CEO Suisse n°2005-1 mar à jun
CEO Suisse n°2005-1 mar à jun
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2005-1 de mar à jun

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : dossier biotech.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Peter Seeberger venait d’être nommé professeur titulaire au Massachusetts Institute of Technology (MIT). « En fait », raconte le chimiste allemand, « j’avais tout réussi aux Etats-Unis. » Un jour, pourtant, une offre lui parvint de Munich et une autre de Zurich. Peter Seeberger les examina avec attention. Sa conclusion : « L’EPF a vraiment quelque chose de très particulier. » Les conditionscadres ont incité P.Seeberger à s’établir à Zurich, car elles lui permettent « de travailler à la pointe de la science ». Il s’agit d’une équipe de collaborateurs hautement qualifiés, d’une infrastructure de première catégorie et d’un environnement extrêmement stimulant pour un spécialiste en chimie organique, s’étendant des universitées jusqu’à l’industrie pharmaceutique bâloise en passant par les hôpitaux zurichois. D’ailleurs, la pression du rendement à l’EPF, explique P.Seeberger, n’est pas moins importante qu’au MIT. Là-bas, en effet, ses supérieurs et ses collègues voulaient lui faire croire que son départ signifiait la fin d’une carrière scientifique prometteuse. Aujourd’hui, il souhaite leur prouver le contraire. Science City réunit différents domaines : le jaune symbolise la recherche et l’enseignement, le vert l’administration, le bleu les entreprises et les start-ups, le marron l’habitat et la culture. 44 ceo/leader economy+production recreation research+education politics Biologiste cellulaire, Sabine Werner est professeur titulaire à l’EPF depuis 1999. Pourquoi avoir répondu à l’appel de Zurich ? Parce que l’environnement scientifique y est « extrêmement favorable », répond cette Allemande, qui a préféré l’EPF à diverses offres de son pays natal. Et parce que Zurich permet de passionnantes coopérations entre diverses institutions : par exemple entre l’EPF et l’hôpital universitaire, qui s’intéresse beaucoup au travail de Sabine Werner, à savoir les mécanismes moléculaires de la régénération des tissus. L’EPF avait déjà conquis le cœur de la biologiste lors de sa première visite. « Pendant la procédure d’appel, j’ai eu tout de suite l’impression qu’on s’occupait vraiment de moi. Tous ont pris le temps de discuter. En Allemagne, on se contente souvent d’un discours et on s’en va. »
Projet de Science City à Zurich : campus universitaire et quartier urbain pour la culture de la pensée, dans des conditions de travail et de vie idéales. Oxford/Cambridge. Les Zurichois se réjouissent donc particulièrement lorsque l’une de leurs concurrentes leur cède une personnalité. Par exemple le biochimiste Peter Seeberger, 38 ans, déjà considéré comme prix Nobel potentiel et sorti du MIT, le Massachusetts Institute of Technology. L’EPF, qui jouit d’une excellente renommée dans sa discipline, l’a séduit : « Dans le domaine de la chimie organique, il n’y a rien de comparable en Europe. » Une offensive de positionnement Cependant, dans la lutte pour les enseignes académiques, on enregistre aussi des défaites, comme le départ du géologue anglais Alex Halliday, à Zurich depuis 1998. Avec plus de 30 publications dans des revues renommées telles que « Science » et « Nature », c’est un poids lourd dans sa discipline. A présent, il rentre en Angleterre et rejoint Oxford pour des raisons familiales, dit-il. Tant pis si l’EPF a investi, sur la demande du scientifique vedette, une dizaine de millions de francs dans des équipements de laboratoire. Lors de leur inauguration, il y a trois ans, Halliday applaudissait « le laboratoire de géochimie isotopique le mieux équipé du monde ». L’EPF de Zurich s’élève vers le sommet, sans être pour autant à l’abri des revers de fortune. D’ailleurs, la gloire n’est pas prévue pour demain : « Notre but est de devenir, dans 30 ans, l’une des trois meilleures universités d’Europe et l’une des dix meilleures du monde », déclare Olaf Kübler, « et nous sommes bien partis pour y parvenir. » O. Kübler, qui se retirera à la fin de l’année, a mis en branle une stratégie de positionnement. Celle-ci comprend notamment un bureau « dual career », qui prête main forte, lors de leur transfert en Suisse, aux familles des professeurs venus de l’étranger. Mais « Notre but est de faire de Zurich une ville scientifique et de la Suisse un pays de la science, un pays aussi célèbre dans le monde pour sa recherche qu’aujourd’hui pour ses banques. » l’EPF se soucie également de marketing et prépare une unité compétente qui s’efforcera de rechercher des talents à l’étranger. Une université, en effet, ne peut rayonner dans le monde que si elle attire aussi des étudiants d’autres pays. Néanmoins, les leaders de l’EPF ne manquent pas de souligner l’attachement de leur institution envers la Suisse. Pour la bonne raison que l’université dépend aujourd’hui à plus de 90% de l’Etat et que, contrairement aux universités cantonales, elle est financée par la Confédération. Il en va autrement des grandes universités anglaises et américaines, qui doivent une part importante de leur prospérité à des dons privés. Désormais, l’EPF désire les imiter. A peine remarquée par le public, elle a donc créé l’année dernière « l’EPF Foundation », dont le but, explique G. Schmitt, est de « fonder une tradition nouvelle pour garantir l’expansion à long terme ». Concrètement, l’EPF de Zurich désire se faire offrir un capital d’investissement pour se payer, avec les intérêts, la croissance que la Confédération ne peut plus financer. L’université cherchera ses donateurs – selon le modèle américain – en premier lieu parmi ses anciens étudiants, les alumni. Ces derniers sont actuellement très courtisés, notamment par le magazine « Alumni Focus », le « EPF Bulletin », des dîners d’affaires ainsi que par des réseaux des anciens aux Etats-Unis et à Berlin. Gerhard Schmitt ne souhaite pas révéler si ces recherches ont été fructueuses. Mais la barre est haut placée : à long terme, ces revenus devront constituer « au moins 20% » du budget – pour cela, non pas des millions mais des milliards devront être recueillis. L’entrepreneur Branco Weiss a montré dernièrement une façon de manifester l’engagement des personnes fortunées qui se soucient « de promouvoir l’EPF et la recherche en Suisse » (Schmitt). Ainsi, cet ingénieur chimiste a fait don de CHF 23 millions à son ancienne université. Cette somme est destinée à la construction d’un nouveau laboratoire des sciences de l’information, un domaine-clé dans la lutte internationale pour la compétitivité. Sa mise en service est prévue pour 2006. Science City, ville du savoir Mais c’est surtout la construction du « E- Science Lab » qui symbolisera la naissance de Science City, un projet ambitieux de construction et de développement qui devra, d’ici 2010, faire du site actuel de l’EPF, le Hönggerberg, un « quartier urbain consacré à la culture de la pensée ». Des investissements de CHF 250 millions devront permettre, dans un dialogue avec la population zurichoise, non seulement d’étudier mais aussi de vivre et d’habiter sur ce campus aujourd’hui encore relativement désert. Des logements pour 1000 étudiants, un centre de congrès, des restaurants, des installations sportives mais aussi des possibilités d’achat y sont prévus. Et ce n’est pas tout. Science City, selon la vision de ses promoteurs, doit devenir une plate-forme d’échange pour les grandes institutions de l’enseignement de la ville. « Notre but à long terme », explique G. Schmitt, « est de faire de Zurich une ville scientifique et de la Suisse un pays de la science, un pays aussi célèbre dans le monde pour sa recherche que pour ses banques. » Une chose est sûre, l’EPF de Zurich souhaite devenir le leader incontesté de cette offensive scientifique.//ceo/leader 45



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