CEO Suisse n°2006-2 sep/oct/nov
CEO Suisse n°2006-2 sep/oct/nov
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2006-2 de sep/oct/nov

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 54

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : Raiffeisen, le tout plus grand que la sommes des éléments.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 30 - 31  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
30 31
Risque : La criminalité économique sous les feux de la rampe. Actionnaires, législateurs, analystes et médias attendent aujourd’hui des entreprises qu’elles prennent des mesures efficaces contre la fraude. Pour ce faire, il leur faut mettre en place une stratégie couvrant tous les niveaux de l’organisation et former leurs collaborateurs en conséquence. john.wilkinson@ch.pwc.com Selon la dernière enquête de PricewaterhouseCoopers sur la criminalité économique 1, 45% de toutes les entreprises ont été victimes de la criminalité en col blanc au cours des deux dernières années, soit une augmentation de 8% du nombre des victimes par rapport à la précédente enquête de 2003. La criminalité économique a, longtemps, été occultée comme un problème « qui n’arrive qu’aux autres » ou, si l’on en parlait, c’était pour se rassurer en disant qu’elle touchait les marchés « émergents », « peu évolués » ou « étrangers ». Mais le changement des mentalités qui a touché d’autres risques – terrorisme, dégâts environnementaux ou catastrophes naturelles – s’est traduit par un changement d’attitude radical à l’égard de la criminalité économique. L’opinion publique, les actionnaires, les analystes, mais aussi les législateurs qui ont 1 PwC Economic Crime Survey 2005 (www.pwc.com/crimesurvey) Ont participé à l’étude 3634 entreprises de 34 pays, sélectionnées parmi les Top 1000 de chaque pays. Un résumé de l’enquête de PwC 2005 sur la criminalité économique en Suisse est disponible en français, en allemand, ou en anglais au format PDF auprès de sonja.jau@ch.pwc.com. Contrôle interne Audit interne John Wilkinson, responsable Forensic Services Suisse et Eurofirms, Zurich 30 ceo/expertise pwc longtemps fermé les yeux sur le problème, le scrutent aujourd’hui minutieusement et observent le comportement des entreprises pour ainsi dire au microscope. Pour certaines entreprises, cette attention qui leur est nouvellement portée est une bénédiction, pour d’autres, c’est une malédiction. Mais dans tous les cas de figure, elles n’ont d’autre choix que d’identifier leurs faiblesses pour les éradiquer : quels sont les risques de fraude financière recelés par les marchés qu’elles exploitent, quelles sont les pratiques commerciales inappropriées, y a-t-il risque d’infraction à la loi ? Combattre efficacement la fraude Les entreprises ont besoin de processus fiables pour gérer les risques de fraude et désirent que ces processus soient en permanence maintenus parfaitement à jour. Mais où commencer ? La criminalité en col blanc est difficilement détectable. Les entreprises aux activités globales sont exposées à un grand nombre de risques. Les modèles de gestion des risques connus à ce jour sont soit trop « eurocentrés », soit tout simplement désuets. D’autres encore ignorent les risques fondamentaux des marchés réglementés – risques potentiellement aussi dangereux que ceux présentés par des marchés non réglementés ou peu développés. Mais la localisation des risques ne suffit pas à elle seule à régler la question. Les entreprises doivent également se demander comment aborder les différents problèmes : 1 Comment garantir que les objectifs d’entreprises sont mis en œuvre par des collaborateurs responsables ? 2 Comment mettre des instruments à disposition (et lesquels ?) pour détecter rapidement des pratiques douteuses ? 3 Comment obtenir des capitaux et en garder le contrôle ? La démarche est-elle crédible et transparente ? 4 Comment gagner et fidéliser de nouveaux clients ? Comment garder des principes éthiques à l’esprit ? Comment aborder les cas problématiques ? 5 Comment s’approvisionner en services, produits et matières premières critiques et assurer leur livraison ? Toutes les relations sont-elles transparentes ? 6 Comment garantir la transparence du rapport financier ? 7 Comment contrôler l’ensemble de l’entreprise – du patron jusqu’au niveau le plus bas – y compris de toutes les unités d’exploitation ? Les entreprises doivent poursuivre leurs efforts, car les régulateurs du marché, les actionnaires, les analystes et souvent aussi les médias qui posent ce type de questions n’accepteront plus les réponses vagues, obscures voire mystificatrices qu’ils obtiennent encore aujourd’hui. Créer un contexte honnête Pour relever ces défis, l’entreprise peut créer un environnement apte à réduire les opportunités de fraude. Elle devra, pour y parvenir, imposer notamment les règles suivantes:
Les motifs de fraude les plus fréquents. Motif : développement de l’entreprise - remplir les objectifs trimestriels ou annuels - ajuster les tendances en cas de croissance et de bénéfice - dissimuler ou repousser des pertes Motif : marketing - accéder à des marchés - gagner de nouveaux clients et introduire de nouveaux produits - desservir ou repousser des concurrents - contrôler l’approvisionnement du marché - imposer et garantir des prix avantageux Motif : financement - obtenir des crédits - respecter des engagements de paiement - obtenir le « meilleur » prix pour certaines opérations - ton correct et professionnel des dirigeants de l’entreprise ; - code de conduite valable pour l’ensemble de l’entité ; - application générale des directives de l’entreprise selon le principe de la « tolérance zéro » ; - création de canaux de communication pour faire part des soupçons de fraude interne ; - investigations immédiates, rapides et minutieuses ; - sanctions proportionnées au délit. Par expérience, on sait que le non-respect de l’un ou de plusieurs des points susmentionnés accompagnait systématiquement les cas de fraude importants survenus dans le monde des entreprises. Sans être totalement absents, ils n’étaient pas rigoureusement appliqués, ce qui berçait les entreprises dans une fausse impression de sécurité. Dans d’autres cas, l’application des directives de sécurité ne concerne que les niveaux hiérarchiques inférieurs ou les fournisseurs. Or, le fait que le siège central et les dirigeants doivent également se soumettre aux règles de comportement n’a rien à voir avec du harcèlement ou avec une hypothétique remise en question de la réputation de dirigeants éprouvés. Les temps ont changé : la confiance, c’est bien, le contrôle, c’est encore mieux. Aiguiser la perception de la fraude Les actes frauduleux sont généralement habilement menés, soigneusement dissimulés et souvent commis par des collaborateurs dignes de confiance. C’est pourquoi il est si difficile de les prévoir et de les détecter. Dès lors, les entreprises ont deux solutions pour aborder la situation : d’abord en aiguisant le sens de la perception chez tous les collaborateurs du contrôle interne. En effet, faute d’expérience en matière de fraude, ils ne sont pas prêts à mettre l’honnêteté de leurs collègues de travail en doute sans preuves solides. Or, lorsque ces preuves sont enfin établies, il est souvent trop tard. Il est donc important que les collaborateurs accomplissent leur mission sans égard pour la fonction des personnes qu’ils doivent contrôler ou pour les relations qu’ils entretiennent avec elles et qu’ils annoncent immédiatement les problèmes éventuels. Ensuite, les entreprises devraient former le personnel de l’audit interne et le sensibiliser à la prévention et à la détection de la fraude. Ces collaborateurs n’ont généralement pas ou peu d’expérience en matière de détection de fraude et de Forensic Accounting. Des techniques comme la Motif : aspects juridiques - influencer favorablement des jugements, des approbations ou des autorisations - amender des infractions et des actes délictueux - influencer la législation - refuser au grand public le droit d’information sur l’entreprise - bloquer les concurrents Motif : raisons personnelles - tenir ou améliorer sa position au sein de l’entreprise ou dans l’environnement social - maintenir un train de vie dispendieux ou financer des dettes privées - s’arroger un « droit » à une rémunération supplémentaire - pouvoir encaisser des rémunérations, primes ou commissions « inattendues » Nouveaux marchés, pratiques commerciales et technologies peuvent inciter à violer les règles. Les motifs de fraude ne changent en revanche pratiquement pas. conduite d’interrogatoires poussés, la recherche précise de données après des transactions douteuses et d’autres moyens légaux de détection des fraudes sont encore des outils trop mal connus de l’audit interne. Bien formés à la détection d’indices importants et corrects et bien informés des processus entrepreneuriaux, les collaborateurs pourront néanmoins pallier en grande partie leur inexpérience. Conclusion De même qu’elles remplissent leurs obligations légales et réglementaires avec diligence, les entreprises doivent démontrer la même conscience de responsabilité envers une fraude potentielle. Avec plus de quatre entreprises sur dix qui indiquent être victimes de fraudes récurrentes, c’est un sujet qu’aucun responsable ne peut se permettre de négliger ! ceo/expertise pwc 31



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :