CEO Suisse n°2006-2 sep/oct/nov
CEO Suisse n°2006-2 sep/oct/nov
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2006-2 de sep/oct/nov

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 54

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : Raiffeisen, le tout plus grand que la sommes des éléments.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Texte : Giselle Weiss Photos : Thomas Eugster, ESA Le 17 octobre 2002, une fusée proton russe décolle depuis la base de Baïkonour (Kazakhstan). A son bord : un télescope satellite, un projet de l’Agence spatiale européenne (ESA), dont la Suisse est membre. Ce télescope nommé « Integral » est le plus moderne et le plus sophistiqué jamais envoyé dans l’espace. Il scrute l’univers à la recherche de rayons gamma, une forme de lumière extrêmement pénétrante. Ces rayons nous informent notamment sur la naissance et la mort des étoiles dans notre galaxie ou sur des objets à haute énergie encore mal connus tels que les étoiles à neutrons et les trous noirs. Lorsque, à six heures du matin (heure de Genève), ce satellite de quatre tonnes s’est élevé dans le ciel, plus de cent personnes se sont rendues, malgré l’heure matinale et la pluie battante, à l’Integral Science Data Centre (ISDC), à Versoix, pour y attendre le premier signal venu de l’espace : un signal confirmant que le décollage était réussi et que la transmission vers le télescope spatial fonctionnait. « Quand j’ai eu entre les mains le signal sur papier, nous avons fêté cela avec du champagne et des croissants », raconte Thierry Courvoisier, directeur de l’ISDC. « Il faut énormément d’initiative individuelle et d’imagination pour résoudre les problèmes. » 38 ceo/isdc La Suisse tend l’oreille vers l’espace L’ISDC joue un rôle essentiel dans la mission de l’ESA. Une équipe de techniciens européens dirige le télescope depuis l’Espagne et l’Allemagne. Les instruments représentant la charge utile d’Integral sont sous la responsabilité d’experts à Paris, Toulouse, Munich, Rome, Copenhague et Madrid. Mais c’est ici, dans la petite ville tranquille de Versoix, sur le lac Léman, que les données brutes du télescope sont reçues, traitées et rendues accessibles aux astrophysiciens du monde entier. Le centre est ouvert 365 jours par an, 24 heures sur 24. Courvoisier, lui-même astrophysicien, souligne que l’ISDC n’est pas une entreprise commerciale mais une organisation dirigée par des scientifiques pour des scientifiques. Quelle différence ? « D’une part », explique-t-il, « nos problèmes sont probablement plus passionnants que les cas purement commerciaux, car il faut énormément d’initiative individuelle et d’imagination pour les résoudre. D’autre part, nous sommes davantage livrés à nous-mêmes – il y a moins de pression et les limites sont quasiment nulles. » Le coût d’Integral – hormis celui des instruments et du décollage de la fusée, que la Russie a pris en charge en échange d’un temps d’observation – s’est monté à 517 millions de CHF, valeur actuelle. Le budget annuel de l’ISDC, avec 3,5 millions de CHF, est considérablement moindre. Il permet avant tout de verser les salaires des 35 employés du centre (scientifiques et ingénieurs pour la plupart). Ces fonds sont fournis par un consortium composé de douze instituts d’Europe et des Etats-Unis. Comme celui-ci accorde les capitaux en fonction des besoins seulement, les collaborateurs ont passé « des contrats très divers » en matière d’horaires de travail, de vacances et de salaires. Un système qui, bizarrement, fonctionne à merveille selon Courvoisier. Courvoisier est directeur de l’ISDC mais aussi l’un des principaux moteurs de la mission Integral. Et ce en vertu de considérations purement pratiques : les projets sur lesquels Courvoisier et d’autres scientifiques travaillaient depuis longtemps nécessitaient des données pouvant être fournies, justement, par une mission du genre d’Integral. Toutefois, il s’agissait là d’un projet de très longue haleine. Du rêve à la réalité Une première approche a été effectuée en 1989, acceptée par l’ESA en 1993. En 1994, Courvoisier réunit un consortium invitant l’ESA à participer à la mission ; l’ESA accepte en 1995 : la réalisation du rêve Integral pouvait commencer. Courvoisier savait que les données brutes d’Integral seraient inutilisables telles quelles. Toutes les informations devaient être traitées avant de pouvoir être exploitées par les scientifiques. C’est ainsi que l’ISDC a vu le jour : aujourd’hui, le centre de données de Versoix permet non seulement à Courvoisier et à ses collègues de l’Université de Genève mais aussi à la communauté mondiale des astrophysiciens d’accéder directement à ces précieuses informations. L’inestimable valeur de ces données en provenance directe de l’espace ne fait aucun doute pour les scientifiques. Mais comment convaincre les autorités suisses
Ci-dessus le télescope satellite en nature avant son lancement en Russie et sur une illustration de l’ESA dans l’espace, à la recherche de rayons gamma. Cidessous Thierry Courvoisier, directeur de l’Integral Science Data Centre (ISDC), à Versoix, et la charmante combinaison d’architecture moderne et de réminiscence du passé du centre de données, au bord du Léman.



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