CEO Suisse n°2007-1 avr à aoû
CEO Suisse n°2007-1 avr à aoû
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2007-1 de avr à aoû

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : les leaders investissent... Abonia-Forster, Conzzeta, Emmi.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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tendance. alimentation. Le coût de l’obésité, ou l’importance de compter les calories. Nous devons admettre que l’obésité est un problème de société, déclare le Dr Fritz Horber*. L’éminent spécialiste du traitement des surcharges pondérales appelle le monde politique et économique à s’attaquer au problème. Interview : Franziska Zydek Dr Horber, l’Organisation mondiale de la santé qualifie l’obésité d’« épidémie mondiale ». Êtes-vous aussi alarmiste ? En Suisse, 40% de la population a un problème de surpoids. 8% de ces personnes sont obèses, c’est-à-dire en forte surcharge pondérale. Et la tendance est à la hausse. Si ces chiffres ne sont pas alarmistes, alors rien ne l’est ! Quelles sont les conséquences de cette tendance pour la société ? Les coûts de la santé vont à nouveau exploser. Le diabète, les infarctus, les accidents vasculaires cérébraux et autres maladies liées à l’obésité engendreront des coûts supplémentaires pour la société et l’économie et se traduiront par des pertes de capital humain d’une ampleur insoupçonnée. Sans parler de l’avenir. Nous grossissons à vue d’œil. Aujourd’hui déjà, un enfant sur cinq est trop gros. Comment expliquez-vous cette évolution ? Pour dire les choses simplement, notre organisme n’est pas conçu pour la vie actuelle. Les positions assises prolongées 1 Le Dr Fritz Horber, PD, est médecin-chef du département de médecine interne et directeur du centre de l’obésité de la clinique Lindberg à Winterthour. 46 ceo/tendance et les habitudes de loisirs ne correspondent plus aux tâches d’origine de notre appareil locomoteur. Si le corps n’est pas sollicité, il se ramollit et s’engraisse. À cela vient s’ajouter une alimentation totalement incongrue et absurde. La plupart des gens ne savent pas ce qu’ils mangent. Pouvez-vous nous en dire davantage ? L’industrie alimentaire actuelle fabrique essentiellement des denrées à haute valeur énergétique, à savoir des produits qui contiennent beaucoup de calories dans un volume réduit (snacks, barres de céréales, sandwiches, chips, repas rapides et plats préparés). Le problème est que notre estomac ne réagit pas à la quantité d’énergie mais bien au volume ingurgité. Nous ne sommes rassasiés que lorsque nous avons mangé en suffisance, pas lorsque nous avons atteint notre apport quotidien en calories. Il en résulte que nous apportons beaucoup trop de calories à notre organisme. En outre, nous consommons des quantités astronomiques de soft drinks, qui sont de véritables bombes caloriques. Cela ne peut pas bien se passer ! De quoi se compose une bonne alimentation ? Il faut renoncer à toutes les calories liquides – même le jus d’orange, qui contient autant de calories qu’un soda –, ne pas consommer plus de 40 à 50 grammes de graisses par jour et éviter de multiplier les repas. Cela contredit la théorie selon laquelle on devrait répartir notre ration journalière en plusieurs petits repas... On ne le dira jamais assez : il ne s’agit pas de théories ou de régimes, mais de principes fondamentaux ! Si vous prenez six repas par jour, vous courez six fois le risque de manger ce qu’il ne faut pas. Nous devons admettre que l’alimentation est un problème dans notre société de consommation. Le restaurant, la cantine ou le « drive-in » ne nous informent pas sur le nombre de calories dissimulées dans notre repas, sur les graisses de la vinaigrette ou les acides gras trans dans les aliments. Dans ce contexte, la tendance actuelle qui consiste à se nourrir de plats préparés et de repas rapides au bureau ou à la maison est pour le moins inquiétante. Que devons-nous faire ? Nous devons comprendre le principe de l’alimentation et agir en conséquence. Le plus important est de réduire la valeur énergétique, c’est-à-dire la quantité de calories dans 100 grammes de nourriture. Idéalement, cette valeur devrait être inférieure à 1, ou au moins à 2. Une tartelette aux framboises contient autant de calories que six coupes de framboises. Pourtant, alors que nous sommes repus après six coupes de framboises, une tartelette ne nous suffit
pas. Les légumes présentent une faible valeur énergétique dans un volume important. Il faut donc manger davantage de légumes. Nous devons autant que possible apprendre à manger (mais des aliments sains !) pour nous sentir performants, satisfaits et rassasiés. Quelle solution préconisez-vous pour les personnes actives qui mangent souvent en dehors de chez elles ? Socialement, il est absurde de déléguer le problème aux individus. Les personnes qui travaillent beaucoup et sous pression ont besoin d’aide. Selon moi, l’alimentation est aujourd’hui une priorité ! Chaque PDG devrait s’assurer que sa cantine répond aux normes nutritionnelles les plus modernes. Il peut décider de supprimer les fritures, les sauces grasses et les sandwiches et faire en sorte que les restaurants proposent une quantité suffisante de mets à basse valeur énergétique lors des repas d’affaires. Les cadres sont habitués à imposer leur volonté, ils devraient s’y atteler. Par ailleurs, une entreprise se portera d’autant mieux si ses employés sont en bonne santé et performants. Y a-t-il d’autres principes à respecter ? Moins chauffer les bureaux. Lorsqu’il a chaud, l’organisme produit moins de chaleur « Chaque PDG devrait s’assurer que sa cantine répond aux normes nutritionnelles les plus modernes. Il peut décider de supprimer les fritures, les sauces grasses et les sandwiches. Par ailleurs, une entreprise se portera d’autant mieux si ses employés sont en bonne santé et performants. » et consomme par conséquent moins de calories. Une température ambiante de 17 à 18 degrés serait plus saine et plus respectueuse de l’environnement, sans compter l’économie que cela engendrerait au niveau des coûts. Réduire la pression inhérente aux longues heures de travail. J’entends de plus en plus souvent qu’on attend d’un cadre qu’il travaille jusqu’à 18 heures par jour. Ces personnes sont condamnées à grossir. Nous savons que l’hormone de la faim, la ghréline, a tendance à s’accumuler dans l’organisme en cas de sommeil bref ou perturbé. Qu’en est-il des activités physiques ? Nous disposons aujourd’hui de données objectives à ce sujet. Pour garder votre poids, vous devez faire 11 000 pas par jour, pour en perdre environ 18 000. Les personnes désireuses de soigner leur corps doivent investir 200 minutes par semaine dans la pratique d’activités physiques. La fréquence cardiaque n’est pas décisive, mais bien la durée. L’obésité n’est-elle pas génétique ? La capacité à stocker des réserves de graisse a été un facteur de survie pour l’homme pendant des milliers d’années. Il n’était pas prévu que nous restions assis dans des pièces surchauffées et que nous ingurgitions à tout moment des quantités anormales de calories. C’est pourquoi la tendance à prendre du poids a une origine génétique pour environ 60% des gens. Cette disposition ne doit pas être sanctionnée par un accroissement des primes d’assurance ou par une exclusion sociale des obèses. Que proposez-vous ? Je pense qu’il est grand temps de prendre le problème de l’obésité au sérieux et de le considérer comme une épidémie. Les responsables économiques et politiques devraient se réunir en groupes de réflexion et rechercher ensemble des solutions avant que le problème ne prenne des proportions incontrôlables, comme aux États-Unis. Si l’on créait des incitants politiques, sociaux et financiers en faveur des activités physiques, d’une baisse de la température dans les bureaux et d’une amélioration de l’alimentation, de plus en plus de gens pourraient s’en sortir. Un message pour nos lecteurs ? Il est urgent de développer de nouveaux concepts. Une entreprise qui opte pour de nouvelles voies peut vraiment se faire un nom ! //ceo/tendance 47



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