CEO Suisse n°2007-2 sep/oct/nov
CEO Suisse n°2007-2 sep/oct/nov
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2007-2 de sep/oct/nov

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 3,1 Mo

  • Dans ce numéro : éducation en Suisse, pourquoi investir dans l'intelligence.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 12 - 13  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
12 13
forum4. vue d’ensemble/détails Léonard Gianadda : La minutie avec laquelle je dirige mon entreprise et la Fondation me prend beaucoup de temps, mais je ne pense pas me perdre dans les détails. Léonard Gianadda a créé en 1978, en souvenir de son frère, la Fondation Pierre Gianadda dans sa ville natale de Martigny. La Fondation compte aujourd’hui parmi les institutions d’art les plus florissantes de Suisse : des artistes à haut magnétisme, tels van Gogh, Rodin et Anker, attirent chaque année quelque 350 000 visiteurs. Léonard Gianadda est ingénieur du bâtiment et a gagné son argent en tant que promoteur immobilier. 12 ceo/forum Je suis obnubilé par le détail, je cherche à tout contrôler. Je suis ainsi, il n’y a rien à faire... C’est une question de caractère. Je fais tout moi-même. Ce matin, par exemple, j’ai dicté un contrat pour une donation importante qu’une collectionneuse zurichoise souhaite faire à la Fondation. Quelques heures plus tard, nous en sommes à la cinquième version ! Je corrige chaque virgule et dicte mes instructions sur une douzaine de dictaphones différents. Les noms de mes secrétaires et collaborateurs sont inscrits sur chaque appareil, et chacun vient dans mon bureau prendre sa propre cassette. Cet amour du détail ne s’est pas développé au contact de l’art seulement ; je pratiquais de cette manière dans la branche de l’immobilier. Dans les années soixante, j’ai fondé un bureau d’ingénieurs puis d’architecture avec un camarade d’études. Peu à peu, nous avons construit à Martigny plus de 1000 appartements ; à cette époque, la ville comptait environ 10 000 habitants, je suppose qu’un quart de la population vivait dans nos logements. J’ai vendu la plupart de ces immeubles, mais j’en possède encore pas mal, ce qui m’assure un revenu confortable. La minutie avec laquelle je dirige mon entreprise et la Fondation me prend beaucoup de temps, mais je ne pense pas me perdre dans les détails. Souvent je m’éclaircis les idées en voyageant : je parviens ainsi à prendre la distance nécessaire. Beaucoup de choses importantes réalisées dans ma vie ont commencé au cours d’un voyage : dans un train ou un avion. J’établis un dossier sur chacun de mes voyages (il y en a eu 61 l’an dernier), dans lequel je range tout ce qui est : cartes de visite, billets d’opéras ou factures de restaurants, etc. Mais le plus important, ce sont les fiches détaillées dans lesquelles je note toutes mes conversations. Pour les expositions de la Fondation, j’ai une règle : n’exposer un artiste que lorsque je parviens à m’allier la collaboration d’un commissaire de premier ordre. Si possible, le meilleur au monde. Ce dernier assume la responsabilité artistique, décide du choix des œuvres, du concept de l’exposition et, enfin, accroche les tableaux. Toutefois j’apprécie de participer à ces opérations, de discuter avec lui de l’exposition… Avec la Fondation, je suis condamné au succès. Nous travaillons sur un budget d’animation d’environ 10 millions de CHF par an, dont tout juste 2% sont couverts par les subventions. La Fondation n’a pratiquement pas de collection propre mais je collectionne à titre privé. J’ai commencé par acheter les tableaux des peintres que je voulais exposer. Ce qui avait l’avantage d’avoir un collectionneur de moins à convaincre ! Je ne vends normalement jamais rien, mais j’ai fait une exception récemment : j’ai acheté un Balthus (nous exposerons cet artiste en 2008 à l’occasion de son centième anniversaire) ; ce dessin coûtait 300 000 CHF. J’ai donc vendu un autre dessin, acheté pour 40 000 CHF en 1999. Les relations personnelles sont essentielles lorsqu’on désire réunir des œuvres pour une exposition. Mais, en contrepartie, on doit pouvoir aussi prêter ses propres œuvres. Pour cultiver mes relations, mes mots d’ordre sont amabilité, fidélité… et il faut savoir dire « merci ». Dans les grandes institutions d’art du monde, j’ai connu beaucoup de personnalités importantes. Le problème, c’est que tous prennent ou ont déjà pris leur retraite ! J’ai moi-même 72 ans. Aurais-je assez d’énergie pour tout recommencer avec les jeunes ? //Photo : Julian Salinas



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :