CEO Suisse n°2006-2 sep/oct/nov
CEO Suisse n°2006-2 sep/oct/nov
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2006-2 de sep/oct/nov

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 54

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : Raiffeisen, le tout plus grand que la sommes des éléments.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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forum3. innovation/tradition Geneviève Morand. Il ne suffit pas de s’améliorer sans cesse quand on est une entreprise ; il faut toujours se poser la question : notre Business plan a-t-il encore un sens ? Fondatrice et CEO de Rezonance, un réseau d’entreprises de Suisse romande dont le siège est à Genève, Geneviève Morand (45 ans) a créé SwiTi (Swiss Talents for Innovation). Elle publie chaque année un annuaire des champions de l’innovation. Nous vivons dans un monde qui change à toute vitesse. Mais changeons-nous aussi ? Quand j’étais petite, je prenais chaque jour le même chemin pour aller à l’école. Une fois, j’ai pris conscience que je passais peut-être à côté de choses passionnantes et j’ai essayé d’autres chemins. Depuis, je sais que nos facultés d’innovation dépendent beaucoup de notre attitude vis-à-vis de l’inconnu. Innover est un état d’esprit. Nous vivons une époque de grands bouleversements. Le changement le plus radical, c’est que nous travaillons aujourd’hui en temps réel – en quelque sorte à la vitesse de notre pensée : si une entreprise a soudain une idée lumineuse, celle-ci doit être réalisée sur-le-champ. La question n’est donc plus de savoir gérer simplement le changement ; celui-ci doit être la règle et non plus l’exception. Inverser l’ordre des choses modifie notre façon de voir et influence fortement l’organisation des entreprises. Les hiérarchies, par exemple, se nivellent et bon nombre d’entreprises délocalisent leurs activités de manière à ne plus se concentrer que sur leur activité de base. Les principaux obstacles à l’innovation permanente sont dans nos têtes. Les gens s’opposent aux changements ; ils ont besoin de sécurité. Tout simplement parce qu’ils 10 ceo/forum ont peur. Quand on est libre et qu’on ne s’impose aucune limite, le changement n’est plus une menace. Si nous voulons accroître notre faculté d’innover, nous devons commencer par apprendre à surmonter nos peurs car ce sont elles qui créent un blocage. Nous vivons dans un monde toujours plus complexe dans lequel les problèmes deviennent insurmontables. La seule possibilité de survivre dans ce contexte est de reconnaître qu’il est impossible d’avoir en main tous les éléments nécessaires pour résoudre nos problèmes. Ce qu’il faut, c’est penser en termes de réseaux. Les chefs d’entreprise doivent apprendre à fonctionner en réseaux. L’art de la rencontre et la curiosité humaine sont des qualités d’avenir. Pour survivre, nous devons intensifier nos interactions – savoir aller vers les autres est une compétence essentielle. Innover ne signifie pas simplement réagir ; nous devons cultiver le changement. Chez Rezonance, par exemple, nous avons tous échangé nos bureaux en 2005 – pas une fois, mais deux ! Cela libère l’esprit pour la nouveauté. Chaque année, quand nous organisons le Swiss Innovators Gala et publions le SwiTi Yearbook, nous procédons comme si nous avions affaire à des produits absolument inédits. « Innover » est aujourd’hui sur toutes les lèvres. Les politiciens apprécient particulièrement cette notion qui peut vouloir tout dire ou ne rien dire. Beaucoup parlent d’évolution, mais rares sont ceux qui la pratiquent. Nous avons besoin d’une gestion de la mobilité, car il ne suffit pas de s’améliorer sans cesse quand on est une entreprise. Il faut se poser constamment la même question : notre Business plan a-t-il encore un sens ? Peut-être sera-t-il nécessaire d’opérer une rupture. IBM est un exemple d’entreprise qui a osé une rupture radicale : ayant abandonné la fabrication d’ordinateurs, elle se concentre aujourd’hui sur des prestations de service et de conseil – il faut du courage pour se réinventer ainsi. Sur le papier, la Suisse a de bonnes facultés d’innovation. Diverses études montrent que, d’après le nombre de brevets par habitant, nous sommes l’une des nations les plus innovantes. Toutefois, la principale difficulté est de savoir se servir de cette abondance d’idées techniques pour créer de bons produits. La mise en pratique est notre faiblesse ; en d’autres termes, nous ne parvenons pas à passer de l’idée à la commercialisation. Cette difficulté est liée notamment aux valeurs que notre pays transmet à sa jeunesse. Ainsi, la « sécurité » est toujours le maître-mot, une notion qui s’entend mal avec la prise de risque, qualité indispensable à l’esprit novateur. C’est la raison pour laquelle nous avons créé SwiTi – Swiss Talents for Innovation. Nous voulons donner des exemples de Suisses qui ont pris des risques avec leur propre entreprise et qui ont réussi, devenant par là même exemplaires ; ils détiennent la clé qui nous mènera vers une Suisse véritablement innovante.//Photo : Markus Bertschi



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