CEO Suisse n°2007-1 avr à aoû
CEO Suisse n°2007-1 avr à aoû
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2007-1 de avr à aoû

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : les leaders investissent... Abonia-Forster, Conzzeta, Emmi.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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marché de l’énergie en suisse + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + interview « Le réseau électrique et l’énergie hydraulique sont des atouts majeurs. » Selon Walter Steinmann, les compagnies d’électricité suisses disposent de bonnes perspectives d’avenir sur le marché européen. Le directeur de l’Office fédéral de l’énergie mise sur les vertus helvétiques dans le cadre du débat énergétique. Le marché européen de l’électricité est en pleine évolution. La Suisse est-elle dépassée ? Walter Steinmann : Notre hydroélectricité fait toujours l’objet d’une forte demande en tant qu’énergie de pointe et de réserve. Par ailleurs, 23% des réseaux transfrontaliers de l’Europe traversent la Suisse. Ces atouts doivent être mis en avant lors des négociations avec l’UE. Il nous revient toutefois 20 ceo/énergie d’adopter un régime de subventions équivalent pour la promotion des énergies renouvelables. Ne sommes-nous pas euro-compatibles dans ce domaine ? Nous avons besoin de normes supplémentaires et d’attestations d’origine que nous voulons dès à présent introduire. L’acceptation de cette convergence figurera notamment à l’ordre du jour des négociations bilatérales sur le dossier énergétique. Les compagnies d’électricité suisses seront-elles bientôt absorbées par leurs concurrentes européennes ? De petite taille et flexibles, les entreprises énergétiques suisses ont un rôle à jouer en Europe, à condition d’offrir les produits adéquats. Le gaz en fait partie. Je ne crains pas un bradage de la Suisse. Nos centrales hydroélectriques sont un peu comme des richesses nationales. Le Parlement a d’ailleurs confié la propriété du réseau électrique à haute tension aux cantons et aux communes. Mais, d’ici peu, ne dépendrons-nous pas du gaz russe ? Les distributeurs suisses et européens seront amenés à conclure des contrats avec plusieurs fournisseurs. Avec la Russie, bien sûr, mais aussi avec la Norvège, l’Algérie ou l’Iran. Nous allons également assister au développement d’un marché du gaz liquide, avec des pays producteurs comme le Qatar ou l’Australie. Revenons-en au réseau électrique national de la Suisse. L’UE n’a pas la même vision en matière de libéralisation. La Suisse a entièrement réalisé l’« unbundling » – la scission entre les activités commerciales et la propriété du réseau. Notre réseau national est même montré en exemple par des experts européens. Swissgrid, la société d’exploitation du réseau suisse, a l’obligation de fournir une égalité d’accès à tous les fournisseurs. Votre Office fédéral élabore les perspectives énergétiques de la Suisse jusqu’en 2035, or les paramètres évoluent sans cesse dans ce domaine. Vos prévisions sont-elles fiables ? Oui. Nous nous appuyons sur les évolutions-cadres macroéconomiques utilisées par l’Etat à tous les niveaux. À partir de là, nous élaborons quatre scénarios politiques possibles, assortis d’objectifs et de mesures. Nous avons également envisagé des scénarios extrêmes, par exemple « le baril de pétrole à 100 USD ». L’OFE prévoit la possibilité de coupures de courant pendant les nuits d’hiver dès 2012. Vous avez été vivement critiqué à ce sujet. Nous partons du principe que les premiers problèmes d’approvisionnement pourraient survenir à partir de 2012. Notre rôle se limite à exposer les faits, les décisions appartenant au monde politique. Et, puisque 2007 est une année électorale, nous demandons des solutions rapides, et non les compromis auxquels on aboutit généralement en Suisse au bout de trois ou quatre ans. La pénurie d’électricité est-elle inévitable ? Une meilleure efficacité énergétique permettrait de réduire notre consommation électrique de 20%. Nous devons aussi investir massivement dans les énergies alternatives, car toutes les sources d’énergies fossiles sont épuisables et renforcent la problématique du CO 2. On commence d’ailleurs à observer un changement de mentalité : les pollueurs au CO 2 seront bientôt aussi mal considérés que les fumeurs. Ne devrait-on pas laisser les entreprises d’approvisionnement énergétique opérer dans un système d’économie de marché ? Le prix est finalement le meilleur régulateur de l’offre et de la demande. Produire de l’électricité, ce n’est pas comme faire du pain. Rien ne vous empêche d’ouvrir une nouvelle boulangerie dès demain, mais les investissements dans les installations électriques couvrent des périodes pouvant aller jusqu’à 90 ans. À cela s’ajoute que le réseau d’alimentation n’est pas régi par les manuels économiques, mais par des règles physiques. En l’absence de priorités et de vision à long terme, des coupures de courant sont à prévoir.
+ + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + marché de l’énergie en suisse approvisionnement en électricité Axpo Les ventes d’électricité se portent bien. Le groupe Axpo approvisionne en électricité trois millions de personnes en Suisse. Il opère sur un marché des plus sensibles et en constante évolution. Dans le centre de commande de la compagnie d’électricité Axpo, à Baden, d’immenses schémas électriques et de nombreux ordinateurs assurent le contrôle et la gestion de la production et de la distribution d’électricité. C’est ici que convergent les données fournies par des dizaines de centrales, de sous-stations et de lignes. La moindre différence entre l’offre et la demande doit être équilibrée dans les plus brefs délais. Le défi est de taille, selon le PDG Heinz Karrer : « Nous ne pouvons pas transférer et récupérer les kilowattheures comme bon nous semble. Les industries de réseau ont leurs réalités propres. Le principe économique selon lequel tout est réglé par le prix et la demande trouve ici ses limites. Un peu comme dans les chemins de fer, où 1000 trains ne peuvent pas être envoyés en même temps sur les rails. » La physique n’est pas la seule raison de l’étranglement du réseau. Plaque tournante du réseau électrique européen de par sa situation géographique, la Suisse doit se partager ces capacités limitées avec des fournisseurs étrangers. À cela vient s’ajouter que les extensions de réseau font souvent face à de nombreuses résistances. « Nous avons des projets de construction d’installations câblées qui datent de 1979 et qui sont toujours bloqués par des procédures de recours », explique Karrer. La société Axpo veut investir dans le réseau de distribution et les installations de production électrique. Selon le PDG Heinz Karrer, les énergies renouvelables gagneront en importance à l’avenir.



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