CEO Suisse n°2006-1 mai à aoû
CEO Suisse n°2006-1 mai à aoû
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2006-1 de mai à aoû

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 3,1 Mo

  • Dans ce numéro : nanotechnologies, un grand avenir pour de petites particules.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Texte : Bernhard Raos, Franziska Zydek Photos : Markus Bertschi « Les nouveaux seniors seront à la base du prochain changement radical de notre société et de nos marchés », affirme Karin Frick, responsable de la recherche à l’Institut Gottlieb Duttweiler de Rüschlikon près de Zurich. Son étude, « La génération dorée. Evolution des valeurs, désirs et styles de vie entre 50 et 80 ans », analyse le mode de vie et le comportement de consommation des seniors. Le crépuscule de la vie y apparaît sous un jour nouveau. De plus en plus de seniors n’hésitent pas à adopter un comportement ne correspondant pas aux archétypes de leur classe d’âge. « Les nouveaux seniors ont de l’argent, savent ce qu’ils veulent et connaissent le prix et la valeur des choses. Ils choisissent et achètent en connaissance de cause », constate K. Frick. Les statistiques sont claires : le nombre des personnes âgées croît de 8 millions par an 46 ceo/seniors dans le monde. En 2030, ce chiffre atteindra les 24 millions. L’Europe occidentale enregistre le vieillissement le plus rapide et la plus grande proportion de personnes de plus de 65 ans. Dès 2010, cette dynamique connaîtra une accélération sans précédent, la génération du « babyboom » de l’aprèsguerre atteignant l’âge de la retraite. Dans le même temps, les individus âgés aujourd’hui de 65 ans vivront plus longtemps : leur espérance de vie dépasse désormais les 80 ans. Dans quelques années, la majorité des Européens aura plus de 50 ans. Selon Karin Frick, le monde de l’entreprise n’a jusqu’ici accordé que peu d’intérêt aux scénarios démoscopiques : « Des idées créatives pour conquérir ce nouveau marché gigantesque font défaut. » Les téléphones portables ou les voitures pour seniors commercialisés jusqu’à présent se sont avérés trop peu sexy pour des personnes âgées de plus en plus dynamiques et exigeantes. Après tout, elles appartiennent à une génération qui a fondamentalement modifié la société, de mai 68 à Woodstock et à l’émancipation en passant par la famille recomposée. Pour elles, il s’agit à présent de redéfinir la vieillesse. « La génération dorée fera appel à des conseillers financiers plus mûrs et plus expérimentés. » Beat Bernet, directeur de l’Institut bancaire de l’Université de St-Gall Les banques doivent modifier leur approche Certains observateurs prévoient un changement de paradigme dans plusieurs secteurs. Selon Beat Bernet, directeur de l’Institut bancaire de l’Université de St-Gall, les changements démographiques des 15 à 20 prochaines années constitueront un énorme défi pour les prestataires de services financiers. « Pour la première fois, les banques seront confrontées à une génération de clients qui connaissent exactement le fonctionnement du monde financier. Les questions relatives aux placements et à la prévoyance vieillesse seront par ailleurs de plus en plus complexes. » Victimes de krachs boursiers ou observateurs attentifs du débat sur la retraite, ces personnes recherchent dans l’employé de banque « un interlocuteur compétent, et non plus un simple vendeur de produits ». Une certitude déjà, les quadragénaires et quinquagénaires actuels dépenseront plus
« La musculation sera bientôt aussi naturelle que de se laver les dents. » Werner Kieser, PDG de Kieser Training tard aussi le patrimoine qu’ils auront épargné. Il en résultera pour les banques un taux d’épargne réduit, et donc un coût de refinancement plus élevé et une pression accrue sur les marges. L’utilisation des capitaux issus de la prévoyance vieillesse en Suisse et la vente des actions modifieront le paysage boursier. En règle générale, les personnes âgées investissent plus prudemment, souvent dans des produits garantissant une protection du capital. « Initialement orientée vers la vente de produits, la banque doit devenir une société de conseil. Les employés doivent vieillir et évoluer avec leurs clients », explique Beat Bernet. A l’avenir, les jeunes conseillers inexpérimentés gagneront difficilement la confiance d’une génération de seniors toujours plus exigeante. La formation initiale et la formation continue doivent figurer parmi les priorités des établissements bancaires, au même titre que la segmentation de la clientèle et l’ajustement de la gamme des services. Le secteur est-il à l’écoute de ces signaux ? « Malheureusement, l’intérêt porté à ces questions est encore trop restreint », regrette B. Bernet. L’essor du marché de la santé Si les nouveaux seniors investissent leur argent autrement, ils le dépensent également autrement. « A l’avenir, le marché des services supplantera celui des produits. De par leurs habitudes de consommation différentes, les personnes âgées définiront de nouvelles tendances », poursuit Karin Frick. L’une de ces tendances est déjà perceptible aujourd’hui : la génération dorée veut « bien » vieillir. On ne compte plus les moyens disponibles pour conserver santé et vitalité jusqu’à un âge avancé. En 2004, le chiffre d’affaires du secteur suisse de la technologie médicale a augmenté de 22,6%, les cinq plus grandes entreprises enregistrant un chiffre d’affaires de quelque 4,2 milliards de francs. Les premiers chiffres 2005 ont été publiés : Synthes a augmenté de 34,7%, Nobel-Biocare de 25%, Actelion de 40% pour les neuf premiers mois, Straumannde 21% et Phonak mise sur une hausse de 19%. Le secteur est en plein essor, une croissance à deux chiffres est également escomptée en 2006. L’essor du fitness chez les personnes âgées n’est pas passé inaperçu chez Werner Kieser, fondateur et PDG de la chaîne de salles de musculation du même nom. Kieser, qui, à 65 ans, a la musculature d’un homme de 25 ans, est le parfait ambassadeur de ses 148 salles, réparties en Europe, en Australie et en Nouvelle-Zélande et visitées par plus de 280 000 clients. Son potentiel de marché s’accroît. Plus de la moitié de ses clients a plus de 50 ans, le plus âgé en a 98. L’entraînement est « involontairement ciblé sur ce groupe de personnes », explique Kieser, qui veut cependant toucher toutes les classes d’âge. Il table sur un changement de mentalité dans la médecine. ceo/seniors 47



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