CEO Suisse n°2006-1 mai à aoû
CEO Suisse n°2006-1 mai à aoû
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2006-1 de mai à aoû

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 3,1 Mo

  • Dans ce numéro : nanotechnologies, un grand avenir pour de petites particules.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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forum2. être ou paraître Hanspeter Danuser : Le « paraître » attire chaque année 350 000 personnes à St-Moritz, où elles dépensent un demi milliard d’euros. Si elles sont déçues, elles ne reviendront pas. Hanspeter Danuser (58 ans) est directeur de la station de St-Moritz depuis 1978. Il a fait protéger la marque « St-Moritz » en 1986, ouvrant ainsi la porte à une concession de licence très lucrative. Lors d’une émission en direct de St-Moritz au mois de janvier, Stefan Raab, animateur sur la chaîne privée allemande ProSieben, s’est amusé à m’appeler « docteur Mabuse ». Plus tard, le journal « 10 vor 10 » de la télévision suisse alémanique a fait les titres avec une enquête sur la consommation de cocaïne à St-Moritz. De « docteur Mabuse » je suis devenu « baron de la drogue ». Certaines personnes ont très mal réagi. Quant à moi, j’ai trouvé cela plutôt drôle. Il y a 28 ans, quand j’ai débuté dans ce métier, j’étais encore très susceptible ; depuis lors, je me fiche de pas mal de choses. Je ne me fâche que lorsque le bien-être des visiteurs est menacé. L’année dernière, par exemple, lorsqu’un besoin frénétique d’urbanisation a transformé la zone piétonne de St-Moritz en « zone poids lourds ». Une autre fois, c’était quand la piscine couverte a été fermée sans tambour ni trompette… et ce dans une ville célèbre depuis le Moyen Âge pour ses sources thermales. Même moi, j’en arrive à perdre mon humour, car cela sied mal à une destination qui se vante d’être « Top of the World ». Heureusement pour 08 ceo/forum moi, ces deux scandales ont été résolus depuis : la piscine a été rouverte et la zone piétonne sera agrandie l’année prochaine. Etre ou paraître : où s’arrêtent la fabulation et l’imagination ? Où commence la réalité ? C’est une question qui me préoccupe personnellement : la réalité parvient-elle à satisfaire les attentes élevées des visiteurs de St-Moritz ? Notre situation, en tout cas, est extraordinaire : située entre Munich, Zurich et Milan, la ville de St-Moritz est facilement accessible en train, en voiture et même en avion. A cela s’ajoutent un impressionnant décor montagnard, 322 jours de soleil par an et un climat sec et pétillant comme du champagne : les tournois de polo et les courses hippiques sur le lac gelé, pourtant déjà formidables, n’en deviennent que plus marquants. Ces circonstances créent des liens affectifs très forts entre les visiteurs et St-Moritz. Le « paraître » de l’endroit exerce un attrait et un rayonnement puissants. St-Moritz est célèbre aux quatre coins du globe en tant que lieu de villégiature du beau monde ; ses atouts sont supposés satisfaire des exigences de haute volée. Cette renommée attire chaque année 350 000 visiteurs, qui dépensent ici un demi milliard d’euros. Leurs têtes sont remplies d’attentes, de désirs et d’illusions. S’ils sont déçus, ils ne reviendront pas ; mais si nous parvenons à leur plaire, ils deviendront les ambassadeurs de St-Moritz. Il semble que nous parvenions très bien, du moins en hiver, à nous attirer leurs faveurs en-dehors des périodes de vacances : en effet, les deux tiers des nouveaux visiteurs viennent sur la recommandation des anciens. Nous en sommes fiers mais aussi un peu dépendants, car notre budget marketing ne s’élève qu’à deux millions d’euros... Noblesse oblige… paraître aussi. Cette formidable réputation est notre capital. Ce n’est pas un hasard si St-Moritz occupe régulièrement les premiers rangs dans la liste des destinations de vacances les plus prisées du monde. De décembre à avril, nous n’avons d’ailleurs pas de concurrence sérieuse. C’est autre chose en été : St-Moritz s’étant positionnée sur le marché mondial comme une destination hivernale, je vois bon nombre de personnes faire triste mine en été. En particulier chez les visiteurs venus de très loin : ils avaient imaginé, en effet, une petite ville romantique… recouverte de neige. Nous travaillons donc, dans un projet intitulé « renforcement de la saison d’été », à diminuer cette disparité entre le paraître de St-Moritz en hiver et les réalités de l’été. Non pas que nous nous croyions capables de faire honneur tout au long de l’année à notre réputation de « Top of the World » : nous avons, en été, beaucoup trop de concurrents dans le monde pour cela. Mais, dans quatre ans environ, le boom des chantiers de construction sera retombé. Et, d’ici là, nous espérons que notre calendrier offrira des manifestations si attrayantes que nos visiteurs rentreront chez eux ravis, même lorsque la neige aura fondu.//Photo : Noë Flum



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