CEO Suisse n°2005-3 nov 05 à mar 2006
CEO Suisse n°2005-3 nov 05 à mar 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2005-3 de nov 05 à mar 2006

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : des firmes suisses réputées mondialement sur les marchés de niche.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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« L’économie peut profiter du CERN. » Le Norvégien Sverre Jarp, Chief Technology Officer de l’openlab du CERN, parle de la collaboration novatrice du CERN et de l’industrie dans le secteur des technologies de l’information. ceo : M. Jarp, quels rapports le laboratoire entretient-il avec les industriels des technologies de l’information ? Sverre Jarp : Nous collaborons avec les grands producteurs industriels du secteur informatique car, depuis sa fondation, le CERN a toujours travaillé avec des équipements à la pointe de la technique. Cela est dû au fait que, par nature, un scientifique n’est jamais satisfait de ce qu’il a. Donnez-lui un ordinateur d’une certaine puissance et d’une certaine vitesse, il vous dira : « C’est très gentil, mais n’auriez-vous pas le double ? » Donnez-lui une mémoire d’une certaine capacité, il vous dira : « Très bien, mais n’auriez-vous pas le quadruple ? » 42 ceo/cern Comment est venue l’idée de l’openlab ? En règle générale, une entreprise vient vers nous et dit : « Voici une première version de quelque chose. Nous ne savons pas encore si c’est assez fiable pour une banque. Mais vous, les scientifiques un peu cinglés, vous aurez peut-être envie de vous amuser avec. » Nous prenons alors l’appareil ou, ce qui arrive de plus en plus souvent, le logiciel, nous le testons jusqu’à plus soif et nous faisons alors savoir si la fiabilité, la puissance ou le dégagement de chaleur ont répondu à nos attentes. Pour les vendeurs, ce feedback est d’une importance capitale. Il y a quelques années, nous avons décidé d’examiner ce que cela nous rapporterait de collaborer plus étroitement avec quelques-uns de nos partenaires, compte tenu de ce dont nous avons besoin, de ce que les entreprises mettent à notre disposition, de ce qu’elles auraient aimé tester, etc. Comment une entreprise devient-elle partenaire ? Pour devenir partenaire d’openlab, l’entreprise doit verser une cotisation annuelle d’un demi-million de dollars. Cela peut se faire sous la forme de fonds ou de produits d’une contre-valeur analogue. Une entreprise s’engage à devenir membre pour trois ans. Actuellement, IBM, Intel, Hewlett-Packard, Oracle et Enterasys comptent parmi nos partenaires. Pourquoi quelqu’un paie-t-il un million et demi de dollars en 3 ans pour pouvoir contribuer à openlab ? Pour ces entreprises, l’entretien de services de recherche et de développement propres coûte également une fortune. Le centre de calcul du CERN dispose actuellement d’environ 2000 PC. Lorsque nous collaborons avec IBM et testons sa technique d’enregistrement, son produit n’est pas simplement rangé dans un coin, mais il dialogue avec des centaines d’ordinateurs, ce qui représente un défi considérable pour le système. Si IBM devait créer elle-même une telle constellation, elle y engloutirait des sommes énormes. Et cela, les entreprises l’ont manifestement compris. Quelle sera la prochaine évolution d’openlab ? Nous prévoyons un « openlab2 ». Notre intention est de créer des centres de qualité et des centres de compétence et d’inciter ensuite les entreprises à y participer. Au centre d’openlab2, on trouvera, entre autres, la technologie Grid, un concept de calcul traitant l’offre et la demande sur le modèle du réseau électrique. Ce type de projet attire aussi bien les scientifiques que les hommes d’affaires. Quels avantages cela apporte-t-il à l’entreprise ? Par exemple, actuellement, nous consolidons considérablement notre position dans le domaine des réseaux. Cela signifie que la science fait avancer l’évolution des réseaux nationaux et internationaux. Les entreprises sont conscientes du feedback dans ce domaine. Il est vrai que cela ne va pas leur rapporter grand chose en termes de dollars, mais elles disposeront en revanche d’une masse d’informations sur l’expérience acquise avec les appareils les plus récents, sur leurs possibilités d’utilisation et sur la manière dont ils peuvent être encore améliorés. Et c’est un aspect qu’elles apprécient non seulement dans leur collaboration avec le CERN, mais aussi avec des institutions analogues au CERN.
Des aimants du LHC en train d’être testés. Le LHC comprend 1232 aimants supraconducteurs. Les composants viennent de partout dans le monde. des spécialistes pour travailler sur le LHC. Le LHC comprend des milliers d’aimants complexes, des conduites dont la longueur totale est égale à la circonférence de la lune et quantité d’autres appareils devant tous être fabriqués, livrés, assemblés, testés et mis en service. Les retards – et il y en a eu beaucoup – auraient pu, à chaque fois, chambouler le budget. Un système baptisé « Earned Value Management » (EVM) a été mis en place afin de permettre le contrôle des coûts et du calendrier. Pour ce faire, le projet LHC a dû être découpé en 11 000 commandes séparées, dont le déroulement devait faire l’objet de rapports réguliers de la part des ingénieurs concernés. Ces rapports facilitaient le suivi permanent de la situation financière. « Les anciens systèmes de gestion n’étaient tout simplement pas assez bons », déclare Lyn Evans, chef du projet LHC au CERN. « L’EVM nous permet d’avoir beaucoup plus de transparence, non seulement au sein du projet, mais aussi vis-à-vis de l’extérieur. » Sur http://lhc.web.cern.ch/lhc/, les profanes peuvent même s’informer sur l’avancement des différentes phases du projet et consulter un calendrier de construction et de coordination régulièrement mis à jour. Le soutien financier est venu de la Banque européenne d’investissement. Le CERN avait certes envisagé de devoir recourir à un emprunt pour achever le LHC. Cependant, dans l’histoire du laboratoire, ce cas ne s’était encore jamais présenté ! La banque a elle aussi dû affronter une situation peu commune pour elle : produire des particules que l’on fait se percuter pour regarder ce qui se passe n’a rien d’une idée commerciale classique. En définitive, la banque a été convaincue par le fait que le laboratoire est soutenu par vingt Etats membres et que le CERN peut se targuer d’une longue tradition de recherche aux résultats révolutionnaires. De plus, pour le LHC, on table sur une durée de vie de 15 à 20 ans. En 2002, un prêt de 443 millions de francs a été accordé. Cependant, comme le budget du CERN est établi à l’avance, l’infrastructure s’est avérée insuffisante en raison des investissements consentis dans l’accélérateur et d’autres projets de physique. R. Aymar en a clairement conscience : « Depuis des années, on ne s’est pas occupé de l’entretien des bâtiments et de tout ce qui s’y rattache », dit-il. « Et maintenant, nous le payons : par exemple, les toits fuient. » Il ne veut pas seulement rénover les instruments les plus anciens du CERN devant contribuer au fonctionnement du LHC, mais aussi les bâtiments et l’alimentation en électricité. A la question de savoir où il trouvera l’argent nécessaire, il répond, confiant : « Nous nous débrouillerons. » Le mandat d’un PDG du CERN dure cinq ans, ce qui est relativement court lorsque l’on pense au temps nécessaire pour concevoir et construire un accélérateur. Au mois de juin 2004, le conseil du CERN a approuvé à l’unanimité un plan en sept points déterminant les stratégies pour l’avenir. Parmi celles-ci, la décision concernant le choix de ce qui succèdera au LHC et l’affirmation de l’objectif visant précisément à développer les connaissances techniques dont la physique aura besoin dans les années à venir. A une époque où les budgets sont de plus en plus serrés, Robert Aymar pousse le CERN à davantage travailler avec d’autres laboratoires européens de physique des particules pour la construction d’accélérateurs, afin de répartir la charge financière. Le LHC n’a pas encore été mis en service, mais l’attente des quantités considérables de données qu’il va produire a déjà conduit à des progrès dans les domaines de l’informatique et de l’électronique. Une preuve même de l’importance du CERN – qui a fêté ses cinquante ans au mois d’octobre 2004 – pour la société et de son rôle en tant que centre de collaboration. « Le CERN a pour obligation de proposer à tous les physiciens européens les services et les outils dont ils ont besoin pour leur travail », dit Robert Aymar. « Ici, chaque physicien doit se sentir chez lui. » //CERN L’Organisation Européenne pour la Recherche Nucléaire (CERN) a été fondée en 1954. Au cours de ses 51 années d’existence, elle est devenue l’un des centres de recherche en physique des particules les plus importants du monde, avec un budget annuel de 1 milliard de francs et deux prix Nobel à son palmarès. ceo/cern 43



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