croissance solide », souligne le Conseil fédéral dans son message à l’appui 16 ceo/éducation en suisse du crédit FRI. Le gouvernement ne parle plus de « dépenses publiques d’éducation », mais « d’investissements dans la formation ». Les plus grands bénéficiaires de ces investissements sont les établissements d’enseignement supérieur ainsi que les 160 000 étudiants des dix universités cantonales, des deux écoles polytechniques fédérales et des sept hautes écoles spécialisées, nées en 1997 de la fusion de près de 70 écoles supérieures. Ces instituts de formation ne luttent pas uniquement pour la manne providentielle de la Confédération, ils aspirent également à la reconnaissance internationale. Et ils s’en sortent plutôt bien d’ailleurs. Selon le classement établi par l’Université Jiao-Tong de Shanghai et reconnu dans le monde académique, l’EPFZ arrive en 5 ème position des établissements d’Europe continentale, l’Université de Zurich à la 14 ème place et celle de Bâle à la 25 ème. À l’échelle mondiale, ces trois institutions occupent respectivement les 27 ème, 58 ème et 81 ème rangs. Un monde les sépare des universités d’élite telles que Harvard et Stanford aux États-Unis, ou Oxford et Cambridge en Grande-Bretagne. Les universités d’Europe de l’Est et chinoises menacent déjà de les dépasser. « Le marché mondial des études supérieures croît à un rythme effréné. Alors que la concurrence règne depuis toujours parmi les scientifiques, elle gagne aujourd’hui les universités. Celles-ci sont mises sous pression : l’éducation et la recherche sont des produits pour lesquels on doit prospecter sur le marché », déclare Christian Aeberli, coauteur de l’étude « Les hautes écoles suisses », auparavant expert en éducation auprès d’Avenir Suisse et aujourd’hui responsable de la section École obligatoire au Département de la formation, de la culture et des sports du canton d’Argovie. Aeberli ne croit pas qu’une augmentation de 6% des dépenses publiques affectées à l’enseignement soit suffisante pour maintenir le niveau de formation. Une structure complexe aux points de jonction imprécis Le conflit entre les deux universités de renom, l’EPFZ et l’EPFL, qui s’est intensifié fin mai au cours des élections présidentielles à l’EPFZ, montre combien la concurrence est devenue âpre. Patrick Aebischer, président de l’EPFL, qui veut hisser l’établissement au premier rang national, est parvenu à s’assurer relativement plus de moyens que son collègue suisse allemand pour 2008. Il ne s’agissait pas uniquement d’un affront à l’encontre des Zurichois, le conflit a une fois encore porté au grand jour la complexité du système de répartition des fonds. Cette situation est symptomatique du système d’éducation suisse, auquel beaucoup reprochent son manque d’efficacité. « Le système suisse de formation et de recherche est encore et toujours une structure complexe constituée d’une pléthore d’organes, de commissions, de groupes de travail, etc. et caractérisée par le manque de pertinence des liens. Voilà pourquoi les dépenses consacrées à la coordination sont
+ + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + éducation en suisse également très élevées », critique l’association economiesuisse. Le degré élevé de bureaucratisation est apparu au travers de la réorganisation prévue des départements du Conseil fédéral. Allant à l’encontre des recommandations des politologues et des experts en administration visant à regrouper en un seul département les responsabilités en matière de formation, le gouvernement n’a pas pu se résoudre à redéfinir les compétences. Ainsi, la ministre de l’Économie Doris Leuthard reste en charge des hautes écoles spécialisées, et le ministre de l’Intérieur Pascal Couchepin des universités. Pour l’économie, l’augmentation des subventions fédérales de 6% ne constituera une « base solide » que si elle est associée à des « ajustements structurels et organisationnels ». Les études PISA, menées tous les quatre ans au sein des pays de l’OCDE, montrent qu’une contribution élevée ne garantit en rien une qualité élevée de formation. Avec une part de 6,5% du produit intérieur brut (PIB), les dépenses consacrées à la formation en Suisse sont nettement supérieures à la moyenne des pays de l’OCDE de 5,9%. Les politiciens en charge de l’éducation s’inquiètent toutefois de la prochaine étude PISA, qui sera publiée à l’automne. Il s’agira cette fois de sciences naturelles, une discipline qui n’est pas le fort des élèves suisses. Une plus grande autonomie pour les universités Certains projets de réforme sont sur la bonne voie, à l’instar de la construction des hautes écoles spécialisées (cf. page 20), ou de l’introduction des cursus d’études bachelor et master, conformément à la réforme de Bologne. Jusqu’en 2010, ce sont 45 pays, dont la Suisse, qui souhaitent introduire grâce au modèle de cursus bachelor-master-doctorat un système de diplômes de fin d’études plus facilement compréhensible et comparable. Le système s’est bien rodé en Suisse ; depuis le semestre d’hiver 2006/07, plus de 60% des étudiants suivent ces nouveaux cursus. Le système européen de crédits ECTS, visant à faciliter la mobilité, a également été introduit de façon généralisée. Mais cela ne suffit de loin pas à l’économie qui exige des réformes plus profondes pour permettre à la Suisse de s’internationaliser, et notamment davantage d’autonomie pour les universités, une concurrence accrue parmi les centres de formation et des innovations radicales pour les étudiants : une plus grande prise en charge, une sélection plus ardue des étudiants et une augmentation des frais de scolarité. Ces exigences, prônées par Hans-Ulrich Doerig, vice-président du Credit Suisse et membre du conseil universitaire de l’Université de Zurich (cf. interview page 22), figurent dans la centaine de pages du document de réforme « De nouvelles pistes pour le financement des hautes écoles ». Dégager de nouvelles ressources financières Année après année, les étudiants se font plus nombreux dans les amphithéâtres. Pour atteindre le rapport idéal de 40 étudiants pour un maître de conférence, plusieurs centaines de professeurs devraient être engagés. Mais dès lors que les moyens manquent, il reste la possibilité de limiter le nombre d’étudiants. « Un établissement d’enseignement supérieur ne peut assumer la responsabilité de la réussite universitaire que pour les étudiants qu’il a lui-même sélectionnés », précise le document de réforme. Certaines universités ont déjà commencé à réguler le nombre d’étudiants par des tests. L’Université de Saint-Gall par exemple choisit les candidats étrangers sur la base d’un dossier de candidature et d’un examen supplémentaire avant même le début des cours (cf. page 18). Ayant depuis longtemps déjà constaté que la qualité d’une université se mesure à la qualité de ses étudiants, les établissements d’élite tels que Harvard ou Oxford opèrent une sélection à ce niveau. Les modèles étrangers démontrent encore un autre aspect : l’État ne doit pas nécessairement financer les universités. Un cursus à l’université coûte 50 000 CHF au contribuable par an, un cursus en école spécialisée 30 000 ; au final, les étudiants ne prennent à leur charge que 3% de leurs frais en Suisse – contre 66% aux États-Unis. Dès lors qu’il est politiquement impossible d’augmenter les frais de scolarité, les rectorats tentent de dégager de nouvelles ressources financières, par exemple en se tournant vers des fondations, des entreprises et des particuliers. L’Université de Saint-Gall dégage déjà plus de la moitié de son financement au travers de fonds non publics (cf. page 18). Les coopérations entre universités, pouvoirs publics et entreprises privées promettent davantage : SystemsX, par exemple, est une entreprise commune de l’EPFZ et des Universités de Zurich et de Bâle, cofinancée par le groupe pharmaceutique bâlois Roche ; citons également le SAP-Lab de l’Université de Saint-Gall, financé par le fournisseur mondial de logiciels SAP, ou encore le Swiss Finance Institute de l’Université de Zurich, géré conjointement par les banques suisses, la Bourse suisse SWX, la Confédération et les universités. La chaire d’économie d’entreprise a été en 1997 la première en Suisse à ne pas être rémunérée par l’État ; depuis lors, les chaires sponsorisées font école. L’Université de Bâle par exemple compte déjà 20 chaires de professeurs et d’assistants financées par des tiers. Ce sont souvent des entrepreneurs bien établis qui souhaitent permettre à la relève académique de prendre part à l’œuvre de leur vie. Klaus-Michael Kühne, actionnaire majoritaire du groupe de transport et de logistique Kühne + Nagel, finance auprès de l’EPFZ une chaire de gestion logistique internationale à laquelle il consacre 6 millions de CHF sur quatre années. Grâce au programme de « Sponsored Professorships », PricewaterhouseCoopers finance trois chaires de professeur de Financial Accounting : deux à 100% à Zurich et à Bâle et une autre partiellement à St-Gall. Ce généreux programme permet à PwC de renforcer la collaboration entre la doctrine et la pratique.//ceo/éducation en suisse 17



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