CEO Suisse n°2006-3 déc 06 à mar 2007
CEO Suisse n°2006-3 déc 06 à mar 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2006-3 de déc 06 à mar 2007

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : les leaders investissent... Abonia-Forster, Conzzeta, Emmi.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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L’unité européenne. Du rêve à la réalité. Pour Christine Lagarde 1, ministre déléguée au Commerce extérieur en France, l’Europe doit désormais se pencher sur le moyen de s’assurer des sources d’énergie fiables et d’instaurer une prospérité créatrice d’emplois. 42 ce% pinion Denis de Rougemont (1906–1985), philosophe, historien et écrivain suisse, écrit dans son livre « 28 siècles d’Europe » : « L’Europe est beaucoup plus ancienne que ses nations. L’Europe a exercé dès sa naissance une fonction non seulement universelle, mais de fait universalisante. Elle a fomenté le monde. L’Europe unie n’est pas un expédient moderne... Mais c’est un idéal qu’approuvent depuis mille ans tous ses meilleurs esprits. » En effet, l’unité européenne n’est pas une idée nouvelle, mais un rêve profondément enraciné dans l’esprit des hommes ; un rêve qui, à travers l’histoire, s’il est parfois devenu réalité éphémère, a toujours été ensuite anéanti par des rivalités dynastiques, des soulèvements populaires ou des crises gouvernementales. L’unification de l’Europe telle que nous la connaissons aujourd’hui est d’un tout autre ordre : elle jouit du soutien des peuples, n’est pas le fruit de conquêtes ou d’annexions et respecte la souveraineté de ses Etats-membres. Nous vivons aujourd’hui dans l’Europe dont les hommes ont toujours rêvé. L’Europe peut également être fière de quelques acquis importants : Paix et réconciliation : l’unification de l’Europe a donné aux hommes, avides de réconciliation après la Seconde Guerre mondiale, un nouvel espoir de paix et a encouragé la naissance d’une identité européenne parmi les peuples. Il devenait possible de neutraliser les rivalités et les animosités des extrémismes patriotiques. Se sentir Européen au même titre que Français, Tchèque ou Irlandais, c’est déjà rejeter la xénophobie. Montesquieu (1689-1755), écrivain et théoricien français, écrit dans ses « Pensées » : « L’Europe est un Etat composé de plusieurs provinces. » Aujourd’hui, les Européens partagent une culture commune, des valeurs, des ambitions et des rêves qui, par-delà les frontières, constituent la base d’une identité européenne sans pour autant mettre en péril la perception de sa propre identité nationale. 1 Christine Lagarde, 50 ans, est ministre déléguée au Commerce extérieur en France. Après des études au Aix-en-Provence, elle a étudié le droit social à Paris. Un séjour aux Etats-Unis lui a permis d’obtenir une maîtrise d’an glais et le diplôme de la Holton Arms High School à Bethesda, Maryland. L’avocate a été présidente de Baker & McKenzie à Chicago, un des plus grands cabinets d’avocats du monde, avant d’être appelée à exercer ses fonctions ministérielles.
Prospérité économique : les défenseurs de l’idée européenne ont choisi dès le début le libre échange comme moteur de l’intégration européenne. Ce principe a conduit à la naissance d’un marché commun, source de croissance et de développement pour ses Etats-membres. C’est pourquoi l’élargissement de l’Union européenne ne doit pas non plus être considéré comme un danger, mais comme une source d’ouverture sur de nouvelles opportunités commerciales qui auront des effets positifs pour les nouveaux Etats-membres, notamment dans les domaines du développement et du niveau de vie. Union économique et monétaire : l’introduction de l’euro est l’un des événements majeurs de notre histoire récente. Elle renforce la position économique des pays adhérents en les protégeant des spéculations monétaires et contribue parallèlement au développement de l’identité européenne. Grâce à toutes ces réalisations, l’Europe n’est plus seulement un rêve, mais une réalité concrète. Et pourtant, le refus, par referendum, de la Constitution européenne par la France et les Pays-Bas a mis la démarche européenne à rude épreuve, de même que le taux de croissance qui atteint à peine la moitié de celui des Etats-Unis et reste bien inférieur à celui de l’Asie. Pour citer un autre point noir, évoquons la difficulté à parler d’une seule voix sur la scène politique. Dès lors, la question de l’éclatement ou de l’endormissement de l’Europe peut sembler justifiée. Je ne pense pas que ce soit notre destin ; nous devons cependant reconnaître que l’Europe suscite des sentiments très diversifiés, parfois antinomiques chez les citoyens. « Pour rester concurrentiels face aux pays à bas salaires, les Etats européens devront garder une longueur d’avance en matière d’innovations et de nouvelles technologies. » Fournir des efforts ciblés pour insuffler un nouvel élan à l’Europe L’Europe repose tout d’abord sur la profonde conviction de ses peuples que l’Union est garante de paix et de sécurité, tout en étant la voie qui nous conduit vers l’avenir. Ensuite, l’Europe représente un idéal pour bien des pays qui ne sont pas encore membres : dix pays sont devenus membres récemment, mais l’espoir énorme que suscite cette Europe se reflète encore mieux dans le nombre des pays qui aspirent à entrer dans l’Union. Cet intérêt démontré à l’égard de l’Europe, tant par les Etatsmembres que par les candidats à l’adhésion, est en contradiction totale avec l’incompréhension, voire le rejet, qu’un grand nombre de citoyens expriment à l’encontre des institutions européennes. L’environnement complexe dans lequel se trouve l’Europe, l’impression d’une trop grande distance avec ses habitants ainsi que l’absence de présence médiatique des protagonistes des institutions européennes peuvent servir d’explication à cette réticence que ressentent tant d’Européens. Cette réticence a probablement été un facteur dans les référendums organisés par la France et les Pays-Bas même si, paradoxalement, l’objet de la consultation électorale était précisément de réformer les institutions européennes. Il ne faut malgré tout pas accorder trop de poids à ce ralentissement de l’intégration européenne car, comparé aux presque 50 ans d’existence du Traité de Rome, il est peu spectaculaire. Il convient au contraire de reprendre le travail et de fournir des efforts ciblés pour insuffler un nouvel élan à l’Europe. La réussite viendra de l’inspiration que nous suggère l’Europe elle-même ainsi que de la représentation dont nous rêvons. Portons notre regard vers l’avenir et interrogeons-nous sur les défis essentiels des prochaines décennies. Deux points majeurs requerront notre attention au cours des prochaines années : La question de l’énergie : l’Europe doit se préoccuper de trouver des sources d’énergie capables de répondre à long terme aux besoins d’un marché en expansion. Parallèlement, il sera nécessaire de créer des réseaux interconnectés pour la distribution d’hydrocarbures, de gaz et d’électricité – comme les grandes pannes de courant en Italie l’ont récemment démontré. La question de l’énergie doit être discutée dans une perspective européenne afin de garantir la solidité des stratégies de production et des réseaux de distribution des Etats-membres, le tout avec, en toile de fond, des prix du pétrole en hausse probablement durable. Une stratégie énergétique commune à l’Europe et les investissements financiers en découlant seront inéluctables dans cette situation. Innovations et nouvelles technologies : pour rester concurrentiels face aux pays à bas salaires, les Etats européens devront garder une longueur d’avance en matière d’innovations et de nouvelles technologies. Les emplois du futur dépendront de nos efforts présents en matière de recherche et de développement. Nous n’avons pas d’autre choix que d’aborder les défis majeurs scientifiques et technologiques de l’avenir à partir d’une perspective européenne, ce qui présuppose toutefois une stratégie pour définir, tous ensemble, des programmes permettant à nos entreprises de consolider leur savoir et leurs expériences et, ainsi, de renforcer leur position sur le marché international. L’Europe doit avoir une vision qui devrait contenir une série d’objectifs ambitieux : La garantie d’un approvisionnement en énergie grâce à une stratégie commune de production et de distribution, la garantie de la prospérité et, partant, la réduction du taux de chômage par la dynamisation et la coordination d’activités de recherche et d’innovation technologique au niveau européen. L’Europe a entendu l’avertissement. Elle en tient compte à travers toute une série de projets largement soutenus dans les différents pays, tout simplement parce qu’ils correspondent à la réalité et aux besoins des Européens – car ils sont les seuls à pouvoir sortir l’Europe de sa léthargie momentanée. J’espère que nous réussirons et que nous pourrons donner une suite à l’injonction formulée par Winston Churchill il y a soixante ans : « En avant l’Europe ! » //ce% pinion 43



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