CEO Suisse n°2006-1 mai à aoû
CEO Suisse n°2006-1 mai à aoû
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2006-1 de mai à aoû

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 3,1 Mo

  • Dans ce numéro : nanotechnologies, un grand avenir pour de petites particules.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Les champions du monde de la logistique. Avec plus de 13 000 collaborateurs à l’œuvre dans 80 pays, le Comité international de la Croix-Rouge a une présence mondiale dont peu d’entreprises commerciales peuvent se targuer. L’économie suisse profite elle aussi du savoir-faire du CICR. Texte : Kaspar Meuli La flotte de véhicules la plus importante de Suisse circule à l’étranger. Elle appartient au CICR, le Comité international de la Croix- Rouge : 3400 camions et véhicules tout terrain immatriculés en Suisse sillonnent quatre continents pour le compte de l’organisation. Ses grands entrepôts de fournitures d’assistance, le CICR les exploite bien loin de son siège social de Genève. A Nairobi par exemple, où se trouve, sur 11 000 mètres carrés, la plus importante centrale de distribution des Suisses. Le CICR, l’une des organisations humanitaires les plus anciennes et les plus connues, travaille selon les mêmes standards logistiques que les plus modernes des grandes multinationales : de l’utilisation de logiciels intégrés jusqu’à un contrôle rigoureux des coûts. Ainsi, par exemple, un nouveau système de reporting pour le transport, le stockage et la manutention permet de calculer les coûts logistiques globaux de la distribution des moyens d’assistance. Tous les coûts sont saisis depuis l’instant où denrées alimentaires, couvertures et bâches en plastique arrivent dans le pays concerné jusqu’à leur distribution à ceux qui en ont besoin. 40 ceo/cicr Une multinationale chargée de missions spéciales Gros client des fournisseurs internationaux – en 2004, les Genevois ont acheté pour 155 millions de francs de fournitures d’assistance – le CICR participe aux flux commerciaux mondiaux et, en tant qu’organisation d’assistance, ne travaille pas différemment des entreprises commerciales présentes dans le monde entier. Tout comme Nestlé, Coca-Cola, Unilever et Cie ouvrent de nouveaux marchés, le CICR adapte, au rythme changeant des foyers de conflit, son réseau actuel de 80 délégations et ne cesse de créer de toutes pièces de nouvelles bases opérationnelles efficaces. Après le catastrophique tsunami de Noël 2004, Singapour, par exemple, est devenue en une nuit une importante plaque tournante pour la coordination des opérations de secours en Indonésie. C’est de là que les équipes logistiques ont organisé l’ensemble des opérations maritimes et aériennes ; c’est là aussi que le matériel d’assistance d’urgence pour les victimes dutsunami a été rassemblé. Pourtant, ne voir du CICR que sa facette mondialisée « high-tech » ne reflète pas la réalité. « Dans des régions sans structures économiques comme le Darfour, au Soudan, nous fonctionnons toujours comme il y a vingt ans. Là-bas, pas question de gérer en temps réel », explique en souriant le responsable logistique adjoint, Thierry Fournier. Il ne faut pas compter accéder à Internet via le réseau téléphonique et les autorités soupçonneuses s’opposeraient aux communications par satellite, si bien que les collaborateurs du CICR en sont toujours réduits à utiliser leur propre réseau radio. Avec plus de 13 000 collaborateurs à l’œuvre dans 80 pays, le Comité international de la Croix-Rouge a une présence mondiale dont peu d’entreprises commerciales peuvent se targuer. Pourtant, l’organisation genevoise est une multinationale d’un genre particulier, ce dont on peut immédiatement se rendre compte en visitant son siège. A l’image d’un grand hôtel qui aurait connu des jours meilleurs, il trône sur une colline dominant la ville. Son adresse est déjà tout un programme : 19, avenue de la Paix. Certes, le CICR a un étage « à tapis rouge », mais cet aspect représentation se limite à quelques pièces. Dans les coulisses règne le manque de place et la cantine est d’une austérité qu’aucune grande entreprise n’oserait imposer à son personnel. L’ambiance est cependant bonne, beaucoup des employés s’étant connus à l’occasion d’interventions sur le terrain. On a ici une mission commune.
CICR, Comité International de la Croix-Rouge En 1863, Henry Dunant fondait une organisation humanitaire qui, par la suite, a donné naissance au Comité International de la Croix- Rouge. En 1949, par la convention de Genève, la communauté des Etats a donné mandat au CICR pour protéger les victimes de conflits armés et leur porter secours. Aujourd’hui, avec 13 000 collaborateurs et un budget d’un bon milliard de francs, le CICR travaille dans trois domaines : le secours d’urgence (des denrées alimentaires et de l’hébergement à l’approvisionnement en eau potable et aux hôpitaux), la protection (visite aux prisonniers de guerre, recherche de personnes, regroupement des familles) et la prévention (faire connaître et progresser le droit humanitaire international). Le comité, présidé par Jakob Kellenberger et comptant 18 membres, se trouve à la tête de l’organisation. Le responsable opérationnel est le directeur général Angelo Gnädinger. La gestion des liquidités, un avantage sur la concurrence Pourtant, les différences capitales avec le monde des entreprises et les autres organisations humanitaires sont ailleurs, essentiellement dans le financement : le CICR vit en grande majorité de fonds publics, les dons privés ne représentant qu’un faible pourcentage de son budget d’un bon milliard de francs. Les cinq plus gros bailleurs de fonds – les Etats-Unis, la Suisse, la Grande-Bretagne, l’UE et les Pays-Bas – contribuent déjà à hauteur de plus de 60%. Cette évolution inquiète le CICR car, pour être indépendante, l’organisation a besoin d’une base financière qui soit la plus large possible. Un problème récurrent pour le financement des opérations d’assistance est aussi la disponibilité des moyens. Les fonds ne sont habituellement pas disponibles au moment où l’on en a le besoin le plus urgent, juste au début de la crise humanitaire ! Une gestion des liquidités fonctionnant parfaitement est, pour cette raison, un objectif stratégique de la direction du CICR. Cette dernière a entre-temps réussi à convaincre les principaux États donateurs d’accorder des promesses de soutien sur plusieurs années, avec des délais de versement impératifs. Désormais, les Genevois disposent d’une marge de manœuvre suffisante ceo/cicr 41



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