CEO Suisse n°2006-3 déc 06 à mar 2007
CEO Suisse n°2006-3 déc 06 à mar 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2006-3 de déc 06 à mar 2007

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : les leaders investissent... Abonia-Forster, Conzzeta, Emmi.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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forum1. penser/agir Markus Spillmann : Souvent, la question centrale n’est plus « Pourquoi fait-on cela ? » mais « Comment fait-on cela ? ». Le penseur est ainsi confiné dans un rôle de mise en garde plutôt que d’action. Par Markus Spillmann, rédacteur en chef de la « NZZ » et président de la direction de la NZZ AG. 06 ceo/forum Se demander laquelle de la pensée ou de l’action est arrivée en premier revient un peu à se poser la question de l’œuf et de la poule. Ainsi, dans le premier livre de Moïse, Dieu nous apparaît comme un « créateur » qui ne s’interroge pas sur le bien-fondé de ses actes. Il remonte ses manches et s’acquitte de sa tâche de création de l’univers. Ce n’est qu’au septième jour qu’il prend un peu de repos pour réfléchir à ce qu’il a fait au cours des six journées précédentes – et en conclure qu’il a bien fait. Par sa célèbre phrase « Cogito, ergo sum » (« Je pense, donc je suis »), formulée en 1644 dans les « Principia philosophiae », Descartes place quant à lui la pensée au cœur de la conscience humaine. Dans « Faust », Goethe affirme en revanche qu’« au commencement était l’action ». Friedrich Nietzsche – « La volonté d’agir » – privilégie lui aussi le « faiseur » au « penseur ». Ces deux attitudes sont-elles pour autant inconciliables ? Le cliché veut que l’homme – ou la femme – d’action appréhende les choses à la légère, sans réfléchir, tandis que le penseur (ou la penseuse), en dépit de son intelligence, manque de capacité de décision et d’action. N’existe-t-il pas pour autant des hommes d’action réfléchis et des penseurs agissant ? La difficulté de concilier ces deux traits de caractère s’explique peut-être par une soumission croissante à la manie de la faisabilité. Souvent, la question centrale n’est plus « Pourquoi faiton cela ? » mais « Comment fait-on cela ? ». Le penseur est ainsi confiné dans un rôle de mise en garde plutôt que d’action ; et même s’il faut bien avouer qu’elles ne sont pas toujours des plus réfléchies, les sombres prophéties annonçant l’imminence d’une catastrophe démographique et écologique, l’appauvrissement et la misère de pays entiers, des guerres pour l’eau et le pétrole ou un choc des civilisations sont souvent la seule contrepartie du besoin d’action des « faiseurs » de cette planète. Dans le monde des médias, le conflit entre « faiseurs » et « penseurs » fait également rage. Je ne vous apprendrai rien en disant que les contenus médiatiques sont souvent « fabriqués » pour satisfaire à un objectif. Les intérêts commerciaux, plutôt qu’une véritable réflexion journalistique, dictent souvent les choix d’une rédaction. Le sujet est secondaire, l’essentiel étant la façon de faire, l’emballage, et surtout l’effet escompté sur le public. Par ailleurs, sans une bonne mise en page, même l’article le plus pertinent n’aura guère de visibilité, soit parce que son titre n’est pas percutant, que les illustrations n’ont aucune sensibilité, ou qu’il se retrouve excentré dans une marge. Une conception moderne des médias consiste dès lors à trouver un équilibre fragile entre ces deux aspects. Leur pondération varie sensiblement en fonction du produit : un quotidien misant sur la qualité, comme la « NZZ », a d’autres critères de mise en page qu’un journal gratuit ou un magazine de mode. L’essentiel est que les « faiseurs » et « penseurs » se complètent de manière positive et ne se mettent pas des bâtons dans les roues. A cet égard, le facteur temps joue un rôle non négligeable. Car la réflexion – surtout si elle est intelligente – demande du temps. Lors de la deuxième guerre en Irak, les journalistes dits « embedded » ont installé des caméras de télévision en première ligne, sur des chars d’artillerie américains, diffusant la guerre en direct dans les foyers. Rien à dire sur la réalisation, même si ces événements de l’histoire mondiale ont été découverts du point de vue d’un chauffeur de blindé aveuglé par une tempête de sable, avec 30 mètres de visibilité. On regrettera en revanche le manque de temps accordé à l’analyse des faits. Les progrès technologiques ont accéléré le rythme de production des contenus publiés. La réalisation est plus rapide, mais la réflexion journalistique conserve sa lenteur relative. Ceci représente un véritable défi pour le monde des médias. Autant il est important d’agir vite et d’insister sur la réalisation des choses pour répondre aux changements de comportement des utilisateurs, autant un principe doit rester fondamental : un bon journaliste réfléchit toujours avant d’écrire un article, de tourner un film ou de prendre la parole.//Photo : Mathias Braschler



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