CEO Suisse n°2007-2 sep/oct/nov
CEO Suisse n°2007-2 sep/oct/nov
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2007-2 de sep/oct/nov

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 3,1 Mo

  • Dans ce numéro : éducation en Suisse, pourquoi investir dans l'intelligence.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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forum3. vue d’ensemble/détails Professeur Susan Gasser : Si on s’occupe trop des détails, on risque de s’y perdre. Impossible alors de garder une vue d’ensemble et de poursuivre une vision d’avenir. Le professeur Susan Gasser est la première femme à la tête de l’Institut Friedrich Miescher (FMI), à Bâle. Née aux USA, elle est venue en Suisse il y a 27 ans pour passer son doctorat en biochimie. Dans leur façon d’envisager les détails, l’économie et la science se ressemblent étonnamment. Pour diriger une grande organisation, il faut avoir une idée globale du but poursuivi. Les affaires quotidiennes exigent souvent de régler de petits détails, par exemple la question de savoir avec qui on va discuter tel projet. Dans le domaine scientifique, c’est la même chose. Le rôle du scientifique est de lier les uns aux autres un grand nombre de petits détails afin de leur donner un sens. La raison pour laquelle nous recueillons toutes ces informations est que nous voulons trouver une réponse à la question : comment le monde fonctionnet-il ? L’Institut Friedrich Miescher s’est donné pour objectif d’étudier les maladies jusque dans leurs moindres détails pour permettre à d’autres institutions de développer des médicaments appropriés. La Fondation Novartis pour la Recherche nous subventionne surtout pour effectuer des recherches préalables, c’est-à-dire des recherches créatives, que d’autres organisations n’ont ni le temps ni les moyens d’effectuer. En outre, nous formons de jeunes scientifiques. 10 ceo/forum Nous souhaitons avant tout faire du FMI le meilleur institut de recherche international – et nous nous y employons. De plus, nous voulons garantir que Novartis sera en mesure d’appliquer nos résultats. Pour cela, nous avons besoin de compétences scientifiques. Au FMI, les processus semblent se dérouler dans un chaos organisé : chacun de nous apporte ses idées, qui souvent sont extrêmement diverses. Pourtant, aussi fou que cela puisse sembler, cela fonctionne. Bien sûr, on pourrait aussi faire partir tous ces grands esprits d’une seule et même idée. De cette façon, il est possible d’atteindre un but, mais on ne parviendra pas à de nouvelles connaissances. Et c’est justement ce que nous visons : acquérir des connaissances nouvelles. Notre travail est donc une véritable recherche, au sens propre du mot. Mais la question n’est pas de faire suivre une idée par une seule personne : la recherche est un travail d’équipe. Les scientifiques, cependant, ont parfois du mal à communiquer avec les gens. Mon travail, en tant que directrice, consiste donc souvent à mettre les scientifiques en contact et, en outre, de rallier d’autres personnes à leurs idées. Si l’on s’occupe trop des détails, on risque de s’y perdre. Impossible alors de garder une vue d’ensemble et de poursuivre une vision d’avenir. C’est pourquoi je délègue à mes collaborateurs administratifs les travaux de routine comme les affaires juridiques, les affaires du personnel, l’entretien du bâtiment, l’IT, etc. Nous nous réunissons régulièrement pour discuter des problèmes. Et je tiens à rencontrer une fois par an tous les directeurs de laboratoire et les managers pour un entretien d’évaluation. On ne peut pas connaître tous les détails, mais on est dépendant de ceux à qui l’on a donné sa confiance et qui savent que l’on compte sur eux. Entre les grandes lignes et les petits détails, il y a une certaine tension, et c’est peut-être bien ainsi. J’ai choisi le métier de la science autrefois parce que je voulais me plonger dans les détails. Mais mon intérêt pour les détails visait à répondre à des questions essentielles. C’est peut-être la même chose pour la personne qui dirige : les détails sont multiples, mais ce qui compte, c’est l’image d’ensemble, le but ultime. Au fond, j’ai du respect pour les détails. Mais je n’envisage pas pour autant de diriger l’institut en faisant de la microgestion. Simplement, je n’ai pas oublié qu’une entreprise est constituée d’individus. Les personnes sont importantes. Si l’on se concentre uniquement sur son idée, sans tenir compte de la qualité de l’infrastructure et du climat de travail, le projet est irréalisable. On a besoin d’un projet global, mais le projet n’a rien à voir avec la créativité ; bien plus, il consiste à créer un milieu propice à la créativité. Celle-ci, en effet, ne se contrôle pas.//Photo : Andri Pol



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