CEO Suisse n°2006-2 sep/oct/nov
CEO Suisse n°2006-2 sep/oct/nov
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2006-2 de sep/oct/nov

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 54

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : Raiffeisen, le tout plus grand que la sommes des éléments.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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forum2. innovation/tradition Werner Augsburger : Dès la première seconde après la victoire, l’innovation d’hier peut devenir la tradition de demain et doit être remise en question. Depuis 1999, Werner Augsburger (48 ans) est chef de mission et directeur technique de Swiss Olympic Association, l’organisation faîtière des fédérations sportives suisses, qui représente les disciplines sportives olympiques et non olympiques. 08 ceo/forum Le sport, c’est l’émotion car, en définitive, il s’agit d’enthousiasmer le public avec des performances. Cela ne réussit pas toujours. Certains sports traditionnels ont perdu de leur éclat : il faudrait pour eux trouver des formes de compétition novatrices pour captiver à nouveau les spectateurs. Le marathon, lui, y est parvenu : grâce à des épreuves internationales dans les villes, ce sport s’est mué en un événement qui attire les masses. En revêtant la nouvelle forme du volley-ball, le beach-volley a lui aussi gagné une importance que le volley en salle n’avait pas en Suisse. Des formes de compétition innovantes peuvent donner un nouvel élan à une discipline sportive. Pour certains, l’innovation en sport est synonyme de recherche inlassable de nouveaux produits dopants indétectables. Il convient de s’en démarquer sans équivoque : nous combattons ce genre d’innovation. Les nouveautés techniques sont aussi une arme à double tranchant. Les athlètes ont certes besoin du meilleur matériel pour réussir en compétition. Mais où sont les limites ? En bob, dès la saison 2006/2007, tous les patins seront pour la première fois fabriqués dans le même acier afin de garantir l’égalité des chances – ce qui n’empêchera malheureusement pas les pays riches d’investir dans la recherche et le développement pour mettre au point les techniques d’affûtage les plus innovantes. En sport, nous évoluons en permanence dans la zone conflictuelle située entre tradition et innovation. Il est dans la nature même du sport de réclamer, dans le cadre des règles et des limites traditionnelles, toujours plus d’innovations afin de réaliser des performances toujours meilleures. En sport, il faut avoir le courage de remettre sans cesse en question les valeurs traditionnelles. Mais dès la victoire obtenue, l’innovation d’hier peut aussi devenir la tradition de demain et doit être remise en question. D’où la nécessité d’une analyse permanente : qu’est-ce qui conduit au succès ? Que faire pour être à la hauteur des exigences du futur ? En sport, cette dynamique est poussée à l’extrême et nécessite beaucoup d’initiative personnelle de la part des entraîneurs comme des athlètes. Les fédérations doivent elles aussi rechercher activement de nouvelles voies. Ne serait-ce que pour maintenir l’attrait de leurs disciplines sportives. Simultanément, elles doivent réfléchir à la façon d’encourager et de soutenir des athlètes prometteurs, et ce aujourd’hui comme demain. Les plus grandes fédérations suisses sont désormais organisées de façon professionnelle. Dans les plus petites, la tradition occupe encore une grande place. De nouvelles idées doivent émerger face au sempiternel « nous avons toujours fait comme ça ». En Suisse, les sports traditionnels, comme le ski alpin ou le football, jouissent d’une grande popularité et se taillent la part du lion dans les médias. Il existe par ailleurs chez nous une tradition bien ancrée de pratique de nouveaux sports, tels que le snowboard, le VTT, le beach-volley ou le triathlon : nous sommes même à la pointe dans ce domaine depuis des années. La répartition des moyens fait l’objet de débats passionnés. Quels sports faut-il le plus encourager : les nouveaux, conformément à la tendance actuelle, ou les classiques ? Pour le moment, nous militons en faveur d’un système reposant sur les résultats. Celui-ci est à mon avis juste car ce sont les mêmes critères qui s’appliquent à tous. D’aucuns cependant souhaiteraient accorder davantage de moyens aux sports traditionnels pour les rendre plus attrayants. En sport, l’innovation doit toujours être mesurée à l’aune du temps. Lorsque, avant les Jeux olympiques d’hiver de Turin, Swiss Olympic a fixé des critères de qualification plus durs que pour Salt Lake City (2002), nombreux sont ceux qui ont fait le poing dans leur poche. Après le succès représenté par les 14 médailles suisses, il sera plus facile, la prochaine fois, de sélectionner les athlètes selon des critères de performances plus stricts. Et la question se pose maintenant de savoir à quel rythme appliquer toutes les nouveautés : du jour au lendemain ou en laissant à ceux qui sont concernés le temps nécessaire pour s’y habituer ? En sport, il est très difficile d’accélérer les processus novateurs même si tout le monde est d’accord. Professer l’innovation ne suffit pas. Il faut également faire preuve de rigueur, de volonté et de courage.//Photo : Noë Flum



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