CEO Suisse n°2006-1 mai à aoû
CEO Suisse n°2006-1 mai à aoû
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2006-1 de mai à aoû

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 3,1 Mo

  • Dans ce numéro : nanotechnologies, un grand avenir pour de petites particules.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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18 ceo/nanotechnologie Les as du balayage de Nanosurf La pièce maîtresse du microscope à balayage de l’entreprise Nanosurf AG, de Liestal, est un scanner électromagnétique breveté qui remplace les piézoéléments habituels de ce type de microscope. Cela permet une miniaturisation de l’appareil et un fonctionnement nettement plus économique. Nanosurf est l’un des principaux fournisseurs de microscopes compacts faciles d’utilisation. La conception de la série easyScan 2 est entièrement modulaire, ce qui permet d’accéder à la microscopie à balayage à des conditions financièrement avantageuses, avec des possibilités d’extension ultérieures. Le procédé de reconstitution des images avec une très haute résolution au moyen d’un appareil portable permet un contrôle efficace des nanosurfaces. Les microscopes à balayage Nanosurf sont utilisés dans le monde entier. www.nanosurf.com Lukas Howald, Robert Sum et Dominik Brändlin (de g. à d.), fondateurs de Nanosurf AG : développement de microscopes à balayage et à effet tunnel.
duels. Ce principe modifie les propriétés des matériaux. Ces nouvelles propriétés ouvrent alors la porte à des applications entièrement inédites. C’est le cas des produits des laboratoires de l’entreprise HeiQ Materials AG, du Technopark de Zurich. Cette jeune société, une spin-off de l’EPF, fabrique notamment des additifs anti-microbiens pour les textiles fonctionnels, comme l’explique son co-fondateur, Carlo R. Centonze : « Grâce à notre nanotechnologie, nous pouvons réaliser ces additifs sur mesure pour nos clients et les produire en Suisse à des coûts intéressants. » Les minuscules particules métalliques argentées produites par HeiQ Materials sont autant de nanosubstances porteuses ajoutées aux fibres textiles. Le dosage est adapté à l’utilisation, selon qu’il s’agit de T-shirts qui feront peu d’usage ou de sièges d’avion destinés à être utilisés pendant longtemps. Les premiers tests d’usure démontrent que le système fonctionne. Des concurrents produisent certes des nanoparticules analogues, mais cela ne fait pas peur à Carlo Centonze : « Notre additif est durable et il s’intègre facilement dans les processus de production. » HeiQ Materials s’est donné trois ans au maximum pour atteindre le seuil de rentabilité. Le groupe technologique Bühler, à Uzwil SG, dont la filiale Bühler PARTEC GmbH améliore des nanoparticules, a franchi une étape supplémentaire. Selon son directeur, Samuel Schär, plusieurs projets doivent entrer en phase de production dès cette année. Il ne fournit aucun chiffre précis en ce qui concerne son chiffre d’affaires et ne donne pas non plus d’indications sur les applications concrètes : les clauses de confidentialité l’interdiraient. Un large éventail de nanoparticules est traité selon des concepts chimiques propres à l’entreprise. Les particules ont en effet tendance à former des grumeaux. Pour éviter cela, Bühler PARTEC développe des dispersions de nanoparticules spécifiques. Les clients utilisent le produit industriel semi-fini pour créer notamment Nanotechnologie Ce terme vient du mot grec « nanos », qui signifie « nain ». L’unité de mesure est le nanomètre (nm), un milliardième de mètre. Le rapport entre 1 mètre et 1 nanomètre correspond à peu près au rapport entre le diamètre de la terre et celui d’une noisette. Un globule rouge mesure déjà 7000 nanomètres. Il faudrait refendre 80 000 fois un cheveu humain pour qu’il mesure un nanomètre de diamètre. La nanotechnologie est un vaste domaine dont la définition est floue. Par là, on entend essentiellement la visualisation, la production et la modification de particules, de revêtements et de matériaux d’une taille inférieure à 100 nanomètres. Pour les matériaux plus gros, il existe des recoupements avec la microtechnologie. Les nanoparticules ont souvent des propriétés différentes de celles de la substance d’origine. Elles permettent de modifier la solidité, la conductibilité ou la résistance à l’abrasion d’un matériau. une protection anti-UV transparente pour les cosmétiques ou des peintures pour voitures plus résistantes aux éraflures. Les attentes sont ambitieuses : Bühler PARTEC entend réaliser un chiffre d’affaires de 50 à 150 millions de francs en dix ans grâce à sa division nanotechnologie. Un potentiel pour toutes les branches Ce sont ces propriétés entièrement nouvelles des matériaux qui stimulent l’imagination dans le domaine de la nanotechnologie : les systèmes de photosynthèse artificielle comme source d’énergie propre ou les petites piles à combustible destinées aux appareils portatifs du type ordinateur semblent tout près de devenir réalité. Les nouveaux matériaux comme les nanotubes de carbone (CNT) sont vingt fois plus robustes que l’acier, et ce pour un poids six fois moindre ! Une voiture en CNT ne consommerait qu’une petite proportion du carburant actuel. En médecine, on envisage la fabrication de nanoimplants dont la structure moléculaire de la surface serait telle qu’elle éviterait tout phénomène de rejet. Dans le monde entier, on recherche également de nouvelles thérapies anti-cancéreuses. Ainsi, à la clinique universitaire Charité, à Berlin, on injecte des particules microscopiques d’oxyde de fer dans la tumeur que l’on expose ensuite à un champ magnétique alternatif. Les nanoparticules s’échauffent alors à un point tel que les cellules hôtes meurent. Des tests cliniques ont montré que l’on pouvait ainsi stopper la croissance de la tumeur chez un patient sur deux. A l’avenir, les médicaments seront emprisonnés dans des nanocapsules et administrés par voie intraveineuse : les minuscules détecteurs chimiques trouveraient alors eux-mêmes le chemin des cellules tumorales. Les expérimentations dans les denrées alimentaires nécessitent encore une certaine accoutumance. On travaille par exemple sur une pizza dite multi-goûts qui libère le goût des champignons ou des fruits de mer selon la température du four. Ne reste plus que la question des risques de ce nouvel univers prometteur. Les nanoparticules de suie en provenance des moteurs diesel sont jugées cancérigènes. A ce jour, nous n’avons aucune connaissance certaine sur la manière dont les nanoparticules se comportent lorsqu’elles arrivent dans la chaîne alimentaire ou dans l’atmosphère : il n’existe pas d’étude portant sur le long terme. Les autorités, la science et l’économie doivent réglementer ce secteur sans savoir si les différentes applications sont dangereuses et, si oui, dans quelle mesure. En Suisse, les Offices fédéraux de la santé publique et de l’environnement travaillent sur un plan d’action nanotechnologie. On ne veut pas gâcher les chances de la nanotechnologie, mais dans le même temps, on souhaite protéger les travailleurs, les consommateurs et l’environnement. La société suisse de réassurance Swiss Re analyse sobrement la situation : « Les nouvelles technologies sont aussi à l’origine de nouvelles atteintes. » Swiss Re demande à la recherche et à l’industrie d’assumer leurs responsabilités : « On sait encore trop peu de choses sur les risques. Ainsi, la faible quantité de données disponibles laisse le champ libre à des scénarios catastrophe et à des peurs sans nuances. » Martina Hirayama, spécialiste en nanotechnologie, voit elle aussi les choses sous cet angle : « Nous devons investir les moyens nécessaires pour détecter les risques potentiels afin que l’on ne commence pas à diaboliser systématiquement la nanotechnologie. » //ceo/nanotechnologie 19



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