CEO Suisse n°2005-3 nov 05 à mar 2006
CEO Suisse n°2005-3 nov 05 à mar 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2005-3 de nov 05 à mar 2006

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : des firmes suisses réputées mondialement sur les marchés de niche.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Robert Aymar remit le CERN sur la bonne voie en réorganisant sa structure de gestion et en maîtrisant habilement un déficit de 600 millions de francs. Robert Aymar, directeur général du CERN, dans la salle de conférence de la direction du laboratoire. Derrière lui, une simulation par ordinateur du tunnel LHC.complexe jamais construit à des fins scientifiques. Les informations obtenues en faisant entrer en collision dans cet accélérateur les fragments de matière les plus minuscules permettront aux physiciens du monde entier de percer enfin, espèrent-ils, les secrets de l’univers et des forces qui maintiennent la matière. Le LHC est, à ce jour, la dernière d’une longue série de réalisations du CERN. La finalité de ce laboratoire géant est la recherche fondamentale, et non la construction d’appareils de recherche. Pourtant, au cours de la construction de plusieurs générations d’accélérateurs, le CERN a fait émerger des possibilités techniques utilisées dans la pratique : diagnostics médicaux, processus de fabrication et la fameuse méthode de datation au carbone 14, qui permet d’estimer l’âge de restes organiques. Le World Wide Web, grâce auquel 40 ceo/cern nous surfons sur Internet, a lui aussi été inventé au CERN. 6500 scientifiques représentant 500 universités et 80 nationalités – la moitié de tous les spécialistes de physique des particules du monde ! – travaillent au CERN aux côtés des 3000 employés permanents. « Lorsque l’on traverse le restaurant d’entreprise, le mélange de langues est frappant », déclare Enrico Chaveri, DRH du CERN et lui-même à moitié suisse et à moitié italien. Il souligne : « Pour nous, peu importe que les chefs de groupe soient allemands, français ou britanniques. » Pour le recrutement, on a l’embarras du choix : physiciens et ingénieurs du monde entier se battraient pour travailler au CERN. Pour maintenir la cohésion de l’entreprise, il faut avoir les nerfs solides. Le CERN est au service de vingt Etats membres dont les priorités ne sont pas toujours les mêmes. Un conseil, composé de représentants des différents Etats, décide des projets de recherche et fixe le budget. « L’avenir du CERN est déterminé par l’ensemble de la communauté européenne », explique Robert Aymar, directeur général. « Avant de prendre une décision, nous devons savoir avec précision ce que désire la communauté. » Ce sympathique Français aux cheveux argentés, qui dirige depuis trente ans de grands laboratoires de recherche, a pris la direction du CERN en 2004, après une période extrêmement difficile pour le centre. En 1996, lorsque le conseil du CERN a donné son aval à la construction du LHC, il a réduit le budget de 1 milliard de francs pour la période de construction. En 2001, le laboratoire a fait savoir qu’il manquait 600 millions pour le LHC et que celui-ci ne pourrait pas être terminé en temps voulu. Robert Aymar, un avocat convaincu du LHC, a été chargé par le conseil du CERN de présider un comité extérieur chargé de passer au crible le programme du CERN pour trouver une issue à la crise. Ce comité a recommandé notamment de revoir complètement
le budget et d’introduire les méthodes de gestion des projets et de contrôle des coûts les plus modernes. A l’époque, le mandat de l’ancien directeur général touchait justement à sa fin et le poste a été proposé à Robert Aymar. « Je n’étais pas candidat », souligne-t-il. Cependant, de son côté, il se trouvait à un tournant de sa vie, il n’avait pas encore envie de partir à la retraite et avait du mal à résister à la perspective de faire aboutir le LHC. « J’aime motiver les hommes à se battre pour quelque chose », dit-il. « J’ai toujours été un battant. » « L’unique stimulant est la carotte : nos succès reposent sur le fait que les gens se motivent d’eux-mêmes afin d’obtenir de brillants résultats et d’apporter des innovations technologiques. Nous n’avons pas de bâton. » La structure en forme d’étoile contient une partie du système d’aimant pour l’expérience ATLAS. Les aimants supraconducteurs sont transportés dans les halles d’assemblage et de test du LHC. La mise en œuvre des nouvelles stratégies n’a pas été simple : « En tant qu’entreprise, le CERN est un cas spécial », dit R. Aymar. « Ici, contrairement à ce qui se passe dans la plupart des firmes du secteur économique, l’unique stimulant est la carotte : nos succès reposent sur le fait que les gens se motivent d’eux-mêmes afin d’obtenir de brillants résultats et d’apporter des innovations technologiques. Nous n’avons pas de bâton. » Avec l’approbation du conseil, Robert Aymar a simplifié la structure administrative du CERN et introduit les fonctions de Chief Executive Officer, de Chief Scientific Officer et de Chief Financial Officer tout en ramenant le nombre de services de 15 à 7. Il a également remanié les procédures administratives et introduit des systèmes de contrôle électronique. Pour avoir prise sur le dépassement des coûts, d’autres expériences du CERN ont été provisoirement arrêtées afin de libérer ceo/cern 41



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