CEO Suisse n°2006-3 déc 06 à mar 2007
CEO Suisse n°2006-3 déc 06 à mar 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2006-3 de déc 06 à mar 2007

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : les leaders investissent... Abonia-Forster, Conzzeta, Emmi.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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forum3. penser/agir Christian Wanner : Un entrepreneur doit foncer, surtout lorsque les choses ne se déroulent pas comme prévu. On n’a pas le droit de se laisser paralyser, il faut réagir vite. Christian Wanner est CEO et co-fondateur de LeShop. Leader suisse du commerce de détail sur Internet, LeShop appartient aujourd’hui à 80% à Migros. L’entreprise emploie 140 collaborateurs et connaît une croissance continue de plus de 40% depuis trois ans. Je suis plutôt un battant : j’ai besoin de voir les résultats de mes actions. Ecrire une thèse, par exemple, ce n’est pas mon truc. Beaucoup trop ennuyeux ! Pourtant, je ne trouve pas que penser et agir soient contradictoires pour un CEO. Ces deux dimensions sont étroitement liées, elles forment un équilibre... qui toutefois peut pencher d’un côté ou de l’autre. Lorsqu’on monte une entreprise, c’est d’abord la réflexion qui est prédominante. Il faut évaluer la valeur que l’on propose au client : que voulons-nous faire ? Est-ce vraiment intéressant ? C’est un travail de réflexion mais aussi un échange d’idées. Il y a, en effet, des gens qui ont vécu la même expérience dans d’autres pays ou d’autres branches. On ne peut pas les dédaigner. Il faut un peu de modestie pour cela. Il y a toujours des situations qui obligent à faire marche arrière. Par exemple, nous avons eu l’idée de permettre les commandes par SMS, une idée typiquement masculine qui nous avait beaucoup plu. Mais nos clients sont en majorité des femmes et ostensiblement pragmatiques en ce qui concerne l’organisation de leur quotidien. Un sondage a montré que les améliorations du service clientèle étaient beaucoup plus importantes aux yeux des femmes que les nouvelles manières de commander. C’était il 10 ceo/forum y a deux ans. Après un nouveau sondage, les femmes ont finalement bien accueilli l’idée de commander par SMS – nous y avions donc pensé trop tôt, tout simplement. Environ 80% de nos hypothèses se sont révélées fausses au cours de la mise en place de LeShop – mais tant qu’on s’aperçoit de ses erreurs et qu’on parvient à réagir rapidement, ce n’est pas grave. Pourtant, si j’avais su ce qui m’attendait, jamais je ne me serais embarqué dans cette aventure avec LeShop. Car cette entreprise n’a pas grand-chose à voir avec le commerce électronique. Nous sommes beaucoup plus proches de la vente par correspondance que, par exemple, d’une agence de voyage en ligne. Longtemps, notre plus grand défi a été de résoudre le problème de la logistique. Chaque vendredi, jour où notre chiffre d’affaires atteint son maximum, nous expédions 150 tonnes de denrées, ce qui correspond à plus de six kilomètres de chariots d’achats ! Sur les 30 produits les plus vendus, 24 sont des produits frais. Nous battons tous nos concurrents dans la vente de fruits et légumes. Il faut que les gens reçoivent exactement les tomates qu’ils désirent : ni trop vertes, ni trop mûres. Au début, nous retournions jusqu’à 20% de la marchandise à nos fournisseurs. Ils nous haïssaient ! Nous avions engagé un agriculteur tout exprès pour le contrôle de la qualité ; il distinguait infailliblement les légumes frais des autres. Un entrepreneur doit foncer, surtout lorsque les choses ne se déroulent pas comme prévu. On n’a pas le droit de se laisser paralyser, il faut réagir vite. En décembre 2002, notre principal actionnaire de l’époque, Bon appétit Group SA, a annoncé la fermeture de LeShop pour la fin de l’année. Nous avions alors de l’eau jusqu’au cou. Pourtant, nous n’avons jamais fait preuve d’autant d’énergie et de courage qu’à ce moment ! Nous étions sûrs de sauver l’entreprise. Face à une telle situation, les doutes ne sont pas permis, sinon on commence à se poser des questions : et mon hypothèque ? Comment vais-je subvenir aux besoins de ma famille ? Quel est mon avenir professionnel ? Un vrai battant est quelqu’un qui parvient à communiquer ses rêves et son enthousiasme. S’il y a une chose que j’ai apprise tout au long de ma carrière chez LeShop, c’est que je ne peux pas faire grand-chose tout seul. Pour moi, en tant que CEO, être battant c’est libérer des énergies chez les autres. Nous sommes en train de réaliser un second centre d’expédition. Je ne superviserai pas moi-même la construction de cet entrepôt ; je ne ferai pas non plus la programmation informatique ni n’introduirai de nouvelles mesures de marketing. Mon rôle est de motiver mes collaborateurs et mes partenaires au bon moment. L’un des plus grands défis d’aujourd’hui est de lutter contre les continuelles interruptions. C’est pourquoi j’essaie de travailler chez moi un jour par semaine, dans le vignoble du Lavaux, au bord du lac Léman. Pas de portable, pas d’e-mails ! Même le BlackBerry reste éteint. C’est pour moi la meilleure façon d’aborder les thèmes importants. Je me consacre alors dans le calme, pendant huit heures, à une unique affaire. Quel est pour moi l’endroit le plus propice à la réflexion ? La douche... Je me douche très longuement ! //Photo : Matthias Willi



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